22 septembre 2006
Les Français pour une justice plus sévère
En accusant la justice de Seine-Saint-Denis de "démission" face à la délinquance, après la sauvage agression de deux CRS en banlieue parisienne, Nicolas Sarkozy s'est attiré les foudres des magistrats et de la gauche... et a relancé les questions sur les solutions à apporter dans la lutte contre l'insécurité. Au PS, on critique ses propositions (alors que les sénateurs viennent d'adopter son projet de loi durcissant les sanctions contre les délinquants mineurs), on critique son bilan. "Les Français savent que ce que je dis, c'est la vérité", réplique le ministre de l'Intérieur. Le propos a-t-il été entendu ? Selon un sondage Ifop pour Le Figaro et LCI, réalisé après l'agression des CRS à la cité des Tarterêts, 88% des personnes interrogées estiment que "les délinquants multirécidivistes devraient se voir infligés à chaque nouvelle infraction une peine plancher automatique." Ils sont 77% à penser que "la justice n'est pas assez sévère avec les jeunes délinquants", 74% à être favorables à plus de pouvoir pour la police dans la lutte contre la délinquance des jeunes dans les cités. Enfin, 60% pensent que la justice devrait pouvoir traiter les mineurs délinquants comme les délinquants majeurs. Dans la lutte contre la délinquance, Nicolas Sarkozy apparaît de loin comme le plus légitime : 53% des sondés lui font confiance sur ce sujet. Ségolène Royal, en deuxième position, est largement derrière (16%), mais distance elle-même Lionel Jospin (8%). Jean-Marie Le Pen, qui a fait pourtant de l'insécurité, depuis longtemps, un de ses thèmes récurrents, ne recueille la confiance que de 7% des sondés. Viennent ensuite Dominique Strauss-Kahn (5%) et Philippe de Villiers (3%), 7% n'accordant leur confiance à aucune des personnalités citées pour lutter contre la délinquance.
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Sarkozy : "les Français savent que je dis la vérité"
source: lci.fr
Après ses propos controversés sur la justice, le ministre de l'Intérieur persiste et signe. Ses soutiens à droite le défendent après le tollé à gauche. - le 22/09/2006 - 16h51 La polémique née après ses accusations de "démission" contre la justice de la Seine-Saint-Denis ne le fait pas reculer. "Les Français savent bien que ce que je dis, c'est la vérité et innombrables sont les témoignages que j'ai reçus depuis hier pour me dire: 'enfin quelqu'un ose parler' ", a lancé Nicolas Sarkozy jeudi en fin d'après-midi. Il s'exprimait à sa sortie de l'hôpital parisien de la Salpêtrière, où il venait de rendre visite au CRS blessé mardi lors d'une agression dans l'Essonne. Le ministre avait auparavant affirmé dans une déclaration lue devant la presse: "Je sais que l'immense majorité des magistrats font leur travail avec compétence, honnêteté et volonté de bien faire". "Ce n'est pas mettre en cause l'indépendance de la justice que de pointer du doigt lorsqu'il y a des défaillances et lorsqu'il y a des choix idéologiques qui entraînent des conséquences sur une politique de sécurité", a-t-il ajouté. Après le tollé suscité par ses propos à gauche et au sein des magistrats, Nicolas Sarkozy a aussi reçu des soutiens à droite : le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a dénoncé jeudi "les polémiques stériles lancées par l'opposition." D'autres élus UMP ont appuyé le président de leur parti dans la même tonalité : "Comme mes compatriotes, je préfère les actes de Nicolas Sarkozy aux belles paroles de ceux qui n'ont jamais agi pour la sécurité des Français", a commenté Thierry Mariani. Jean-Paul Garraud a dénoncé pour sa part "l'agitation orchestrée, principalement par le syndicat de la magistrature." Quant à François Fillon, conseiller politique du président de l'UMP, il a estimé jeudi que "pour mettre un terme à la culture de la violence qui mine certains de nos quartiers, il faut avoir le courage de briser des tabous."
