05 février 2009
Nicolas Sarkozy "face à la crise"
source: le monde
21:49 - "Mon métier est très difficile"
"Mon métier est très difficile", explique Nicolas Sarkozy, qui dit avoir des "doutes" sur un éventuel second mandat. "Je ne prends aucun engagement dans un sens ou dans l'autre." "Je ne suis même pas à la moitié de mon premier mandat, rappelle-t-il. Je n'ai pas à me projeter, j'ai à faire le boulot."
21:45 - "Rachida Dati reviendra au gouvernement"
"Rachida Dati est remarquable. Elle a fait les peines-plancher, elle a réformé la carte judiciaire." Il réfute toute sanction contre sa ministre de la justice, qui "reviendra au gouvernement". Quant à Rama Yade, "c'est dommage" qu'elle n'ait pas voulu se présenter aux élections européennes.
21:44 - "Le service minimum, ça marche"
A propos de la journée de mobilisation du 29 janvier : "Quelque chose a changé dans le pays, le service minimum, ça marche !" Le président déplore en revanche "l'attitude de Bertrand Delanoë, qui a refusé de l'appliquer".
21:42 - Sur le statut des enseignants-chercheurs, "on est prêt à évoluer"
"A la fin de mon quinquennat, on aura augmenté de 33 % les crédits mis pour chaque étudiant", assure le président, qui parle d'une "priorité absolue". Sur le statut des enseignants-chercheurs, "on est prêt à évoluer sur certaines modalités".
21:39 - Nomination du président de France Télévisions : "de la transparence"
Sur la réforme de l'audiovisuel : "Ce n'est pas le président qui décide de la nomination du président de France Télévisions, c'est le gouvernement", explique Nicolas Sarkozy, qui énumère les maillons de la chaîne de nomination qui font qu'il n'est pas seul décisionnaire. "Nous passons d'un système d'hypocrisie à un système de transparence."
21:37 - "Quand on est préfet, on est responsable"
Interrogé sur la mutation-sanction du préfet de la Manche, après une visite présidentielle mouvementée à Saint-Lô, M. Sarkozy assure : "Il y a une erreur qui a été faite par le préfet : il avait tous les effectifs à sa disposition et il n'a pas garanti l'ordre public", assure le président, évoquant des "brutalités". "Le principe de responsabilité doit s'appliquer aux hauts fonctionnaires."
21:33 - "Vous croyez vraiment que de Gaulle ne décidait pas ?"
"Vous croyez vraiment que le général de Gaulle ne décidait pas ?", demande le chef de l'Etat pour justifier son style présidentiel. Il passe en revue les présidents de la Ve République, tous des "patrons", des "leaders". Se représenter à la présidence ? "On peut mais ce n'est pas une obligation."
21:31 - Kouchner ? "Le petit système médiatique s'emballe"
"M. Kouchner a-t-il des ennuis avec la police ?", interroge le président pour défendre son ministre des affaires étrangères, mis en cause dans le livre de Pierre Péan. "Le petit système médiatique s'emballe", accuse M. Sarkozy, qui dit "croire" son ministre quand celui-ci récuse tout conflit d'intérêts. "C'est un homme à qui on peut faire confiance."
21:28 - Sarkozy veut "bouger" sur la TVA dans la restauration
Le président veut un système de TVA réduite pour tous les produits "propres". Et "tous les produits culturels à 5,5 %". M. Sarkozy veut aussi "bouger" sur la TVA dans la restauration.
21:26 - L'élection d'Obama : "fantastique"
"Barack Obama viendra en France", indique M. Sarkozy, qui, rappelant la ségrégation des années 1960, qualifie l'élection du président américain de "fantastique".
21:25 - "Revoir les relations de la France avec Andorre et Monaco"
En évoquant la question des paradis fiscaux, le chef de l'Etat annonce qu'il souhaite revoir les relations de la France avec Andorre et Monaco.
21:23 - "Les gens se révolteront"
Hedge funds, régulation, paradis fiscaux... Le président veut des résultats, "sinon les gens se révolteront et ils auront raison", prévient le président.
21:19 - "Pour financer la dépense publique, il faut des impôts"
"Ce n'est pas en embauchant plus de fonctionnaires qu'on résout les problèmes", assure M. Sarkozy, citant l'école ou l'hôpital. Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera donc maintenu. Cette mesure doit aussi permettre de diminuer le poids de la dépense publique. "Pour financer la dépense publique, il faut des impôts", ajoute le chef de l'Etat, qui se "refuse" à augmenter ces derniers.
21:15 - Relance par la consommation ou investissement ?
"Si le consommateur ne consomme plus, c'est qu'il a peur pour l'emploi", dit M. Sarkozy pour justifier son choix de la relance par l'investissement. "Un point de TVA" en plus ou en moins, "ça ne joue pas".
21:13 - "Un ordre mondial pour contrôler le marché"
"Je veux que dans la zone euro, on coordonne nos efforts", affirme le président. Par ailleurs, le président souhaite que les Vingt-Sept aient une position commune sur la refonte du capitalisme. Avec comme objectif général : que les institutions financières soient contrôlées ; que la titrisation à outrance cesse ; que les paradis fiscaux soient bridés ; que les agences de notation soient elles aussi contrôlées. 21:03 - "Je retournerai à Gandgrange"
"Un seul four a été fermé alors que la production d'acier dans le monde a été divisée par deux", se défend M. Sarkozy, accusé d'avoir déçu les espoirs des sidérurgistes. Selon lui, les engagements de Lakshmi Mittal ont été "tenus". Seul échec, selon le président : Poweo ne viendra pas sur le site. "Je retournerai à Gandrange", dit le président.
21:01 - "0 centime de bonus pour les dirigeants des grandes banques"
"Cette année, il y aura 0 centime de bonus pour les dirigeants des grandes banques." C'est le "moins qu'on puisse faire", estime le président, qui se dit toutefois opposé "à toute règle générale" : "si les dirigeants sont bons, il est normal qu'ils gagnent beaucoup d'argent".
20:59 - Sarkozy veut que la Cour des comptes enquête sur les fonds accordés aux banques
Sarkozy va demander au président de la Cour des comptes, Philippe Seguin, de «conduire un certain nombre d'enquêtes» sur la bonne utilisation des fonds accordés aux banques pour faire face à la crise.
20:57 - Supprimer la taxe professionnelle devrait coûter "huit milliards d'euros"
La suppression de la taxe professionnelle en 2010 devrait coûter "huit milliards d'euros". Parmi les pistes de financement, il évoque "la taxe carbone". Des "contreparties" seront demandées aux industriels, indique-t-il sans plus de précisions.
20:54 - Pas de taxe professionnelle en 2010
Au-delà des effets de la crise, Nicolas Sarkozy relève les "erreurs commises en amont", notamment la délocalisation d'usines produisant des voitures vendues en France. "Je veux qu'on arrête les délocalisations", dit le président. Pour cela, "on supprimera la taxe professionnelle en 2010", et ce dans tous les secteurs.
20:49 - L'entreprise et ses richesses
Comment mieux partager les richesses dans l'entreprise, s'interroge ensuite Nicolas Sarkozy. Il évoque une recherche de rentabilité "invraisemblable". Il faudra arbitrer entre l'actionnaire et le salarié. Ce sera l'un des thèmes évoqués le 18 février, et l'objet de discussions pendant trois à six mois. A titre "personnel", il estime que la "règle des trois tiers est une bonne règle" (33 % pour les salaires, 33 % pour les bénéfices, 33 % pour les investissements).
20:46 - Le président recevra les partenaires sociaux le 18 février
Comme cela avait été annoncé après la journée de grève du 29 janvier, le président rencontrera les partenaires sociaux le 18 février.
20:41 - "Supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu"
"Comment aider les classes moyennes ?", s'interroge le chef de l'Etat, qui avance plusieurs hypothèses, présentées sous la forme de "questions", de "pistes" : - Supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu, qui "concerne deux millions de contribuables" ; - Augmenter les allocations familiales ; - Offrir des chèques emploi-service aux personnes âgées ou aux personnes seules.
20:40 - Mieux protéger les jeunes
Il souhaite que les jeunes entrés de fraîche date dans la vie professionnelle soient mieux indemnisés. "C'est à moi de protéger les gens."
20:38 - Le chômage partiel "indemnisé à plus de 60 % du salaire brut"
Le président souhaite que le chômage partiel soit "indemnisé à plus de 60 % du salaire brut", contre 50 % aujourd'hui. Il réunira les partenaires sociaux bientôt pour aboutir à cette réforme.
20:32 - "Garantir la croissance pour sauver des emplois"
"Nous devons garantir la croissance pour sauver des emplois", explique M. Sarkozy. Il détaille ensuite certaines des mesures du plan de relance qui "donneront du travail à nos entreprises et sauveront des emplois". Le président s'estime "incapable" de chiffrer le nombre de ces emplois sauvés.
20:30 - Témoignages
Après quelques questions d'"introduction", place à de nouveaux témoignages de Français.
20:28 - Réforme du lycée
"Si on doit arrêter chaque réforme quand il y a une manifestation, on ne réformera rien", explique-t-il à propos de la réforme du lycée. Il explique le report de cette réforme par un manque d'"explications".
20:25 - "Malentendus"
"Les réformes restent d'actualité", assure le président. Il évoque des "malentendus" pour parler des réformes qui ont été retirées : fichier Edvige, réforme du lycée... Cette dernière sera menée à bien, affirme-t-il.
20:22 - Quelles priorités pour le quinquennat ?
