blog non officiel de Nicolas Sarkozy

présidentielle 2007 en France

05 février 2009

Nicolas Sarkozy "face à la crise"

source: le monde
sa1021:49 -  "Mon métier est très difficile"
"Mon métier est très difficile", explique Nicolas Sarkozy, qui dit avoir des "doutes" sur un éventuel second mandat. "Je ne prends aucun engagement dans un sens ou dans l'autre." "Je ne suis même pas à la moitié de mon premier mandat, rappelle-t-il. Je n'ai pas à me projeter, j'ai à faire le boulot."

21:45 - "Rachida Dati reviendra au gouvernement"
"Rachida Dati est remarquable. Elle a fait les peines-plancher, elle a réformé la carte judiciaire." Il réfute toute sanction contre sa ministre de la justice, qui "reviendra au gouvernement". Quant à Rama Yade, "c'est dommage" qu'elle n'ait pas voulu se présenter aux élections européennes.

21:44 - "Le service minimum, ça marche"
A propos de la journée de mobilisation du 29 janvier : "Quelque chose a changé dans le pays, le service minimum, ça marche !" Le président déplore en revanche "l'attitude de Bertrand Delanoë, qui a refusé de l'appliquer".

21:42 - Sur le statut des enseignants-chercheurs, "on est prêt à évoluer"
"A la fin de mon quinquennat, on aura augmenté de 33 % les crédits mis pour chaque étudiant", assure le président, qui parle d'une "priorité absolue". Sur le statut des enseignants-chercheurs, "on est prêt à évoluer sur certaines modalités".

21:39 - Nomination du président de France Télévisions : "de la transparence"
Sur la réforme de l'audiovisuel : "Ce n'est pas le président qui décide de la nomination du président de France Télévisions, c'est le gouvernement", explique Nicolas Sarkozy, qui énumère les maillons de la chaîne de nomination qui font qu'il n'est pas seul décisionnaire. "Nous passons d'un système d'hypocrisie à un système de transparence."

21:37 - "Quand on est préfet, on est responsable"
Interrogé sur la mutation-sanction du préfet de la Manche, après une visite présidentielle mouvementée à Saint-Lô, M. Sarkozy assure : "Il y a une erreur qui a été faite par le préfet : il avait tous les effectifs à sa disposition et il n'a pas garanti l'ordre public", assure le président, évoquant des "brutalités". "Le principe de responsabilité doit s'appliquer aux hauts fonctionnaires."

21:33 - "Vous croyez vraiment que de Gaulle ne décidait pas ?"
"Vous croyez vraiment que le général de Gaulle ne décidait pas ?", demande le chef de l'Etat pour justifier son style présidentiel. Il passe en revue les présidents de la Ve République, tous des "patrons", des "leaders". Se représenter à la présidence ? "On peut mais ce n'est pas une obligation."

21:31 - Kouchner ? "Le petit système médiatique s'emballe"
"M. Kouchner a-t-il des ennuis avec la police ?", interroge le président pour défendre son ministre des affaires étrangères, mis en cause dans le livre de Pierre Péan. "Le petit système médiatique s'emballe", accuse M. Sarkozy, qui dit "croire" son ministre quand celui-ci récuse tout conflit d'intérêts. "C'est un homme à qui on peut faire confiance."

21:28 - Sarkozy veut "bouger" sur la TVA dans la restauration
Le président veut un système de TVA réduite pour tous les produits "propres". Et "tous les produits culturels à 5,5 %". M. Sarkozy veut aussi "bouger" sur la TVA dans la restauration.

21:26 - L'élection d'Obama : "fantastique"
"Barack Obama viendra en France", indique M. Sarkozy, qui, rappelant la ségrégation des années 1960, qualifie l'élection du président américain de "fantastique".

21:25 - "Revoir les relations de la France avec Andorre et Monaco"
En évoquant la question des paradis fiscaux, le chef de l'Etat annonce qu'il souhaite revoir les relations de la France avec Andorre et Monaco.

21:23 - "Les gens se révolteront"
Hedge funds, régulation, paradis fiscaux... Le président veut des résultats, "sinon les gens se révolteront et ils auront raison", prévient le président.

21:19 - "Pour financer la dépense publique, il faut des impôts"
"Ce n'est pas en embauchant plus de fonctionnaires qu'on résout les problèmes", assure M. Sarkozy, citant l'école ou l'hôpital. Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera donc maintenu. Cette mesure doit aussi permettre de diminuer le poids de la dépense publique. "Pour financer la dépense publique, il faut des impôts", ajoute le chef de l'Etat, qui se "refuse" à augmenter ces derniers.