16 septembre 2006
Pour M. Sarkozy, les familles non régularisées doivent partir
Source: le monde
Si, depuis la rentrée, les préfectures restaient laconiques sur le sujet, les choses sont claires désormais : les familles non régularisées ont vocation à quitter la France. Nicolas Sarkozy l'a clairement affirmé sur France 2, jeudi 14 septembre. "Quelqu'un qui n'a pas de papiers en France a vocation à être raccompagné chez lui", a déclaré le ministre de l'intérieur, en précisant bien que le fait d'avoir un enfant scolarisé ne donnait pas le droit de rester en France.
Si ce droit était reconnu, "les Français doivent savoir que nous créerions une nouvelle filière d'immigration et, comme le droit à la scolarité est un droit garanti et reconnu par les conventions internationales, nous ne maîtriserions plus rien", a soutenu M. Sarkozy, dénonçant une nouvelle fois l'exemple de l'Espagne, où "les régularisations massives de sans-papiers" ont provoqué, selon lui, "un appel d'air".
Pour le ministre de l'intérieur, cette clarification était d'autant plus nécessaire qu'un de ses proches, le député UMP Yves Jego, avait jugé mercredi "peut-être plus sage d'attendre la fin de l'année scolaire pour expulser les familles dont les enfants ont retrouvé le chemin de l'école". "Je pense surtout aux familles qui ont des enfants scolarisés depuis plusieurs années", avait précisé le député.
S'il n'entend pas reconduire le moratoire d'octobre 2005, qui suspendait pendant l'année scolaire les arrêtés de reconduite à la frontière des familles d'enfants scolarisés, Nicolas Sarkozy sait le sujet sensible. Jeudi, il a même fait adresser par son directeur de cabinet une note aux préfets pour leur demander d'être vigilants.
"Vous êtes amenés à mettre à exécution, conformément à la loi, des mesures d'éloignement à l'encontre d'adultes, parents d'enfant (s) mineur (s), dont vous avez rejeté la demande de régularisation, stipule la note. J'appelle tout particulièrement votre attention sur le fait que l'exécution de ces mesures ne doit en aucun cas donner lieu à l'interpellation de ces adultes par les services de police ou de gendarmerie dans l'enceinte ou à proximité immédiate d'un établissement scolaire."
Laetitia Van Eeckhout
08 juin 2006
Le ministre réclame à nouveau des peines planchers
Source: le monde
Nicolas Sarkozy a préciseé, jeudi 8 juin, ses grands chantiers pour l'avenir. Mais les propositions les plus marquantes du ministre ne relèvent pas de son champ de compétences.
Nicolas Sarkozy souhaite ainsi revenir sur un sujet polémique, qu'il avait lancé en novembre 2003 : celui des peines planchers pour les délinquants récidivistes. Ce système irait à l'encontre du principe fondamental de l'individualisation des peines. M. Sarkozy aimerait que soit mis en place un ensemble de peines "dont la durée augmenterait de manière certaine et prévisible avec le nombre de récidives".
M. Sarkozy contre le droit de grâce et d'amnistie
Interrogé lors de sa conférence de presse sur la récente amnistie accordée par Jacques Chirac au député UMP Guy Drut, Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi que s'il devenait président de la République, "l'une des premières choses" qu'il ferait "serait de supprimer le droit de grâce et d'amnistie", qui "remettent en cause la séparation des pouvoirs" et donnent lieu "à chaque fois à des polémiques". Il n'entend pas"porter de jugement sur le cas particulier de Guy Drut, mais sur un principe plus général". - (Avec AFP)
Selon lui, à la deuxième infraction, la condamnation ne pourrait être inférieure à la moitié de la peine prévue par le code pénal, à la troisième, elle ne pourrait être inférieure aux deux tiers. Le ministre de l'intérieur voudrait aussi correctionnaliser automatiquement une contravention, en cas de troisième récidive, et criminaliser un délit, également lors d'une troisième récidive.
A ce dispositif s'ajoutent deux idées : la mise en oeuvre d'une procédure rapide de jugement pour les récidivistes, et la volonté de traiter comme un majeur un mineur récidiviste de plus de 16 ans, auteur de faits graves.