"Le cœur de ma campagne a été la réhabilitation du travail. C'est toujours mon objectif", assure M. Sarkozy. 20:21 - Le sauvetage des banques
Le président rappelle les sommes mobilisées pour relancer l'économie et soutenir les banques. L'argent prêté à ces dernières "n'a pas coûté un centime aux Français et rapportera de l'argent". M. Sarkozy annonce que l'intégralité des revenus des intérêts perçus en 2009 sur les fonds prêtés aux banques en difficulté, soit 1,4 milliard d'euros, sera utilisé pour financer des mesures sociales.
20:20 - "Le premier responsable"
"Il est normal que les gens se tournent vers le premier responsable et je n'ai pas l'intention d'évacuer ma responsabilité."
20:18 - "Je comprends l'inquiétude des Français"
"Nous avons affaire à une crise comme le monde n'en a jamais connue depuis un siècle. Je comprends l'inquiétude des Français", dit le président, comme il l'avait assuré au soir des manifestations du 29 janvier.
20:16 - Témoignages
Le président entend se livrer à une entreprise de pédagogie. Des témoignages de Français recueillis dans les cortèges du 29 janvier sont diffusés.
20:11 - 90 minutes d'interview
Ce grand oral, intitulé "Face à la crise" est animé par quatre journalistes - Laurence Ferrari (TF1), David Pujadas (France 2), Alain Duhamel (RTL) et Guy Lagache (M6). Il durera 1 h 30.
20:00 - Nicolas Sarkozy "face à la crise"
Retrouvez en direct les citations et les annonces marquantes des 90 minutes d'interview du chef de l'Etat.
26 septembre 2008
Le discours de Nicolas Sarkozy à Toulon
source: le monde
Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le Maire de Toulon, cher Hubert Falco, Mes chers amis,
Si j'ai voulu m'adresser ce soir aux Français, c'est parce que la situation de notre pays l'exige. Je mesure la responsabilité qui est la mienne dans les circonstances exceptionnelles où nous nous trouvons.
Une crise de confiance sans précédent ébranle l'économie mondiale. De grandes institutions financières sont menacées, des millions de petits épargnants dans le monde qui ont placé leurs économies à la Bourse voient jour après jour fondre leur patrimoine, des millions de retraités qui ont cotisé à des fonds de pension craignent pour leurs retraites, des millions de foyers modestes sont mis en difficulté par la hausse des prix.
Comme partout dans le monde, les Français ont peur pour leurs économies, pour leur emploi, pour leur pouvoir d'achat.
La peur est une souffrance. La peur empêche d'entreprendre, de s'engager. Quand on a peur, on n'a pas de rêve, on ne se projette pas dans l'avenir. La peur est la principale menace qui pèse aujourd'hui sur l'économie.
Il faut vaincre cette peur. C'est la tâche la plus urgente. On ne la vaincra pas, on ne rétablira pas la confiance en mentant mais en disant la vérité.
La vérité, les Français la veulent, ils sont prêts à l'entendre. S'ils ont le sentiment qu'on leur cache quelque chose, le doute grandira. S'ils ont la conviction qu'on ne leur cache rien, ils puiseront en eux-mêmes la force de surmonter la crise.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise n'est pas finie, que ses conséquences seront durables, que la France est trop engagée dans l'économie mondiale pour que l'on puisse penser un instant qu'elle pourrait être à l'abri des évènements qui sont en train de bouleverser le monde. Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire d'abord la vérité sur la crise financière. Parce que cette crise, sans équivalent depuis les années 30, marque la fin d'un monde qui s'était construit sur la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide. Il avait été porté par un grand rêve de liberté et de prospérité.
La génération qui avait vaincu le communisme avait rêvé d'un monde, où la Démocratie et le marché résoudraient tous les problèmes de l'humanité. Elle avait rêvé d'une mondialisation heureuse qui vaincrait la pauvreté et la guerre.
Ce rêve a commencé à devenir réalité : les frontières se sont ouvertes, des millions d'hommes ont été arrachés à la misère, mais le rêve s'est brisé sur le retour des fondamentalismes religieux, des nationalismes, des revendications identitaires, sur le terrorisme, les dumpings, les délocalisations, les dérives de la finance globale, les risques écologiques, l'épuisement annoncé des ressources naturelles, les émeutes de la faim.
Une certaine idée de la mondialisation s'achève avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir.
L'idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle.
Pendant plusieurs décennies on a créé les conditions dans lesquelles l'industrie se trouvait soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme. On a caché les risques toujours plus grands qu'on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de plus en plus de risques inconsidérés. On a fait semblant de croire qu'en mutualisant les risques on les faisait disparaître. On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l'épargne au profit du développement économique et d'analyser le risque du crédit. On a financé le spéculateur plutôt que l'entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d'assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d'amortir le choc.
C'était une folie dont le prix se paie aujourd'hui !
Ce système où celui qui est responsable d'un désastre peut partir avec un parachute doré, où un trader peut faire perdre cinq milliards d'Euro à sa banque sans que personne s'en aperçoive, où l'on exige des entreprises des rendements trois ou quatre fois plus élevés que la croissance de l'économie réelle, ce système a creusé les inégalités, il a démoralisé les classes moyennes et alimenté la spéculation sur les marchés de l'immobilier, des matières premières et des produits agricoles.
Mais ce système, il faut le dire parce que c'est la vérité, ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme.
L'économie de marché c'est le marché régulé, le marché mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. Ce n'est pas la loi de la jungle, ce n'est pas des profits exorbitants pour quelques-uns et des sacrifices pour tous les autres. L'économie de marché c'est la concurrence qui réduit les prix, qui élimine les rentes et qui profite à tous les consommateurs.
Le capitalisme ce n'est pas le court terme, c'est la longue durée, l'accumulation du capital, la croissance à long terme.
Le capitalisme ce n'est pas la primauté donnée au spéculateur. C'est la primauté donnée à l'entrepreneur, la récompense du travail, de l'effort, de l'initiative.
Le capitalisme ce n'est pas la dilution de la propriété, l'irresponsabilité généralisée. Le capitalisme c'est la propriété privée, la responsabilité individuelle, l'engagement personnel, c'est une éthique, une morale, des institutions.
Le capitalisme c'est ce qui a permis l'essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles.
La crise financière n'est pas la crise du capitalisme. C'est la crise d'un système qui s'est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme, qui a trahi l'esprit du capitalisme.
Je veux le dire aux Français : l'anticapitalisme n'offre aucune solution à la crise actuelle. Renouer avec le collectivisme qui a provoqué dans le passé tant de désastres serait une erreur historique.
Mais ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s'il ne s'était rien passé serait aussi une erreur historique.
Nous pouvons sortir plus forts de cette crise. Si nous acceptons de changer nos manières de penser et nos comportements. Si nous faisons l'effort nécessaire pour nous adapter aux réalités nouvelles qui s'imposent à nous. Si nous agissons au lieu de subir.
La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle.
Il faut un nouvel équilibre entre l'Etat et le marché, alors que partout dans le monde les pouvoirs publics sont obligés d'intervenir pour sauver le système bancaire de l'effondrement.
Un nouveau rapport doit s'instaurer entre l'économie et la politique à travers la mise en chantier de nouvelles réglementations.
L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laissez-faire, c'est fini. Le marché qui a toujours raison, c'est fini.
Il faut tirer les leçons de la crise pour qu'elle ne se reproduise pas. Nous venons de passer à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer.
Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité.
Je n'hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d'abus, trop de scandales.
Alors ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien nous réglerons le problème par la loi avant la fin de l'année.
Les dirigeants ne doivent pas avoir le statut de mandataire social et bénéficier en même temps des garanties liées à un contrat de travail. Ils ne doivent pas recevoir d'actions gratuites. Leur rémunération doit être indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise. Ils ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté. Et si les dirigeants sont intéressés au résultat, les autres salariés doivent l'être aussi. S'ils ont des stocks options, les autres salariés doivent en avoir aussi ou à défaut bénéficier d'un système d'intéressement.
Voilà quelques principes simples qui relèvent du bon sens et de la morale élémentaire sur lesquels je ne céderai pas.
Les dirigeants perçoivent des rémunérations élevées parce qu'ils ont de lourdes responsabilités. Mais on ne peut pas vouloir être très bien payé et ne pas vouloir assumer ses responsabilités.
C'est encore plus vrai dans la finance que partout ailleurs. Comment admettre que tant d'opérateurs financiers s'en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis en menant tout le système financier à la faillite ?
Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement. L'impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables. Qui pourrait accepter une telle injustice ?
Il faut ensuite réglementer les banques pour réguler le système. Car les banques sont au cœur du système.
Il faut cesser d'imposer aux banques des règles de prudence qui sont d'abord une incitation à la créativité comptable plutôt qu'à une gestion rigoureuse des risques. Ce qu'il faudra dans l'avenir, c'est contrôler beaucoup mieux la façon dont elles font leur métier, la manière dont elles évaluent et dont elles gèrent leurs risques, l'efficacité de leurs contrôles internes…
Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation.
La crise devrait amener à une restructuration de grande ampleur de tout le secteur bancaire mondial. Compte tenu de ce qui vient de se passer et de l'importance de l'enjeu pour l'avenir de notre économie, il va de soi qu'en France l'Etat y jouera un rôle actif.
Il va falloir s'attaquer au problème de la complexité des produits d'épargne et de l'opacité des transactions de façon à ce que chacun soit en mesure d'évaluer réellement les risques qu'il prend.
Mais il faudra bien aussi se poser des questions qui fâchent comme celle des paradis fiscaux, celle des conditions dans lesquelles s'effectuent les ventes à découvert qui permettent de spéculer en vendant des titres que l'on ne possède pas ou celle de la cotation en continu qui permet d'acheter et de vendre à tout moment des actifs et dont on sait le rôle qu'elle joue dans les emballements du marché et les bulles spéculatives.
Il va falloir s'interroger sur l'obligation de comptabiliser les actifs aux prix du marché qui se révèlent si déstabilisant en cas de crise.