21:15 - Relance par la consommation ou investissement ?
"Si le consommateur ne consomme plus, c'est qu'il a peur pour l'emploi", dit M. Sarkozy pour justifier son choix de la relance par l'investissement. "Un point de TVA" en plus ou en moins, "ça ne joue pas".

21:13 - "Un ordre mondial pour contrôler le marché"
"Je veux que dans la zone euro, on coordonne nos efforts", affirme le président. Par ailleurs, le président souhaite que les Vingt-Sept aient une position commune sur la refonte du capitalisme. Avec comme objectif général : que les institutions financières soient contrôlées ; que la titrisation à outrance cesse ; que les paradis fiscaux soient bridés ; que les agences de notation soient elles aussi contrôlées. 21:03 -  "Je retournerai à Gandgrange"
"Un seul four a été fermé alors que la production d'acier dans le monde a été divisée par deux", se défend M. Sarkozy, accusé d'avoir déçu les espoirs des sidérurgistes. Selon lui, les engagements de Lakshmi Mittal ont été "tenus". Seul échec, selon le président : Poweo ne viendra pas sur le site. "Je retournerai à Gandrange", dit le président.

21:01 - "0 centime de bonus pour les dirigeants des grandes banques"
"Cette année, il y aura 0 centime de bonus pour les dirigeants des grandes banques." C'est le "moins qu'on puisse faire", estime le président, qui se dit toutefois opposé "à toute règle générale" : "si les dirigeants sont bons, il est normal qu'ils gagnent beaucoup d'argent".

20:59 - Sarkozy veut que la Cour des comptes enquête sur les fonds accordés aux banques
Sarkozy va demander au président de la Cour des comptes, Philippe Seguin, de «conduire un certain nombre d'enquêtes» sur la bonne utilisation des fonds accordés aux banques pour faire face à la crise.

20:57 - Supprimer la taxe professionnelle devrait coûter "huit milliards d'euros"
La suppression de la taxe professionnelle en 2010 devrait coûter "huit milliards d'euros". Parmi les pistes de financement, il évoque "la taxe carbone". Des "contreparties" seront demandées aux industriels, indique-t-il sans plus de précisions.

20:54 - Pas de taxe professionnelle en 2010
Au-delà des effets de la crise, Nicolas Sarkozy relève les "erreurs commises en amont", notamment la délocalisation d'usines produisant des voitures vendues en France. "Je veux qu'on arrête les délocalisations", dit le président. Pour cela, "on supprimera la taxe professionnelle en 2010", et ce dans tous les secteurs.

20:49 - L'entreprise et ses richesses
Comment mieux partager les richesses dans l'entreprise, s'interroge ensuite Nicolas Sarkozy. Il évoque une recherche de rentabilité "invraisemblable". Il faudra arbitrer entre l'actionnaire et le salarié. Ce sera l'un des thèmes évoqués le 18 février, et l'objet de discussions pendant trois à six mois. A titre "personnel", il estime que la "règle des trois tiers est une bonne règle" (33 % pour les salaires, 33 % pour les bénéfices, 33 % pour les investissements).

20:46 - Le président recevra les partenaires sociaux le 18 février
Comme cela avait été annoncé après la journée de grève du 29 janvier, le président rencontrera les partenaires sociaux le 18 février.

20:41 - "Supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu"
"Comment aider les classes moyennes ?", s'interroge le chef de l'Etat, qui avance plusieurs hypothèses, présentées sous la forme de "questions", de "pistes" : - Supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu, qui "concerne deux millions de contribuables" ; - Augmenter les allocations familiales ; - Offrir des chèques emploi-service aux personnes âgées ou aux personnes seules.

20:40 - Mieux protéger les jeunes
Il souhaite que les jeunes entrés de fraîche date dans la vie professionnelle soient mieux indemnisés. "C'est à moi de protéger les gens."

20:38 - Le chômage partiel "indemnisé à plus de 60 % du salaire brut"
Le président souhaite que le chômage partiel soit "indemnisé à plus de 60 % du salaire brut", contre 50 % aujourd'hui. Il réunira les partenaires sociaux bientôt pour aboutir à cette réforme.

20:32 - "Garantir la croissance pour sauver des emplois"
"Nous devons garantir la croissance pour sauver des emplois", explique M. Sarkozy. Il détaille ensuite certaines des mesures du plan de relance qui "donneront du travail à nos entreprises et sauveront des emplois". Le président s'estime "incapable" de chiffrer le nombre de ces emplois sauvés.

20:30 - Témoignages
Après quelques questions d'"introduction", place à de nouveaux témoignages de Français.