TÉMOIGNAGE ANONYME
D'autre part, M. Sarkozy veut élargir l'application de la loi sur le témoignage anonyme, adoptée en 2001, en y faisant entrer les "risques d'atteinte aux personnes et aux biens". Il voudrait aussi que soit créée une circonstance aggravante lorsque des agressions sont filmées et photographiées. Cette pratique est connue sous le nom de "happy slapping". M. Sarkozy souhaiterait aussi que l'école "cesse d'accueillir des élèves qui ont dépassé l'âge de l'obligation scolaire et qui perturbent la vie des autres quand ils n'agressent pas les enseignants".
Par ailleurs, le ministre de l'intérieur a confirmé son intention de créer un service volontaire citoyen de la police nationale, qui démarrera le 14 juillet et pourrait concerner 1 000 personnes d'ici à la fin 2006. M. Sarkozy aimerait aussi renforcer la législation sur les chiens d'attaque et généraliser la présence de psychologues dans les services de police.
Piotr Smolar
Les oppposants de Nicoals Sarkozy fustigent son bilan sur la sécurité
Source: le monde
Le bilan affiché, jeudi 8 juin, par Nicolas Sarkozy sur son action au ministère de l'intérieur, ne parvient pas à masquer son "échec flagrant" sur la sécurité et s'appuie sur des chiffres "qui l'arrangent", estime le Parti socialiste. "Relativisant l'escalade de la violence depuis 2002, il a délibérément passé sous silence les vérités qui dérangent", écrit Delphine Batho, secrétaire chargée de la sécurité au PS. Parmi les silences du ministre, cette dernière relève l'ampleur en 2005 de la montée des violences contre les personnes (près de 20 % depuis 2002), l'intensification des violences scolaires (en hausse de 73,2 %) et l'explosion des violences urbaines avec plus d'un mois d'émeutes.
Le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a également dénoncé "un faux bilan" du ministre de l'intérieur depuis 2002. "L'activisme de M. Sarkozy a une apparence : l'ordre. Il a une réalité : l'inefficacité et la division des Français", a souligné le député-maire PS de Nantes. A ses yeux, les déclarations "tonitruantes" du ministre de l'intérieur, "ses idées à l'emporte-pièce, ses opérations coups de poing aussi médiatiques que passagères, ses bilans tronqués n'ont pas rétabli la tranquillité publique". "Ils n'ont fait que pousser la poussière sous le tapis", a-t-il affirmé.
"ÉCHEC COMPLET"
Le Parti communiste a, pour sa part, dénoncé les "manipulations en tout genre, trucages des chiffres, provocations, stigmatisations" du ministre de l'intérieur, "alors que son bilan est celui de l'échec complet du tout répressif". Tandis que Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, affirmait, lui aussi, que ce bilan était "accablant" en matière de sécurité.
Du côté de l'UMP, le député villepiniste de l'Hérault, Jean-Pierre Grand, se réjouissait, quant à lui, que "M. Sarkozy présente et défende son bilan et celui du gouvernement. C'est la preuve qu'il considère que le bilan pèsera lourd lors de l'échéance de 2007. Rendre justice au bilan de Jacques Chirac et de ses deux premiers ministres est le meilleur moyen pour les députés de gagner la confiance des Français".
Avec AFP et Reuters
27 avril 2006
Pour Nicolas Sarkozy, "l'immigration choisie est un rempart contre le racisme"
Source: le monde
Pourquoi souhaitez-vous une nouvelle loi sur l'immigration, alors que certains décrets de la loi précédente n'ont même pas été adoptés ?
Parce que pour la première fois, il y a un ministère en charge de la coordination de la politique de l'immigration. Ce n'était pas le cas jusqu'à présent, où trois ministères étaient compétents : les affaires sociales, l'intérieur et les affaires étrangères. Cette coordination permet de poser les bases d'une nouvelle et ambitieuse politique de l'immigration. Politique d'autant plus urgente après les drames que nous avons connus avec les incendies dans les squats parisiens cet été. De surcroît, il nous fallait réagir devant la panne de notre système d'intégration qui a pour résultat que les enfants d'immigrés nés en France se sentent moins français que leurs parents pourtant étrangers. Enfin, cette loi est la première qui lie immigration choisie et intégration réussie.