Enfin, il va falloir se décider à contrôler les agences de notation qui ont été défaillantes, et faire en sorte que plus aucune institution financière, et plus aucun fonds ne soit en mesure d'échapper au contrôle d'une autorité de régulation.
Mais la remise en ordre du système financier ne serait pas complète si en même temps on ne cherchait pas à mettre un terme au désordre des monnaies.
La monnaie est au cœur de la crise financière comme elle est au cœur des distorsions qui affectent les échanges mondiaux. Et si l'on n'y prend pas garde le dumping monétaire finira par engendrer des guerres commerciales extrêmement violentes et ouvrira ainsi la voie au pire des protectionnismes. Car le producteur français peut faire tous les gains de productivité qu'il veut, il peut à la rigueur concurrencer les bas salaires des ouvriers chinois, mais il ne peut pas compenser la sous-évaluation de la monnaie chinoise. Notre industrie aéronautique peut être aussi performante que possible, elle ne peut pas lutter contre l'avantage de compétitivité que la sous-évaluation du dollar donne aux constructeurs américains.
Je redis donc, à quel point il me paraît nécessaire que les chefs d'Etat et de gouvernement des principaux pays concernés se réunissent avant la fin de l'année pour tirer les leçons de la crise financière et coordonner leurs efforts pour rétablir la confiance. J'ai fait cette proposition en plein accord avec la chancelière allemande, Madame Merkel, avec qui je m'en suis entretenu et qui partage les mêmes préoccupations à propos de la crise financière et sur les leçons qu'il va falloir en tirer.
Je suis convaincu que le mal est profond et qu'il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton-Woods après la Seconde Guerre Mondiale, afin de créer les outils d'une régulation mondiale que la globalisation et la mondialisation des échanges rendent désormais nécessaires. On ne peut pas continuer de gérer l'économie du XXIème siècle avec les instruments de l'économie du XXème. On ne peut pas davantage penser le monde de demain avec les idées d'hier.
Quand les banques centrales font tous les jours toute la trésorerie des banques et quand le contribuable américain s'apprête à dépenser mille milliards de dollars pour éviter la faillite généralisée, il me semble que la question de la légitimité des pouvoirs publics à intervenir dans le fonctionnement du système financier ne se pose plus !
Oui, il arrive que l'autorégulation soit insuffisante. Oui, il arrive que le marché se trompe. Oui, il arrive que la concurrence soit inefficace ou déloyale. Alors il faut bien que l'Etat intervienne, qu'il impose des règles, qu'il investisse, qu'il prenne des participations, pourvu qu'il sache se retirer quand son intervention n'est plus nécessaire.
Rien ne serait pire qu'un Etat prisonnier de dogmes, enfermé dans une doctrine qui aurait la rigidité d'une religion. Imaginons où en serait le monde si le gouvernement américain était resté sans rien faire face à la crise financière sous prétexte de respecter je ne sais quelle orthodoxie en matière de concurrence, de budget ou de monnaie ?
En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d'agir s'impose à tous, j'appelle l'Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l'urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. Elle doit se donner les moyens d'agir quand la situation l'exige et non se condamner à subir. Si l'Europe veut préserver ses intérêts. Si elle veut avoir son mot à dire dans la réorganisation de l'économie mondiale. Si elle veut se donner les moyens de sortir renforcée et non pas affaiblie de la crise actuelle, elle doit engager une réflexion collective sur sa doctrine de la concurrence qui n'est, à mes yeux, qu'un moyen et non une fin en soi, sur sa capacité à mobiliser des ressources pour préparer l'avenir, sur les instruments de sa politique économique, sur les objectifs assignés à la politique monétaire. Je sais que c'est difficile parce que l'Europe c'est 27 pays, mais quand le monde change, l'Europe doit changer aussi. Elle doit être capable de bousculer ses propres dogmes. Elle ne peut pas se trouver condamnée à être la variable d'ajustement de toutes les autres politiques dans le monde parce qu'elle ne se serait pas donnée les moyens d'agir. Si ce qui s'est passé aux Etats-Unis s'était passé en Europe, avec quelle rapidité, avec quelle force, avec quelle détermination l'Europe aurait-elle fait face à la crise ? Pour tous les Européens il est entendu que la meilleure réponse à la crise devrait être européenne. En tant que Président de l'Union, je proposerai des initiatives en ce sens dès le prochain conseil européen.
S'agissant de notre pays, je le dis aux Français qui craignent pour leurs économies déposées dans les banques et les établissements financiers : les banques françaises paraissent en mesure de surmonter les difficultés actuelles, mais si elles devaient êtres mises en difficulté par la spéculation, je n'accepterais pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements. Les épargnants qui ont eu confiance dans les banques, dans les compagnies d'assurance, dans les institutions financières de notre pays ne verront pas leur confiance trahie. Ils ne payeront pas pour les erreurs des dirigeants et l'imprudence des actionnaires.
C'est un engagement solennel que je prends ce soir : quoi qu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français.
Je le dis avec la même détermination : si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d'assurer leur trésorerie, l'Etat interviendrait pour que ces financements puissent être assurés. Il le ferait par des cautions, par des garanties, par des apports en capital ou par une modification de la réglementation bancaire, mais il le ferait pour éviter que par un engrenage fatal l'économie privée de financements s'enfonce durablement dans la récession.
Bien que les ménages français soient en moyenne beaucoup moins endettés que dans la plupart des autres pays développés, l'accès au logement et à la propriété risquent d'être rendus plus difficile du fait de la contraction du crédit, de la hausse des taux d'intérêt et de la diminution d'une offre déjà insuffisante pour répondre aux besoins. La loi de mobilisation pour le logement sera adoptée en urgence. J'y ajouterai des mesures fortes pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien et pour que des terrains appartenant au secteur public soient libérés pour y construire de nouveaux logements, ce qui contribuera à la baisse des prix qui avaient atteint des niveaux excessifs.
Face au ralentissement de l'activité se pose naturellement la question de la relance de notre économie. Cette relance nous l'avons engagée bien avant tous les autres avec les mesures prises il y a un an sur les heures supplémentaires, les intérêts d'emprunt immobilier, les droits de succession, le crédit d'impôt recherche, auxquels se sont ajoutées d'autres mesures importantes comme le déblocage de la participation. Ce soutien apporté à l'activité nous a permis de mieux résister à la crise.
Mais si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterais pas à prendre les mesures nécessaires pour la soutenir. Aujourd'hui il faut du sang froid. Se garder de réactions précipitées mais en même temps être prêt à la réactivité.
La crise actuelle est une crise structurelle. Les changements qu'elle annonce sont profonds. A cette crise structurelle doit répondre une politique structurelle. Le monde change. Nous devons changer avec lui. Nous devons même autant que faire se peut, anticiper le changement. La crise appelle à accélérer le rythme des réformes non à le ralentir.
Je veux dire aux Français qu'il n'existe aucune solution miracle qui permettrait à notre pays de se dispenser des efforts nécessaires pour surmonter la crise.
Il faut bien sûr d'abord penser aux plus vulnérables dont la vie devient trop dure et qui souffrent. C'est dans les moments de crise que la solidarité avec ceux qui sont en difficulté doit être la plus forte. C'est la raison pour laquelle, j'ai pris la décision de créer le RSA, d'augmenter le minimum vieillesse, les pensions de réversion les plus modestes et pour les titulaires de minima sociaux, dont le pouvoir d'achat n'est pas garanti contrairement aux allocations familiales et aux retraites, d'accorder une prime exceptionnelle pour compenser le retard sur l'évolution réelle des prix.
Quand on veut dire la vérité aux Français, il faut la leur dire jusqu'au bout et la vérité c'est que l'Etat ne peut pas indéfiniment financer ses dépenses courantes et ses dépenses de solidarité par l'emprunt. Il faut bien un jour payer ses dettes.
L'argent de l'Etat c'est l'argent des Français. Ils ont travaillé trop dur pour le gagner pour que l'on ait le droit de le gaspiller.
Pour retrouver des marges de manœuvre pour préparer l'avenir, les dépenses de fonctionnement de l'Etat doivent diminuer. L'année prochaine c'est un total sans précédent de 30 600 emplois qui seront supprimés dans la fonction publique. La révision générale des politiques publiques continuera à produire ses effets. La réforme de l'hôpital permettra d'améliorer l'accès aux soins et leur qualité tout en supprimant des dépenses inutiles. Les agents hospitaliers seront intéressés à l'équilibre de leur budget et partout les fonctionnaires seront associés aux gains de productivité dans la fonction publique. C'est une véritable révolution culturelle qui se met ainsi en place et qui va modifier en profondeur les comportements.
Après la remise à plat de la carte judiciaire et les restructurations militaires, il faut aller plus loin dans la réorganisation de nos administrations et de nos services publics. Nous allons engager la deuxième étape de la réforme de l'Etat dès l'année prochaine.
Le grand chantier de la réforme de nos administrations locales sera ouvert dès le mois de janvier. Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales dont le nombre et l'enchevêtrement des compétences est une source d'inefficacité et de dépenses supplémentaires. La compétitivité de notre économie est capitale. Elle ne peut supporter un poids excessif de dépenses publiques.
Mais dans la situation où se trouve l'économie je ne conduirai pas une politique d'austérité qui aggraverait la récession. Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français. Mon objectif est de rendre du pouvoir d'achat aux Français non de leur en prendre.
Je n'accepterai pas d'augmenter les charges qui pèsent sur les entreprises parce que ce serait affaiblir leur compétitivité quand, au contraire, il faudrait la renforcer. Faire payer les entreprises sous prétexte que ce serait indolore, ce serait commettre une lourde erreur économique du type de celle qui fut faite au milieu des années 70 lors du premier choc pétrolier, avec les résultats désastreux que l'on sait.