Votre texte est-il amendable ?
Je ne vais jamais au Parlement en considérant que le texte que je présente est à prendre ou à laisser, même s'il est le fruit d'une large concertation avec tous les acteurs concernés. C'est ma conception du dialogue. S'il y a des aménagements à faire, j'y suis prêt. Mais je n'accepterai pas d'aller au-delà d'une certaine limite en matière de durcissement. Le projet du gouvernement doit demeurer tout à la fois ferme, juste et donc équilibré.
De nombreuses critiques s'élèvent, notamment au sein de l'Eglise, contre le concept d'"immigration choisie"…
L'immigration choisie est pratiquée par la quasi-totalité des démocraties dans le monde. Et dans ces pays, le racisme et l'extrême droite sont moins forts que chez nous. Bref, elle est un rempart contre le racisme. Cela devrait nous faire réfléchir.Je souhaite un débat serein éloigné des thèses de l'extrême droite, qui assimile tout étranger à un délinquant, et de celles de l'extrême gauche pour laquelle parler d'immigration équivaut à de la xénophobie. Dans mon esprit, il ne s'agit pas d'accueillir les seules élites de ces pays. Il ne s'agit pas non plus de mettre un terme à l'immigration en provenance d'Afrique, mais de déterminer des objectifs quantifiés, définis chaque année par le Parlement et le gouvernement. La France doit pouvoir faire le choix des immigrés qu'elle accueille en fonction de ses besoins et de ses possibilités même si cela se construit dans le cadre d'un dialogue avec les pays d'émigration.
Certaines de ces démocraties, que vous citez en exemple, ont décidé de procéder à des régularisations massives. Pourquoi pas vous ?
L'Italie comme l'Espagne étaient des pays d'émigration, avant de devenir des pays d'immigration. Ils sont au début d'un processus. Stopper les expulsions et procéder à des régularisations massives créerait un appel d'air dans lequel s'engouffreraient de nouveaux clandestins. On n'aurait fait alors qu'aggraver la situation. Notre pacte social ne le supporterait pas. J'ai vu que Laurent Fabius le souhaitait. Il avait déjà contribué à déstabiliser l'idée européenne ; voilà qu'il veut faire croire que tous les clandestins ont vocation à devenir français. Serait-il devenu définitivement irresponsable ?
Pourquoi durcir les conditions du regroupement familial, sujet à polémique depuis trente ans ?
Je n'ai pas l'intention de remettre en question un droit reconnu par la législation française et garanti par les conventions européennes. Mais pour accueillir sa famille encore faut-il être en mesure de prouver qu'on en a les moyens matériels. Ces moyens doivent être issus du travail et pas des revenus de l'assistance. Son logement doit également être adapté à la taille de famille. D'autre part, je maintiens l'objectif de 25 000 reconduites en 2006. L'exécution des décisions d'expulsion est une priorité. Quant aux familles ayant un ou des enfants scolarisés, elles ne seront expulsées que lorsque l'année scolaire arrivera à son terme. Mais il n'est pas question de créer une nouvelle filière de l'immigration.
N'allez-vous pas porter atteinte au droit au mariage ?
Je ne remets bien évidemment pas en question la liberté de mariage mixte. J'observe que le mariage est devenu le premier motif d'immigration en France. Le nombre de cartes de séjour délivrées à la suite du mariage entre un Français et un étranger non communautaire a quadruplé en sept ans, passant de 15 000 à 50 000 de 1997 à 2004.
Ce phénomène s'explique en partie par l'ouverture de la société française. Mais il est dû également à la montée du nombre des mariages blancs et de complaisance. Je veux lutter contre ces détournements de procédure, notamment en rendant obligatoire le visa de long séjour pour l'entrée des conjoints de Français, comme c'est le cas dans les grandes démocraties.
D'autres avancées sur le texte sont-elles envisagées ?