La France ne s'en sortira pas en investissant moins mais en investissant plus. C'est la raison pour laquelle désormais de nouveaux investissements seront exonérés de la taxe professionnelle qui les pénalise. Une grande concertation sera organisée avec les collectivités locales pour que soient trouvée une ressource de remplacement qui ait moins d'effets nocifs sur l'économie. Mais cette réforme indispensable ne sera pas différée.
La France s'en sortira non en travaillant moins mais en travaillant plus. Tout doit être fait pour encourager le travail que depuis des décennies on s'efforce par tous les moyens de décourager.
Avec la réforme des 35 heures, avec la détaxation des heures supplémentaires, le maintien des exonérations de charges sur les bas salaires, l'instauration du RSA, la relance à venir de la participation et de l'intéressement, c'est toujours le même but qui est poursuivi : faire en sorte que le travail coûte moins cher à l'entreprise, que le travail paye, que le travail soit libéré.
La crise doit nous inciter à aller plus loin et plus vite dans les réformes qui contribuent à réhabiliter la valeur travail au moment même où le modèle d'une finance spéculative s'effondre.
La loi à venir sur la participation et l'intéressement s'inscrit exactement dans cette perspective de rééquilibrage entre le capital et le travail. Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail créent la richesse, redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l'entreprise et ainsi remettre le capitalisme à l'endroit, voilà à côté du RSA l'autre révolution qu'il nous faut entreprendre.
Est-il besoin d'ajouter que dans la situation actuelle de l'économie mondiale, tout ce qui pourrait contribuer à alourdir le coût du travail serait suicidaire ?
Réduire les exonérations de charges sur les salaires ce ne serait pas reprendre un cadeau fait aux entreprises, ce serait contribuer à détruire de l'emploi au moment même où le ralentissement de la croissance fait repartir le chômage à la hausse et où la concurrence des pays à bas salaire ne cesse de s'intensifier.
Financer le RSA en taxant le travail aurait eu le même effet.
J'assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail. C'est une décision juste et raisonnable. Elle ne remet pas en cause l'objectif de baisse globale des prélèvements, puisque les diminutions d'impôts et de charges décidées depuis 15 mois l'emportent de plus de 10 milliards sur les hausses.
Et au fur et à mesure qu'un nombre croissant de ceux qui jusqu'à présent étaient piégés par l'assistance sera incité à reprendre un travail, la taxe sur les revenus de l'épargne sera diminuée.
L'autre figure du capitalisme qu'il faut réhabiliter c'est celle de l'entrepreneur. Au capitalisme financier il faut opposer le capitalisme des entrepreneurs. A côté de la valeur travail, il faut remettre l'esprit d'entreprise au cœur du système de valeur de l'économie. C'est toute la philosophie de la loi de modernisation de l'économie et ce sera l'autre priorité de la politique économique dans l'avenir.
Si nous manquons d'entrepreneurs capables d'inventer l'économie de demain, ce n'est pas parce que les Français seraient plus dépourvus que les autres d'esprit d'entreprise mais parce que tout a été fait pour empêcher les Français d'entreprendre comme tout a été fait pour les empêcher de travailler.
Opposer l'effort du travailleur à l'argent facile de la spéculation, opposer l'engagement de l'entrepreneur qui risque tout dans son entreprise à l'anonymat des marchés financiers, opposer un capitalisme de production à un capitalisme de court terme, accorder une priorité à l'industrie au moment où l'étau de la finance se desserre, voilà tout le sens de la politique économique que je veux conduire.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que nous passons d'un monde d'abondance à un monde de rareté. C'est-à-dire d'un monde où l'on utilisait les ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables à un monde où l'épuisement à venir des ressources naturelles sera une préoccupation de tous les jours.
Dans le monde de la rareté, il va falloir payer plus cher le pétrole, le gaz, les matières premières.
Les Français devront produire autrement, consommer différemment. Ils devront apprendre à faire constamment des efforts pour économiser les ressources rares qui ne peuvent plus être gaspillées.
La pollution et le réchauffement climatique menacent l'avenir de la planète. Chacun va devoir faire des efforts, changer de comportement pour polluer moins.
Si l'on ne veut pas que des catastrophes écologiques débouchent sur des déplacements massifs de populations et des catastrophes humaines et politiques, si l'on veut éviter la violence qu'engendrerait fatalement le manque d'eau et de terres cultivables, alors il faut que chacun assume les conséquences de ses choix, il faut que chacun supporte les coûts de ses décisions et paye le juste prix de ce qu'il consomme.
Dans le monde de demain le principe pollueur-payeur devra s'appliquer partout si nous ne voulons pas léguer aux générations futures un monde invivable.
S'il faut moins taxer l'investissement, moins taxer le travail, moins pénaliser l'effort et la réussite, moins taxer les produits propres, il faut en revanche davantage taxer la pollution.
Utiliser la fiscalité pour relever le défi écologique, c'est indispensable si l'on veut inciter à un changement profond des comportements. Si dans la situation actuelle où tant de Français se trouvent confrontés à une baisse de leur pouvoir d'achat, il est exclu de renchérir les produits de grande consommation, je veux dire à quel point je crois que le système du bonus-malus est un bon système. L'expérience sur l'automobile a été particulièrement concluante avec 500 000 bonus distribués en 8 mois, déplaçant massivement la demande vers des véhicules plus écologiques. Ce système extrêmement incitatif du bonus-malus qui permet de gagner des années dans le changement des modes de consommation sera étendu à d'autres produits. Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement. Mais elle se fera. J'en prends l'engagement. Comme je prends l'engagement solennel que toutes les conclusions du Grenelle de l'environnement seront mises en œuvre parce qu'elles permettront à notre pays de prendre de l'avance dans la mutation inéluctable qu'imposera dans les années qui viennent à tous les pays du monde la prise de conscience du risque écologique et de l'épuisement du pétrole et des ressources non renouvelables.
Je crois à la croissance durable.
Ce que nous avons décidé de faire est très ambitieux. L'effort qui va être engagé en matière de fiscalité incitative, de règles nouvelles et d'investissement est gigantesque. C'est une véritable transformation de notre modèle économique et social et de notre cadre de vie qui va s'accomplir dans les années qui viennent.
La mise en œuvre du Grenelle de l'environnement c'est la multiplication par 4 de nos capacités de transports en commun en sites propres, la construction de 2000 kilomètres de lignes à grande vitesse supplémentaires, les autoroutes ferroviaires, les autoroutes maritimes, un milliard d'euros dans la recherche en matière de développement durable à l'horizon 2012, la rénovation de tout le parc des logements sociaux et des bâtiments publics pour les adapter aux exigences d'économie d'énergie.
Toutes ces dépenses nouvelles seront gagées sur les futures économies d'énergie et elles exerceront sur notre activité un formidable effet d'entraînement. Il ne s'agira pas cette fois-ci de sacrifier l'avenir au présent, mais au contraire de mettre notre pays dans la meilleure situation possible pour affronter l'avenir.
Nous allons développer massivement les programmes de recherche dans les nouvelles sources d'énergie, les technologies propres, les nouveaux systèmes de transport comme la voiture électrique. Le remplacement de nos centrales nucléaires par les centrales de la nouvelle génération sera accéléré. Tout sera mis en œuvre pour que le programme des infrastructures de transport collectif soit effectivement engagé le plus rapidement possible. Je veux que soit mis à l'étude un grand plan de rénovation des infrastructures des transports collectifs dans les grandes villes où la situation est devenue souvent critique. L'Etat est prêt à y jouer son rôle à côté des collectivités locales, en prenant sa part dans le financement.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que pour entrer dans l'économie de la connaissance qui sera l'économie du XXIème siècle. Nous ne pouvons plus attendre pour investir dans la formation, dans la recherche, dans l'innovation. Nous ne pouvons plus attendre pour accomplir la révolution numérique.
C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que notre système de formation professionnelle soit entièrement repensé. Cette réforme de la formation professionnelle qui fait l'objet d'une négociation entre les partenaires sociaux, je veux qu'elle soit ambitieuse et surtout qu'elle soit rapidement mise en œuvre. Le diagnostic est connu de tous. Je veux que des décisions soient prises avant la fin de l'année.
C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que nos universités soient autonomes et qu'une partie du capital d'EDF a été vendue pour financer la rénovation de nos campus. C'est également la raison pour laquelle nous allons donner aux universités la propriété intellectuelle de leurs découvertes et leur donner les moyens de les valoriser.
C'est la raison pour laquelle le crédit d'impôt recherche a été porté à 30%, notre appareil de recherche va être réformé et une stratégie nationale de recherche va être définie.
Les priorités budgétaires traduisent cet engagement vis-à-vis de l'enseignement et de la recherche : plus un milliard par an pour l'enseignement et plus de 800 millions par an pour la recherche.
Tous ces défis sont immenses. Mais notre pays peut les relever. J'ai confiance dans les Français. J'ai confiance dans les atouts de la France. J'ai la certitude que nos réformes en porteront leurs fruits. J'ai la certitude que par notre travail, nous saurons faire notre place dans le monde du XXIème siècle. J'ai confiance dans notre capacité à refonder le capitalisme.
Jamais depuis 1958 autant de changements n'ont été accomplis en si peu de temps. Quand la situation économique mondiale redeviendra meilleure nous en verrons tous les fruits sur l'équilibre de nos finances, sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat et sur le bien-être de chacun.
Je suis déterminé à poursuivre la modernisation de notre économie et de notre société quelles que soient les difficultés parce que nous n'avons plus le choix parce que nous ne pouvons pas attendre.
Alors que les vieilles idées et les vieilles structures sont balayées, nous devons être imaginatifs et audacieux.
Nous avons le choix de subir ce changement ou d'en prendre la tête. Mon choix est fait.
Françaises, Français, au milieu des difficultés nous devons précéder la marche du monde et non la suivre.
Vive la République ! Vive la France !
Face à la crise, Nicolas Sarkozy gauchise son discours
source: reuters
Attaque contre le capitalisme financier, rôle de l'Etat, refus d'envisager une politique d'austérité: face à la crise financière internationale, Nicolas Sarkozy a gauchisé son discours.
Dans une intervention de 45 minutes devant environ 4.500 personnes, au Zénith de Toulon, le président de la République s'est efforcé sur un ton gaullien et volontariste de rassurer sans affoler et de convaincre qu'il était aux commandes.
"Si j'ai voulu m'adresser ce soir aux Français, c'est parce que la situation de notre pays l'exige", a-t-il dit en tenant un langage que n'aurait pas renié plus d'un dirigeant de gauche pour répondre aux inquiétudes qu'elle suscite en France.
"Je mesure la responsabilité qui est la mienne dans les circonstances exceptionnelles ou nous nous trouvons."
Il a rompu avec le discours lénifiant sur l'impact de la crise en France tenu par la ministre de l'Economie Christine Lagarde -- présente à Toulon avec le Premier ministre François Fillon et une demi-douzaine d'autres membres du gouvernement.
Au nom de la vérité qu'il a déclaré devoir aux Français, il n'a pas craint de dramatiser : la "crise de confiance sans précédent" qui ébranle l'économie mondiale n'est pas finie et aura des conséquences durables, y compris en France.
"Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage et sur le pouvoir d'achat."
Le chef de l'Etat est allé plus loin que jamais dans sa condamnation des dérives du capitalisme financier.
PAS DE LOI DE LA JUNGLE
Il a ainsi estimé que la crise actuelle mettait fin à une "certaine idée de la mondialisation" et à l'idée "folle" selon laquelle les marchés ont toujours raison.
Cette crise n'est certes pas celle du capitalisme et l'anticapitalisme n'offre "aucune solution", a-t-il pris soin de dire. Mais faire comme si rien ne s'était passé serait une "erreur historique", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Il a de nouveau appelé de ses voeux un "capitalisme régulé" et "refondé" sur une "éthique de l'effort et du travail", car le capitalisme n'est "pas la loi de la jungle".
Il a réaffirmé son souhait d'un sommet des dirigeants des principaux pays concernés par la crise avant la fin de 2008.
"Il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial comme on le fit à Bretton Woods après la seconde guerre mondiale", a-t-il expliqué.
Il a plaidé pour un "nouvel équilibre entre l'Etat et le marché" - "L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini, le laissez-faire c'est fini", a-t-il scandé.
Il a ainsi promis que si les banques françaises étaient mises en difficulté par la spéculation, il n'accepterait pas "qu'un seul déposant perde un seul euro".
"L'Etat est là et l'Etat fera son devoir. C'est un engagement solennel que je prends ce soir : quoiqu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire", a promis le président de la République.
PAS D'AUSTÉRITÉ
L'Etat sera aussi prêt à intervenir pour aider les PME à financer leurs investissements et faire face à leurs difficultés de trésorerie en cas de restriction du crédit, pour soutenir le secteur immobilier et, plus généralement, la croissance.
"Si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterais pas à prendre les mesures nécessaires", a-t-il dit.
La crise invite à accélérer le rythme des réformes, pas à l'arrêter ou à le ralentir, a prévenu le chef de l'Etat, car "il n'existe aucune solution miracle qui permettrait de se dispenser des efforts nécessaires". Il a ainsi confirmé la suppression de 30.600 emplois dans la fonction publique en 2009.
"Mais dans la situation ou se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité parce que l'austérité aggraverait la récession", a-t-il cependant ajouté.
Dans un des passages les plus applaudis de son discours, il a de nouveau dénoncé les modes de rémunération des dirigeants de la finance, notamment le système des "parachutes dorés".
Si les professionnels ne se mettent pas rapidement d'accord sur des pratiques "acceptables", le gouvernement règlera le problème par la loi "avant la fin de l'année", a-t-il dit.
Quant au ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, qui était aussi présent, il a pu entendre Nicolas Sarkozy promettre l'extension du système du bonus-malus visant à encourager la production et l'utilisation de produits "propres" - un système critiqué à Bercy et au sein de l'UMP.
"Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement mais elle se fera, j'en prends l'engagement", a déclaré Nicolas Sarkozy.
03 août 2008
Survie: Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, président de la République: Les militants pour la démocratie et des droits de l’Homme
source: survie Paris, le 1 août 2008 Monsieur le Président, Les excellents rapports que vous entretenez avec le président du Gabon sont de notoriété publique. Or, comme vous le savez, des responsables d’organisations de la société civile gabonaise – de longue date victimes d’innombrables harcèlements et menaces sur leurs personnes et leurs droits – sont à nouveau visés par le pouvoir gabonais en raison de leur combat contre la pauvreté, la corruption, l’opacité de l’utilisation des revenus miniers et le détournement de l’argent public. Pour avoir dénoncé un scandale financier dans lequel serait impliqué le Procureur de la République du Tribunal de première instance de Libreville, avoir demandé la suspension de ce dernier et l’ouverture d’une enquête concernant l’affaire, cinq dirigeants d’organisations non gouvernementales (ONG) gabonaises ont été convoqués par la police à-fin d’interrogatoire. Selon ces derniers, la police aurait tenté des les arrêter, sans charges ni mandat, alors qu’ils assistaient à une réunion du Front des Organisations de la société civile contre la pauvreté au Gabon (FOSCPG). Ils sont accusés d’outrage à magistrat. Il s’agit notamment de Marc Ona, coordinateur de la coalition Publiez ce que vous payez (PCQVP) Gabon et membre du comité Initiative de transparence des industries extractives (ITIE). Comme vous le savez aussi, en juin dernier, Monsieur Ona a été empêché de se rendre aux Etats-Unis pour participer à une réunion internationale sur la transparence des revenus du secteur extractif. Les autorités gabonaises, qui n’ont cure d’une telle transparence, mettent sous la menace les Gabonais qui ont l’immense courage de s’engager dans un rude combat pour améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens. Aujourd’hui, tous les observateurs de la situation au Gabon mettent en alerte ceux qui veulent bien les écouter : ces courageux militants de la société civile gabonaises sont en danger. Vous, Monsieur le Président, qui dites défendre la démocratie et le respect des droits de l’Homme, vous devez, d’urgence, donnez la preuve de votre sincérité. Vous devez vous mettre à l’écoute de cette alerte. Il serait indigne de votre part de ne pas prendre, publiquement, la défense de ces personnes en danger. Nous comptons sur vous pour leur apporter votre soutien. Dans cette attente, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération. Copie : Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes
03 juillet 2008
Nicolas Sarkozy salue la libération d'Ingrid Bétantcourt
Ingrid Betancourt : "C'est un miracle !"
Ingrid Betancourt : le récit de sa libération
Source: le monde
Vêtue d'un court gilet militaire, Ingrid Betancourt, radieuse, descend l'escalier de l'avion, sur fond d'hymne national. Sous le ciel gris de Bogota, elle embrasse longuement sa mère, les yeux fermés. Les caméras filment cette image tant attendue. Après six ans et quatre mois de captivité, la plus célèbre otage du monde a été libérée, mercredi 2 juillet au matin, par l'armée colombienne.
Trois citoyens américains enlevés en 2003 et 11 militaires colombiens, capturés au combat – il y a dix ans, pour certains –, ont également retrouvé la liberté, au terme d'une incroyable opération militaire menée sans tirer un coup de feu : "Une opération impeccable, parfaite", a commenté Ingrid Betancourt.
Sur le tarmac, l'émotion s'installe. Ingrid embrasse ses amis, ses proches et l'ambassadeur de France, Jean-Michel Marlaud. Le diplomate lui tend un portable, probablement pour parler avec ses enfants, Mélanie et Lorenzo, à Paris. Les généraux présents et le ministre de la défense, Juan Manuel Santos, donnent l'accolade aux soldats et aux policiers libérés.
Dans le regard encore hagard de ces hommes qui ont passé des années dans la jungle, il y a plus d'incrédulité que de bonheur. Les Américains ne sont pas là : ils volent déjà vers les Etats-Unis. Ingrid Betancourt, sa mère, et les autres otages s'agenouillent quelques minutes pour prier en compagnie d'un prêtre venu les accueillir.
La Franco-Colombienne est amaigrie mais éblouissante. Ses longs cheveux tressés sur sa tête, son teint frais et la joie qui irradie son visage lui donnent l'air d'une adolescente en cavale. On en oublierait presque l'interminable épreuve qu'elle vient de traverser.
De sa voix claire, sans jamais trébucher sur les idées ou les mots, elle en parle avec simplicité et dignité. Devant les télévisions du pays, dans les cafés et les centres commerciaux, les Colombiens se figent, comme au soir des grands matches de football.
Quelques heures plus tôt, le ministre colombien de la défense avait annoncé au monde le succès de cette opération "sans précédent", digne du meilleur cinéma d'action américain. Sur la base des témoignages des otages libérés, les militaires ont réussi à localiser la guérilla, dans le département amazonien du Guaviare, dans le sud du pays. Puis ils l'ont infiltrée et trompée.
"DES PERSONNAGES SURRÉALISTES"
Une "organisation humanitaire" a proposé aux guérilleros d'assurer le déplacement des otages pour les remettre au nouveau chef suprême de l'organisation armée, Alfonso Cano. Les guérilleros qui en avaient la garde ont reçu ordre de réunir les 15 otages et de les livrer aux prétendus "humanitaires". Ingrid Betancourt raconte la suite.