Sur trois points, le texte pourra être complété. Tout d'abord, la création d'un organisme qui réunira des responsables publics et des représentants de la société civile, dont l'objectif sera d'établir l'impartialité des statistiques de l'immigration, et qui pourra proposer des orientations. Ensuite, la création d'une commission réunissant des fonctionnaires et responsables associatifs, dont l'objectif sera notamment de veiller à l'harmonisation des pratiques préfectorales en matière de régularisation. Enfin, le délai de recours pour contester une décision de reconduite à la frontière devant un tribunal administratif pourrait être d'un mois et non de quinze jours comme prévu initialement.
Vous avez dit, il y a quelques jours, que les étrangers qui n'aiment pas la France "ne se gênent pas pour la quitter". Ces propos ne font-ils pas le jeu du Front national ?
Êtes-vous tous fascinés à ce point par le Front national pour vous interdire tout bon sens ? Si Jean-Marie Le Pen dit : "le soleil est jaune", devrais-je dire qu'il est bleu ? Le premier devoir de quelqu'un qui est accueilli est de respecter celui qui l'accueille, et donc d'aimer la France ou au moins de la respecter. Je n'accepte pas les textes et les libelles qui insultent notre pays et nos compatriotes. On est libre d'avoir son idée sur nos lois et nos coutumes, mais, quand on demande à vivre en France, il faut comprendre que l'on habite dans une démocratie. Cela signifie que la presse a le droit de publier des caricatures, y compris religieuses; qu'on ne peut interdire à une femme d'aller voir un médecin au prétexte que celui-ci est un homme; qu'une femme ne peut être voilée sur des papiers d'identité et qu'on ne peut la contraindre à rester enfermée chez elle. Celui qui est accueilli doit respecter ces principes. C'est pourquoi je veux imposer le contrat d'intégration qui sera une obligation pour celui qui veut demeurer en France. C'est un minimum que d'exiger que l'on apprenne le français. Jamais le besoin d'ordre, d'autorité et de fermeté n'a été aussi présent dans la société française.
Comment réagissez-vous en apprenant que Michèle Alliot-Marie aurait détenu des informations sur l'affaire Clearstream, dès 2003 ?
J'ai l'habitude de faire confiance aux gens jusqu'à ce qu'on me prouve le contraire. J'ai beaucoup souffert à titre personnel de cette affaire. J'ai subi deux commissions rogatoires pour chercher des comptes dont j'étais soi-disant le détenteur. Quand il a été avéré que c'était une manipulation, je me suis constitué partie civile parce que je fais confiance à la justice. Je ne ferai pas d'autre commentaire, ni aucun procès d'intention à quiconque.
Propos recueillis par Philippe Ridet, Piotr Smolar et Laetitia Van Eeckhout
25 avril 2006
Foot - Coupe : Blayau et Diouf reçus par Sarkozy
Source: l'Equipe
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, va recevoir mardi les présidents du PSG et de L'OM afin de mettre au point les conditions de sécurité lors de la finale de la Coupe de France programmée samedi 29 avril. Pape Diouf et Pierre Blayau seront reçus vers 18h, en compagnie du préfet de police de Paris et du préfet délégué à la sécurité et à la défense pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
D'autres repsonsables sont conviés à cette réunion. Ainsi s'y rendront le directeur générale de la police nationale, le préfet de Seine - Saint-Denis et des membres de la RATP et de la SNCF. Nicolas Sarkozy a en plus révélé que 2300 policiers allaient être mobilisés lors de cette finale.
14 avril 2006
Nicolas Sarkozy plaide pour "la rupture"... dans le dialogue
Source: le monde
Pour son premier déplacement depuis le dénouement de la crise du contrat première embauche (CPE) et le recul du premier ministre, Nicolas Sarkozy a volé à Dominique de Villepin son dossier prioritaire, celui de l'emploi. "La bataille pour l'emploi, elle continue", a lancé d'emblée le président de l'UMP, jeudi 13 avril, à son arrivée dans le Nord-Pas-de-Calais.
Le ministre de l'intérieur veut être le premier à tirer le bilan de la crise sociale, quitte à faire la leçon au numéro un du gouvernement.