Devant le micro installé au pied de l'avion, les militaires défilent d'abord. Ils disent merci à l'armée "qui ne les a jamais oubliés". Ils se disent fiers d'appartenir à l'institution militaire. Ils disent que la victoire contre les FARC est désormais assurée. Pas un mot personnel : ils semblent répéter une leçon bien apprise. L'un d'eux a sur l'épaule un drôle de petit écureuil rapporté de la forêt.
Puis c'est le tour d'Ingrid Betancourt. Elle prend son souffle : "J'ai tant attendu ce moment, j'espère que je vais pouvoir parler", dit-elle. Elle remercie d'abord Dieu et la vierge – qu'elle a "si souvent priés" au cours de son calvaire. Puis elle a un mot pour tous ceux qui l'ont accompagnée dans ses prières pendant toutes ces années. Elle le redit, émue, en français. Puis elle remercie avec effusion "l'armée de [sa] patrie" et le président Alvaro Uribe.
Elle raconte ensuite les détails de sa libération et comment elle-même a cru au subterfuge monté par l'armée. Lorsque les faux "humanitaires" – "des personnages surréalistes" – ont débarqué de leur hélicoptère blanc, Ingrid Betancourt s'étonne des sigles inconnus et des T-shirt à l'effigie de Che Guevara. Le découragement la prend à l'idée d'être transférée vers un autre campement. Les guérilleros font monter dans l'avion les otages menottés. Leur chef monte également.
"L'hélicoptère s'est envolé et, tout à coup, quelque chose s'est passé – je ne me suis pas bien rendu compte de quoi – et j'ai vu le commandant guérillero qui, pendant quatre ans avait été si cruel et si humiliant, je l'ai vu au sol, les yeux bandés (…) le chef de l'opération a dit : 'Nous sommes l'armée colombienne, vous êtes libres' et l'hélicoptère est presque tombé ! On a sauté, on a crié, on s'est embrassé, on pouvait pas le croire, c'est un miracle" .
Au fil de son récit, elle égrène ses émotions du jour et encore des remerciements : à ses compatriotes, à la France et aux Français, au président Chirac et à son ami Dominique de Villepin, à ses compagnons d'infortune – certains, dit-elle, lui ont sauvé la vie – et aux médias. " Vous, les médias, nous avez tant aidés ", dit Ingrid Betancourt aux journalistes. La radio est le seul contact des otages avec le monde extérieur. Elle conclut son intervention en évoquant la mémoire de tous ses compagnons d'infortune morts en captivité.
Les questions fusent. Ingrid Betancourt y répond avec grâce, parfois avec humour. Oui, elle a souhaité que l'armée tente un coup de force. " Face à l'enlèvement, c'est un moindre mal", explique-t-elle. Sa famille s'était farouchement opposée à un éventuel raid de l'armée. Que porte l'ex-otage dans son sac à dos ? Un dictionnaire, des lettres qu'elle espérait faire parvenir à a famille et "des bidules". Dans la jungle, on a si peu de choses que " tout devient important".
Regrette-t-elle ce jour fatal de février 2003 où, candidate à la présidence de la République, elle a décidé de prendre la route contre l'avis de l'armée ? Ingrid rappelle son engagement politique de l'époque et évoque l'idée de destin. "Si c'était à refaire, je le referais", conclut-elle.
Vise-t-elle encore la présidence de la République ? Ingrid crée à nouveau la surprise. Elle défend la réélection du président Alvaro Uribe qui a donné une continuité à la lutte contre les FARC. "Pour le moment, je ne suis qu'un soldat de mon pays au service de la paix", conclut-elle.
"C'est une grande dame et une grande politique qui nous est revenus de la fôret"
Le soir, Ingrid Betancourt et les 11 militaires libérés sont reçus au palais présidentiel. En leur compagnie et entouré de tous les ministres, Alvaro Uribe donne une brève conférence de presse. Il félicite les militaires, les "héros du jour". Il souligne qu'aucun coup de feu n'a été tiré au cours de la libération des otages, alors que l'armée aurait pu abattre une soixantaine de guérilleros complètement encerclés. Il réitère la disposition de son gouvernement à négocier la paix.
"Ma liberté est un miracle"
23 juin 2008
Discours de Sarkozy en Israël
source: le monde
Monsieur le Président de l'Etat d'Israël, Madame la Présidente de la Knesset, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Chef de l'Opposition, Madame la Présidente de la Cour Suprême, Mesdames et Messieurs les membres de la Knesset,
Il y a entre Israël et la France une amitié profonde qui a résisté depuis 60 ans à toutes les turbulences de l'Histoire.
Cette amitié, elle n'est pas due seulement à la vitalité de la communauté juive de France et à vitalité de la communauté francophone d'Israël qui forment comme un pont entre nos deux pays.
Elle est due aussi à quelque chose de plus profond, à la manière dont le judaïsme a influencé, nourri, enrichi la culture française, à l'inspiration que les Pères fondateurs d'Israël ont puisée dans les valeurs de l'universalisme français.
Elle est due aux liens étroits économiques, scientifiques, techniques, intellectuels, mais aussi tout simplement humains que nos deux peuples ont naturellement tissés ensemble.
Cette amitié, je suis venu la renouveler solennellement au nom du peuple français et je me réjouis de voir avec quelle chaleur, avec quel élan fraternel le peuple israélien y répond.
C'est popur moi une très grande émotion de prendre la parole aujourd'hui, ici, à Jérusalem, ville trois fois sainte, sainte pour les juifs, sainte pour les chrétiens, sainte pour les musulmans. J
Je mesure le très grand honneur que vous faites au Président de la République française de pouvoir s'adresser à votre Assemblée qui est le symbole d'une des plus authentiques démocraties du monde.
A travers vous, je m'adresse à tous les Israéliens dont les ancêtres pendant des siècles ont espéré qu'un jour il y aurait à nouveau une nation juive qui serait comme toutes les autres nations, libre enfin de choisir son destin, de décider par elle-même.
Je m'adresse au peuple d'Israël qui a choisi la démocratie et la liberté, et qui ne les doit à personne d'autre qu'à lui-même, à son courage, à son énergie, à son intelligence.
Je m'adresse aussi, au-delà, à tout le peuple juif, peuple si longtemps sans terre, sans institutions politiques, mais partageant la même attitude morale, la même conception de la vie, la même tradition, la même foi, la même espérance. Et que ni la violence, ni la haine n'ont pu faire renoncer aux valeurs universelles que les prophètes d'Israël ont enseignées à tous les hommes.
Aucun exil, aucune épreuve n'avait pu arracher de son cœur le souvenir de la Terre promise. Et après 19 siècles, chacun au sein de ce peuple dispersé sur toute la terre se disait encore : "je suis Juif, parce que, né d'Israël, et l'ayant perdu, je l'ai senti revivre en moi, plus vivant que moi-même".
Au nom du peuple français, je veux dire mon amitié et mon respect à ce grand peuple d'Israël qui a accompli la promesse que tous les Juifs depuis la dispersion se transmettaient de génération en génération de revenir en "ce lieu où naquit le peuple juif, où se forma son caractère spirituel, religieux et national".
Il y a 60 ans des femmes et des hommes dont le caractère s'était forgé au travers des pires épreuves de la vie, proclamèrent "la fondation de l'Etat juif dans le pays d'Israël". Herzl avait dit : "si vous le voulez ce ne sera pas une légende". Ils le voulurent et la résurrection d'Israël cessa d'être une légende pour devenir une réalité.
Je veux dire mon admiration pour ces femmes et pour ces hommes d'exception qui voulaient un Etat où seraient assurées "une complète égalité des droits sociaux et politiques pour tous les citoyens, sans distinction de croyance, de race, ou de sexe", "la pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture", "la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux Saints et des sanctuaires de toutes les religions".
Je veux dire mon respect pour l'idéal qui les animait. Le rêve qu'ils poursuivaient était grand, nourri par des siècles d'attente et par l'horreur qu'on lisait encore dans le regard halluciné des rescapés des camps d'extermination.
Croyants ou non croyants, chacun d'entre eux ce jour là ne put sans doute s'empêcher de se remémorer la parole biblique que tous les Juifs au monde n'avaient jamais cessé d'apprendre à leurs enfants : "Et l'Eternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d'Israël".
Mais l'Etat d'Israël ce n'est pas seulement l'accomplissement d'une promesse qui a toujours été au cœur de l'identité juive. Ce n'est pas seulement un retour aux sources, l'expression d'une nostalgie, la tentation de ressusciter un passé révolu. C'est un Etat moderne, tourné vers l'avenir. C'est un Etat à la fois national et tourné vers l'universel.
Car c'est un Etat qui n'appartient pas seulement à ses citoyens, mais aussi à tous ceux qui dans le monde se reconnaissent comme les héritiers du judaïsme.
Au milieu du malheur, ils n'ont jamais cessé d'espérer en un monde meilleur. Pour eux, il fut d'abord la preuve que cette espérance n'était pas vaine.
"Je ne revendique jamais mon origine juive que dans un cas
A ceux qui doutaient de son patriotisme, ce grand savant qui mourra assassiné par la Gestapo après avoir été torturé répondait simplement, comme auraient pu le faire tant d'autres : "Mon arrière-grand-père fut soldat en 1793 ; mon père en 1870 servit dans Strasbourg assiégé, j'ai été élevé dans le culte de ces traditions patriotiques dont les israélites de l'exode alsacien furent toujours les plus fervents mainteneurs ; et la France dont certains conspireraient volontiers à m'expulser aujourd'hui et peut-être - qui sait ? - y réussiront, demeurera quoiqu'il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur."
Ils sont encore des millions de Juifs aujourd'hui dans le monde qui éprouvent comme Marc Bloch, un attachement charnel à la patrie dont ils ont appris la langue, la culture, respiré l'air depuis leur enfance. Mais leur cœur ne peut pas rester insensible au destin d'Israël.
Parce que le destin de chaque Juif est lié au destin de tous les Juifs.