Premier acte : Nicolas Sarkozy, lui, se veut proche des gens. "Que les ouvriers n'hésitent pas à venir. Je veux parler à des gens", appelle-t-il du haut de l'estrade, à Trith-Saint-Léger (Nord), dans l'entreprise Valdunes qui usine des essieux et des roues pour les TGV et les tramways. "On ne peut pas faire bouger les choses sans aller vers les gens, il faut un dialogue réel", explique-t-il plus tard. Car, résume-t-il, "moins on anticipe, plus c'est compliqué et moins on a de marges de manoeuvre".
Second acte : le candidat à l'investiture de l'UMP pour la présidentielle de 2007 veut relancer le dialogue social. "Je me suis toujours engagé et donc, je me sens de la famille de ceux qui s'engagent dans un syndicat, dans une entreprise", assure-t-il.
Pour l'après-2007, le probable candidat a une proposition pour les syndicats : "En matière de droit du travail, il faut réserver le monopole de la discussion aux partenaires sociaux." "Je propose que le gouvernement et le législateur s'engagent à ne pas intervenir à la condition qu'il y ait une limitation à la durée des discussions", explique M. Sarkozy dans la salle des fêtes de Lambersart (Nord).
LIBÉRER LES ENTREPRISES
Un peu plus tard, le ministre de l'intérieur confiera qu'il envisage, s'il est élu, de faire voter immédiatement une loi qui imposera ce monopole de discussions entre partenaires sociaux afin "de les forcer à négocier entre eux". "Ensuite, s'il n'y a pas de résultat, le gouvernement sera légitime pour faire évoluer le droit du travail", estime-t-il.
Car, et c'est le troisième volet de la leçon faite à M. de Villepin, le président de l'UMP n'a pas renoncé à incarner la "rupture" à droite. "Le changement est un facteur de protection pour les Français", martèle-t-il à chacun de ses interlocuteurs.
Devant les anciens salariés de Metaleurop, dont 294 restent à reclasser sur les 800 du site de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), il expliquera, dans l'après-midi, la nécessité de réformer le "modèle social" français : "Quand vous avez un médecin qui vous donne un médicament pour le rhume alors que vous avez une grave maladie et qu'il ne veut pas vous le dire, changez de médecin ! C'est pareil pour notre système de protection sociale où il y a deux fois plus de chômeurs qu'ailleurs."
M. Sarkozy fait une mise au point : "La flexibilité ce n'est pas un gros mot, à condition qu'elle s'accompagne de sécurité." "Il faut libérer les entreprises de la peur d'embaucher car, pour le salarié, c'est la meilleure garantie : s'il perd son travail, il pourra en retrouver un autre", pense-t-il. Tout en confiant, en marge de son discours, qu'il n'avait "jamais été partisan d'imposer la flexibilité à une catégorie de salariés ou une tranche d'âge".
Bref, M. Sarkozy ne veut pas qu'on confonde sa gestion de crise du CPE et son positionnement politique. Il a d'ailleurs, tout au long de cette journée, développé plusieurs thèmes qui incarnent sa volonté de "rupture" : la juste rémunération du travail, le refus de l'"assistanat", la dénonciation de l'égalitarisme "qui nivelle par le bas".
Devant un petit groupe d'ouvriers de l'entreprise Valdunes, il s'est ainsi fait l'avocat des heures supplémentaires qu'il propose d'exonérer de charges sociales. Et aux jeunes chômeurs rencontrés dans une maison de l'emploi de Lambersart, il a suggéré d'accepter les emplois disponibles et de s'orienter vers des secteurs porteurs. "Je préfère un pâtissier heureux à un sociologue au chômage", a-t-il conclu.
Christophe Jakubyszyn
Avec l'immigration, le gouvernement engage un nouveau chantier sensible
C'est le prochain grand rendez-vous parlementaire. Dès la reprise des travaux de l'Assemblée nationale, mardi 2 mai, les députés examineront le projet de loi sur l'immigration présenté par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy.
Le "nouveau" projet de loi, puisque l'encre de la loi du 26 novembre 2003 présentée, déjà, par M. Sarkozy sur le même sujet, est à peine sèche : ses décrets d'application ne sont pas encore tous parus. Mais, comme l'explique le ministre d'Etat, "la maîtrise de l'immigration est redevenue une priorité essentielle de l'action conduite par le gouvernement". Et il entend, sur ce terrain comme sur d'autres, mettre en oeuvre la thématique de la "rupture" qui lui est chère.