Parce que le fait qu'il y ait un Etat juif dans le monde dont la réussite soit aussi éclatante est pour chacun d'eux une source de dignité et de fierté.
Parce que chacun éprouve au fond de lui le sentiment que l'Etat d'Israël est le moyen par lequel le peuple juif peut de nouveau devenir acteur de sa propre histoire au lieu de la subir.
Parce qu'en Israël le judaïsme ne se définit pas par rapport à l'antisémitisme.
Parce que pour chacun c'est le foyer où il sait qu'il pourrait se réfugier si par malheur un jour il n'avait plus nulle part où aller.
Parce que pour tous il est le seul endroit au monde où il est sûr que l'on n'obligera jamais les Juifs à porter une étoile jaune, où l'on n'interdira pas aux Juifs de prendre l'autobus, de fréquenter les cinémas et les théâtres, d'occuper certains emplois, qu'on ne les obligera pas à habiter des quartiers pour les Juifs, à n'aller que dans des restaurants, des magasins, des écoles pour les Juifs.
L'Etat d'Israël est une réponse à l'interrogation angoissée que la petite Anne Franck a noté dans son journal : "j'ai espéré que ce pays deviendrait ma patrie, à moi l'apatride ; je l'espère encore".
C'est une réponse à la prière de Rutka, la petite juive polonaise : "je voudrais attacher des ailes à mes épaules pour m'élever très haut (…) m'envoler vers un endroit où il n'y aurait pas de ghetto".
L'Etat d'Israël appartient aussi à tous les hommes.
Parce que les valeurs qui le fondent sont universelles. Ces valeurs sont des valeurs de justice et de droit.
L'Etat d'Israël est une réponse à l'injustice que le peuple juif a subie si longtemps. Et cette injustice est un défi lancé à la conscience universelle.
Il n'y a aucun autre Etat dans le monde qui se soit construit sur autant de douleurs et sur autant d'espérance.
Il n'y a aucun autre Etat dans le monde dont l'existence même fut dès le départ à ce point liée à l'affirmation d'un idéal de justice et d'une volonté de vivre en paix.
Il n'y a aucun autre Etat dans le monde qui lors de sa naissance suscita autant d'espoir de la part de tous ceux qui n'avaient jamais cessé d'opposer les forces de l'esprit à la barbarie.
On ne peut pas penser à Israël sans penser à l'histoire du peuple juif. On ne peut pas penser à Israël sans se souvenir des pogroms, des wagons plombés, des chambres à gaz.
On ne peut pas penser à Israël sans penser au Capitaine Dreyfus devant ses juges, aux femmes qui mourraient du typhus dans les camps de la mort, à tous les enfants martyrs de Yad Vashem.
Mais l'histoire du peuple juif n'est pas seulement celle de ses malheurs. Il ne s'est pas contenté de subir. Il a constamment opposé à tous ceux qui voulaient l'anéantir, la force de son caractère, la puissance de sa pensée, la profondeur de sa culture, la vitalité de sa foi.
Il n'a pas laissé au monde que le souvenir de sa souffrance, il lui a donné aussi un trésor d'humanité et de savoir.
Où en serait la sagesse du monde sans les prophètes d'Israël ?
Où en seraient la philosophie, la physique, la littérature, l'économie, sans les penseurs, les savants, les artistes, les entrepreneurs juifs du monde entier qui ont œuvré à toutes les époques au sein de toutes les nations, de toutes les cultures, de toutes les civilisations ?
Où en serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein ?
Israël est un pays où chacun vient greffer sur le tronc commun sa propre langue, sa propre culture, sa propre sensibilité, sa propre histoire, où chacun vient donner le meilleur de lui-même pour le bien de tous.
En 60 ans ce que vous avez accompli est prodigieux. C'est dans la diversité, la vitalité, l'ouverture de la pensée, la force de création propre au judaïsme, que se trouve le secret de votre réussite d'Israël.
Le judaïsme c'est l'esprit prophétique qui ouvre l'avenir, qui appelle le progrès, qui réclame la justice.
Au milieu des difficultés de tous ordres, les fondateurs de l'Etat d'Israël se sont battus avec toute la force de leur cœur et de leurs bras pour qu'il survive. Le peuple français s'est rangé dès votre naissance à vos côtés, comme il sera toujours aux côtés de l'Etat d'Israël quand son existence sera menacée.
On en peut pas accepter que quiconque dise "il faut rayer de la carte Israël".
Aujourd'hui, et de plus en plus, cette menace a pris la forme du terrorisme. Aucun peuple ne peut vivre sous la menace du terrorisme. Le terrorisme ne s'explique pas. Le terrorisme ne se justifie pas. Le terrorisme se combat !
La France est pleinement engagée dans la lutte contre le terrorisme aux côtés de ses alliés et de ses amis. Elle sait que ce qui est en jeu, ce sont nos valeurs, notre civilisation.
Oui, la France est l'amie d'Israël et elle sera toujours à ses côtés lorsque sa sécurité et son existence seront menacées. Je ne transigerai jamais avec cela.
Et ceux qui appellent de manière scandaleuse à la destruction d'Israël trouveront toujours la France face à eux pour leur barrer la route.
Pour que les choses soient claires et qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, je veux dire que le programme nucléaire de l'Iran appelle une réaction d'une extrême fermeté de toute la communauté internationale. Israël n'est pas seul !
La France est déterminée à poursuivre avec ses partenaires une politique alliant des sanctions de plus en plus dures à l'ouverture, si Téhéran faisait le choix de respecter ses obligations internationales. Mais je le dis avec force : un Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable pour la France !
La France ne transigera jamais avec la sécurité d'Israël. Mais on doit la vérité à ses amis. La vérité c'est que la sécurité d'Israël ne sera véritablement assurée que lorsqu'à ses côtés, on verra enfin un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable.
La France est l'amie du peuple palestinien. Elle veut lui dire aussi la vérité. Et la vérité c'est que nul ne peut espérer rétablir les droits du peuple palestinien en niant ceux du peuple israélien et en appelant à la destruction d'Israël.
La vérité, c'est qu'il faut que ce conflit sans fin s'arrête, que cette violence cesse, que cette haine qui dresse les peuples les uns contre les autres s'éteigne.
Il le faut, parce que les seuls gagnants de cet affrontement sont le fanatisme, le fondamentalisme, le racisme et l'antisémitisme.
Il le faut parce qu'il y a eu trop de souffrances, trop de douleurs. Parce que Juifs et Musulmans, Israéliens et Palestiniens, tous partagent la même souffrance et la même douleur pour vos enfants.
Nous savons tous qu'il ne peut y avoir d'issue que dans la compréhension et dans le respect de l'autre. Nous savons tous que l'avenir, votre avenir et celui de vos voisins, ne peut se construire que sur le pardon et non sur la vengeance.
Je suis le représentant d'un pays qui a dû pardonner à ses voisins, qui a dû se réconcilier avec ses voisins.
Comme tous les peuples, le peuple israélien a le droit de vivre en sécurité dans des frontières reconnues et garanties. Comme tous les peuples, le peuple palestinien a le droit d'avoir un Etat et d'y exercer sa souveraineté.
Comme tous les peuples, le peuple israëlien et le peuple palestinien vivront en paix le jour où chacun aura le sentiment que justice lui est rendue et où leurs rapports seront fondés sur le droit et non plus sur la force.
Sans doute, cela demande-t-il de grands efforts à accomplir de part et d'autre. Car il ne peut y avoir de paix sous la menace du terrorisme. Il ne peut y avoir de reconnaissance mutuelle quand des roquettes tombent tous les jours sur des victimes innocentes.
Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt total et immédiat de la colonisation. Une proposition existe, soutenue par de nombreux membres de votre Knesset, pour l'adoption d'une loi qui inciterait au départ les colons de Cisjordanie, moyennant compensation et relogement en Israël. Oui, il faut créer le mouvement !
Il ne peut y avoir de paix si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. Mais pas de paix non plus si les Palestiniens sont empêchés de circuler, et tout simplement de vivre sur leur territoire.
Il ne peut y avoir de paix sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens dans le respect de l'identité d'Israël. Il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats et la garantie de la liberté d'accès aux Lieux Saints pour toutes les religions.
Vous êtes condamnés à vivre côte et côte.
Beaucoup de ces efforts, je le sais, seront difficiles et douloureux, moins douloureux malgré tout que le sang versé dans un affrontement sans fin.
Depuis 60 ans, des hommes et des femmes de bonne volonté comme votre Président, ont essayé de trouver le chemin de la paix et certains, comme Itzhak Rabin, l'ont payé de leur vie. Chacune de leurs initiatives, chacun de leurs gestes a permis de progresser.
La paix est faite avec l'Egypte, avec la Jordanie. Israël s'est retirée du Sinaï, du Liban et de Gaza. Il n'y a pas de geste inutile en faveur de la paix, et peut-être sommes-nous tout près du but puisque désormais, de nouveau, tout le monde se parle.
Et puisque la violence semble être suspendue, depuis quelques jours, à Gaza, je veux exprimer l'espoir de la libération, le plus vite possible du soldat Gilad Shalit, retenu en otage depuis près de deux ans, comme tous les prisonniers.
Je vous demande de nous faire confiance car nous voulons vous aider.
La France que tant de souvenirs lient à cette région du monde, la France qui aime et qui respecte tous les peuples du Moyen-Orient, la France veut apporter sa contribution à la paix. Elle est prête à organiser sur son sol tous les pourparlers qui pourraient y conduire, qu'il s'agisse de la négociation israélo-palestinienne, du dialogue syro-israélien ou des discussions qui devront reprendre, un jour prochain je l'espère, entre Israël et le Liban.