Ainsi défendait-il, devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée, le 29 mars, la nécessité d'"une rupture avec une forme de pensée unique qui porte préjudice à la France autant qu'aux immigrés". M. Sarkozy veut tordre le cou à ce qu'il appelle le "droit universel à l'immigration". Au nom du "parler clair", il estime que "la France n'a plus les moyens d'accueillir tous ceux qui voient en elle un eldorado". Une opinion qui, selon lui, devrait "transcender les clivages politiques". Il rappelle les réflexions identiques qu'avait pu tenir à ce sujet Michel Rocard, alors premier ministre, en 1990.
A peine sorti de la crise du CPE, le gouvernement engage donc un nouveau chantier, sur un terrain qui lui est, a priori, plus favorable. Mais pour Dominique de Villepin, qui s'était fait fort de mettre à profit l'"année utile" restant d'ici aux échéances électorales de 2007 pour démontrer sa capacité à tenir le cap de la réforme, c'est, hélas, M. Sarkozy qui va occuper le devant de la scène.
Celui-ci tient d'ailleurs en réserve un autre projet de loi, sur la prévention de la délinquance, qui devrait être présenté dans les semaines à venir en conseil des ministres. Le candidat probable à l'élection présidentielle va ainsi avoir une double occasion d'occuper le terrain politique et de tenter d'enfoncer des coins dans la gauche avant de se consacrer entièrement à sa campagne.
Son projet de loi sur l'immigration va lui permettre de développer le thème de l'"immigration choisie" qu'il veut substituer à l'"immigration subie". Déplorant le faible nombre de cartes de séjour délivrées au titre de l'emploi - 11 500 en 2005, soit 7 % des flux -, il considère que "la France est le seul pays développé qui s'interdit de faire venir sur son territoire des migrants dont il peut avoir besoin pour contribuer à la croissance et à la prospérité".
Par la création d'une carte "talents et compétences" et par l'assouplissement du principe actuellement en vigueur, qui oppose la situation du marché de l'emploi à tout candidat à une entrée pour motifs professionnels, il entend ainsi relancer une immigration qualifiée et utile à l'économie française.
Pour le ministre de l'intérieur, l'objectif est clair : choisir ses immigrés, en établissant chaque année des "objectifs quantitatifs" prévisionnels de visas et de titres de séjour. Et renforcer les outils de lutte contre l'immigration dite "clandestine".
A cette fin, il entend, notamment, abroger le dispositif de régularisation de plein droit après dix années de résidence en France, existant depuis 1984, et restreindre fortement celui, introduit en 1998, sur le fondement de la "vie privée et familiale" et tirée directement de la convention européenne des droits de l'homme.
Pour M. Sarkozy, lutter contre "l'immigration subie", c'est aussi limiter l'immigration légale. Son projet de loi durcit ainsi aussi les conditions du regroupement familial et encadre plus strictement les mariages mixtes.
Autant de dispositions qui ont d'ores et déjà réuni contre elles l'ensemble des associations de défenses des étrangers. "Accueillir les seuls étrangers "utiles" et jeter les autres ; réduire l'étranger à l'éventuelle utilité de la force de travail qu'il représente, en violant voire niant les droits attachés à sa personne" : c'est ainsi que les organisations composant le collectif "Uni (e) s contre une immigration jetable" résument la philosophie de ce texte.
Lancé dès janvier, ce mouvement réunit aujourd'hui plus de 360 associations, syndicats et organisations politiques. A gauche, ne manquait, jusqu'il y a douze jours, que le Parti socialiste.
Encore marqué par un rapport conflictuel avec le mouvement des sans-papiers, sous le gouvernement Jospin, le PS a longtemps hésité. Mais, ragaillardi par l'affaire du CPE, il a finalement décidé de parapher la pétition du collectif contre le projet de loi lors de son bureau national du 4 avril. En espérant qu'à l'instar du CPE, il parvienne à être en phase avec la majorité de l'opinion, ou dumoins de la jeunesse, la dénonciation de ce texte ayant fait son apparition dans les manifestations étudiantes et lycéennes.
Patrick Roger et Laetitia Van Eeckhout
04 avril 2006
Doublé par Sarkozy, Villepin veut reprendre la main sur la crise du CPE
A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation contre le CPE, Jacques Chirac a indiqué à Nicolas Sarkozy que l'élaboration de la proposition de loi sur le CPE devait se faire "en totale cohérence" entre les présidents de groupe UMP à l'Assemblée et au Sénat, le premier ministre Dominique de Villepin et les deux ministres en charge du dossier, selon l'entourage du chef de l'Etat.
M. Schwartzenberg estime que Jean-Louis Borloo est dans l'illégalité
Selon le député PRG Roger-Gérard Schwartzenberg, Jean-Louis Borloo risque une peine de 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende pour avoir "pris des mesures destinées à faire échec à l'exécution" de la loi sur le CPE (art. 432-1 du code pénal). Dans une lettre envoyée au ministre de la cohésion sociale, l'ancien ministre de la recherche de Lionel Jospin dénonce les déclarations de Jean-Louis Borloo demandant aux chefs d'entreprise de ne pas appliquer le CPE. (AFP)
Le premier ministre a réuni, lundi 3 avril, à Matignon, l'ensemble de son équipe gouvernementale pour lui présenter la feuille de route des mois à venir. Dépossédé du dossier du CPE au profit de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin a voulu réaffirmer son autorité pour fixer le cap des prochains mois, un travail collectif qui ne vise pas à "créer des polémiques".
Le chef du gouvernement a fixé trois objectifs à ses ministres, a rapporté le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé. La mise en œuvre des décisions de Jacques Chirac sur le sort du CPE, dont l'application est suspendue au vote d'une proposition de loi UMP modifiant ses modalités. "Ce travail sera engagé par les groupes parlementaires en étroite liaison avec le gouvernement", a précisé Jean-François Copé, avec la volonté de montrer que le premier ministre demeurait à la manœuvre.
Le deuxième objectif est la "poursuite du travail de modernisation de notre pays" sur la base d'indicateurs économiques jugés favorables par Thierry Breton, ministre de l'économie ; le troisième concerne "le travail d'explication" des décisions gouvernementales. Il faut "montrer que tout ce que nous engageons, ce n'est pas pour créer des difficultés, ce n'est pas pour créer des polémiques, c'est tout simplement pour apporter des réponses nouvelles", a-t-il ajouté, dans une nouvelle tentative d'explication de la méthode Villepin.
Les ministres n'ont fait aucune déclaration à l'issue de la réunion, qui a duré une heure et demie. Le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, entouré de ses proches, Brice Hortefeux (collectivités territoriales) et Christian Estrosi (aménagement du territoire), a quitté Matignon avec un large sourire.
"DEUX PREMIERS MINISTRES"
Via cette réunion, M. de Villepin a voulu afficher qu'il restait le patron de l'équipe gouvernementale, comme il le refera lors de sa prochaine conférence de presse mensuelle, la neuvième, "très probablement jeudi". Lundi, alors qu'il recevait son homologue polonais à Matignon, il a encore tenu à minimiser l'effet de l'annonce présidentielle sur sa position personnelle : "Dans toutes les périodes de grand changement, il est parfois difficile d'arriver à lire et décrypter les choses, et je ne suis pas sûr que ce qu'on lise ici et là soit toujours le reflet de la réalité", a-t-il insisté, lundi, à l'intention de la presse.
Mais malgré ses dénégations, le locataire de Matignon se retrouve dans une situation difficile. Si, grâce à l'intervention présidentielle, les apparences sont à peu près sauves, Dominique de Villepin a bel et bien perdu la main sur le CPE, se voyant dépossédé au profit de l'UMP et, surtout, de son rival Nicolas Sarkozy. "Il y a aujourd'hui deux premiers ministres, Sarkozy et Villepin. C'est une invention étrange", a ironisé Jack Lang (PS). Le porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, a dénoncé "la prise de pouvoir d'un homme seul sur [les] institutions", celle de Nicolas Sarkozy, jugeant que cela n'était "pas acceptable".
Avec AFP et Reuters