Sur ces trois volets du processus de paix, la France est prête à apporter sa garantie, prête à mobiliser sa diplomatie, ses ressources, ses soldats comme elle le fait déjà, avec d'autres partenaires européens, au Sud Liban. C'est dans cet esprit qu'elle exercera à partir du 1er juillet la Présidence de l'Union européenne, qu'elle travaillera au rehaussement des relations entre l'Union et Israël et participera au Quartet.
Je ne suis pas venu ici vous donner des leçons. C'est aux dirigeants du peuple d'Israël et à ceux du peuple palestinien qu'il appartient de faire la paix. Mais vous, les partenaires de la paix, vous devez savoir que vous pouvez compter sur l'Europe pour vous aider à aller vers un accord final, puis pour le mettre en œuvre.
Sécurité pour les deux Etats, compensation et relogement des réfugiés, appui à la construction d'un Etat de droit en Palestine, soutien économique et financier général à la paix et aux projets de développement, comme nous avions déjà commencé à le faire lors de la Conférence de Paris : à tous ces titres, l'Europe peut apporter une contribution décisive, vous aider, si vous le souhaitez, à faire ensemble preuve d'audace, de courage et d'imagination.
C'est dans cet esprit, aussi, que la France fera tout ce qui est dans son pouvoir pour faire aboutir le projet d'Union pour la Méditerranée qu'elle a proposé à tous les peuples de l'Europe et de la Méditerranée. L'enjeu est capital puisqu'il s'agit d'offrir un destin partagé à tous ces peuples.
Le 13 juillet prochain, le Sommet de Paris pour la Méditerranée donnera peut-être l'espoir que ce qui nous sépare finira par devenir un jour moins fort que ce qui nous rassemble
Israël, comme l'Autorité palestinienne, comme le Liban, comme la Syrie y trouveront leur place aux côtés de l'Egypte, de la Jordanie et de tous les pays du Maghreb arabe. Alors, peut-être, pourrons-nous espérer qu'un jour les enfants de la Méditerranée cesseront de se haïr et de vouloir dès la naissance venger les malheurs de leurs pères.
C'est dans cet esprit aussi que la France soutiendra de toutes ses forces les grands projets de développement économique régional chers au Président Shimon Péres. Oui, nous avons besoin de la "Vallée de la Paix" !
Au Moyen-Orient se mélangent et s'affrontent depuis des millénaires des peuples qui ont donné à l'humanité tout entière ce qu'il y a de plus élevé dans la pensée, de plus beau dans la religion, de plus important dans le savoir. Tous dans leurs prières parlent d'amour, de justice et de paix. Tous aiment la vie. Tous sont les enfants d'Abraham. Tous ont la Bible en partage.
Ayant bu à la même source, ayant partagé si souvent la même histoire, ils ont tout pour se comprendre et s'entendre.
Et cette terre pour laquelle ils se battent avec tant de désespoir, cette terre qui les a vus naître, cette terre où reposent leurs morts, cette terre dans laquelle s'inscrit le souvenir de leurs souffrances et de leurs joies qui se ressemblent tant, cette terre dont on pressent, en regardant ce qui a été accompli ici, en Israël, ce qu'elle pourrait donner à force d'intelligence, de travail et de courage, cette terre qui pourrait devenir un paradis pour tous et grâce à laquelle la misère pourrait être vaincue si elle n'était si souvent ruinée par la guerre, cette terre qui pourrait être si féconde si tous la travaillaient ensemble au lieu de verser sur elle le sang des innocents, cette terre devrait unir les peuples au lieu de les opposer.
En allant au fond d'eux-mêmes, en s'interrogeant sur leur histoire, leurs croyances, leurs valeurs, en regardant ce monument qui va être construit à Jérusalem par deux artistes français, ce livre de la paix pour les peuples du Livre, dans la ville du Livre, un jour prochain, j'en suis sûr, les femmes et les hommes de cette terre magnifique trouveront plus de raisons de se parler pour faire la paix que de se haïr pour continuer à s'affronter.
Juifs, chrétiens ou musulmans, ils se rappelleront la parole du Prophète Isaïe : "Je ferai de Jérusalem mon allégresse. Et de mon peuple ma joie. On n'y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. Ils bâtiront des maisons et les habiteront. Ils planteront des vignes et en mangeront les fruits. Ils ne travailleront plus en vain et ils n'auront plus des enfants pour les voir périr."
Je veux vous le dire du fond du cœur : quand on est fort on doit tendre la main. Quand on a fait le chemin que vous avez fait depuis 60 ans, on doit être les triomphateurs de la paix, on doit montrer le chemin.
La France ne vous abandonnera pas sur ce chemin.
Vive l'amitié franco-israélienne qui est une profonde et sincère amitié ! Vive la paix pour Israël et pour la Palestine qui est une nécessité pour la paix du monde !
25 avril 2008
Nicolas Sarkozy s'est attaché à justifier le "cap" suivi, tout en reconnaissant des "erreurs"
source: le monde
Nicolas Sarkozy s'est livré à un long exercice d'explication et de justification, jeudi 24 avril, lors d'un entretien télévisé organisé presque un an après son élection à la présidence de la République. En proie aux difficultés et à la baisse de sa popularité, il a reconnu, face des journalistes qui portaient volontiers la contradiction, des "erreurs", des "couacs ", et insisté sur les "difficultés" de sa tâche. Il a cherché à montrer la cohérence de ses réformes, mis en avant de premiers résultats qu'il juge concluants, en rappelant les objectifs qu'il continue de se fixer. C'est au nom de ceux-ci, de ses "responsabilités" et d'une conjoncture internationale dégradée qu'il a affiché de la fermeté sur de nombreux dossiers : les retraites, la suppression des postes d'enseignants, l'immigration. La seule véritable annonce est celle d'une généralisation, l'an prochain, du revenu de solidarité active, mais avec un budget moitié moindre que celui demandé par son inventeur, le haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch.
Près de 28 % des Français pensent que les réformes vont dans le bon sens, a rappelé Patrick Poivre d'Arvor (TF1). "Sans doute, on n'a pas assez expliqué, sans doute j'ai fait des erreurs. Je ne suis pas une personne à nier les choses. Est-ce qu'on peut bouger ce pays sans que ça provoque des mouvements ? Je m'imaginais bien que je ne passerai pas cinq ans à commenter des sondages excellents", a déclaré Nicolas Sarkozy. La vie des Français ne s'est "pas assez" améliorée en un an, a-t-il reconnu. Toutefois, si le "choc de confiance" promis n'a pas été au rendez-vous, c'est que "la France a eu à faire face à un quadruple choc", a-t-il expliqué : renchérissement du pétrole, crise des "subprimes", flambée de l'euro et des matières premières. "Le contexte international est difficile, raison de plus pour accélérer", selon lui. Il n'entend pas "hiérarchiser les réformes", rappelle qu'il en a lancé "cinquante-cinq", "parce que tout se tient", de l'école à l'emploi. "Le cap, il est assez simple : engager les changements nécessaire pour que la France puisse compter dans les grandes puissances du monde", a-t-il dit.
Rythme et lisibilité des réformes.
Sollicité à nouveau en fin d'émission sur la politique intérieure, il a admis l'"erreur" de ne pas avoir sanctionné les "couacs" de ses ministres, promettant que"cela ne se reproduira pas". Il a également admis "une part de responsabilité" dans l'exposition de sa vie privée.
POLITIQUE ÉCONOMIQUE Pouvoir d'achat.
"Ce qui m'atteint le plus, c'est les Français qui disent que j'agis pour les plus riches",
Revenu de solidarité active.
Chômage.
QUESTIONS DE SOCIÉTÉ Carte famille nombreuse
Immigration
Vote des étrangers en situation régulière aux élections locales.
Education
Retraites
OGM
QUESTIONS INTERNATIONALES Chine
Entrée de la Turquie dans l'Union européenne. "à côté de l'Afghanistan, il y a le Pakistan qui a la bombe atomique et si on laisse tomber l'Afghanistan, le Pakistan tombera comme un chateau de cartes". Proche-Orient
Afghanistan. Le chef de l'Etat a dit refuser de discuter avec les talibans"moyenâgeux", car "nous n'aurions pas grand chose à nous dire". Il a justifié l'envoi de renforts parce qu'
11 avril 2008
Procès - Royal doit verser leurs salaires à 2 ex-collaboratrices
La Cour d'appel de Rennes a donné raison jeudi à deux ex-attachées parlementaires de Ségolène Royal, qui réclamaient depuis 1997 le versement de plusieurs mois de salaires non payés, a-t-on appris de source judiciaire. "Je suis entièrement satisfaite de la décision de justice qui a reconnu qu'il y avait licenciement abusif. Je voulais juste récupérer mes bulletins de salaires et la somme correspondante", a indiqué l'une des ex-assistantes, Evelyne Pathouot. Ce n'est absolument "pas une vengeance envers Mme Royal", selon elle.
Les faits remontent à 1997 lorsque, après la dissolution de l'Assemblée nationale, Ségolène Royal avait licencié, comme tous ses collègues députés, ses collaboratrices, attachées parlementaires. Les deux femmes l'avaient ensuite attaquée devant le conseil des prud'hommes de Niort, affirmant avoir continué à travailler pour elle pendant la campagne puis jusqu'en juillet, après son entrée dans le gouvernement Jospin.
Le conseil des prud'hommes avait accédé à leur demande, mais uniquement sur une période d'environ trois semaines, le temps de la campagne électorale. Insatisfaites, elles avaient alors saisi la Cour d'appel de Poitiers qui, en février 2005, avait confirmé cette décision. L'arrêt avait ensuite été cassé en janvier 2007 par la chambre sociale de la Cour de cassation parce que la Cour d'appel n'avait pas pris en compte de nouvelles pièces versées par les deux plaignantes. L'affaire avait alors été renvoyée devant la Cour d'appel de Rennes.