20:28 - Réforme du lycée
"Si on doit arrêter chaque réforme quand il y a une manifestation, on ne réformera rien", explique-t-il à propos de la réforme du lycée. Il explique le report de cette réforme par un manque d'"explications".

20:25 - "Malentendus"
"Les réformes restent d'actualité", assure le président. Il évoque des "malentendus" pour parler des réformes qui ont été retirées : fichier Edvige, réforme du lycée... Cette dernière sera menée à bien, affirme-t-il.

20:22 - Quelles priorités pour le quinquennat ?
"Le cœur de ma campagne a été la réhabilitation du travail. C'est toujours mon objectif", assure M. Sarkozy. 20:21 -  Le sauvetage des banques
Le président rappelle les sommes mobilisées pour relancer l'économie et soutenir les banques. L'argent prêté à ces dernières "n'a pas coûté un centime aux Français et rapportera de l'argent". M. Sarkozy annonce que l'intégralité des revenus des intérêts perçus en 2009 sur les fonds prêtés aux banques en difficulté, soit 1,4 milliard d'euros, sera utilisé pour financer des mesures sociales.

20:20 - "Le premier responsable"
"Il est normal que les gens se tournent vers le premier responsable et je n'ai pas l'intention d'évacuer ma responsabilité."

20:18 - "Je comprends l'inquiétude des Français"
"Nous avons affaire à une crise comme le monde n'en a jamais connue depuis un siècle. Je comprends l'inquiétude des Français", dit le président, comme il l'avait assuré au soir des manifestations du 29 janvier.

20:16 - Témoignages
Le président entend se livrer à une entreprise de pédagogie. Des témoignages de Français recueillis dans les cortèges du 29 janvier sont diffusés.

20:11 - 90 minutes d'interview
Ce grand oral, intitulé "Face à la crise" est animé par quatre journalistes - Laurence Ferrari (TF1), David Pujadas (France 2), Alain Duhamel (RTL) et Guy Lagache (M6). Il durera 1 h 30.

20:00 - Nicolas Sarkozy "face à la crise"
Retrouvez en direct les citations et les annonces marquantes des 90 minutes d'interview du chef de l'Etat.

Posté par pyth à 22:36 - présidence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 septembre 2008

Le discours de Nicolas Sarkozy à Toulon

source: le monde

 

sa2Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le Maire de Toulon, cher Hubert Falco, Mes chers amis,

Si j'ai voulu m'adresser ce soir aux Français, c'est parce que la situation de notre pays l'exige. Je mesure la responsabilité qui est la mienne dans les circonstances exceptionnelles où nous nous trouvons.
Une crise de confiance sans précédent ébranle l'économie mondiale. De grandes institutions financières sont menacées, des millions de petits épargnants dans le monde qui ont placé leurs économies à la Bourse voient jour après jour fondre leur patrimoine, des millions de retraités qui ont cotisé à des fonds de pension craignent pour leurs retraites, des millions de foyers modestes sont mis en difficulté par la hausse des prix.
Comme partout dans le monde, les Français ont peur pour leurs économies, pour leur emploi, pour leur pouvoir d'achat.
La peur est une souffrance. La peur empêche d'entreprendre, de s'engager. Quand on a peur, on n'a pas de rêve, on ne se projette pas dans l'avenir. La peur est la principale menace qui pèse aujourd'hui sur l'économie.
Il faut vaincre cette peur. C'est la tâche la plus urgente. On ne la vaincra pas, on ne rétablira pas la confiance en mentant mais en disant la vérité.
La vérité, les Français la veulent, ils sont prêts à l'entendre. S'ils ont le sentiment qu'on leur cache quelque chose, le doute grandira. S'ils ont la conviction qu'on ne leur cache rien, ils puiseront en eux-mêmes la force de surmonter la crise.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise n'est pas finie, que ses conséquences seront durables, que la France est trop engagée dans l'économie mondiale pour que l'on puisse penser un instant qu'elle pourrait être à l'abri des évènements qui sont en train de bouleverser le monde. Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire d'abord la vérité sur la crise financière. Parce que cette crise, sans équivalent depuis les années 30, marque la fin d'un monde qui s'était construit sur la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide. Il avait été porté par un grand rêve de liberté et de prospérité.
La génération qui avait vaincu le communisme avait rêvé d'un monde, où la Démocratie et le marché résoudraient tous les problèmes de l'humanité. Elle avait rêvé d'une mondialisation heureuse qui vaincrait la pauvreté et la guerre.
Ce rêve a commencé à devenir réalité  : les frontières se sont ouvertes, des millions d'hommes ont été arrachés à la misère, mais le rêve s'est brisé sur le retour des fondamentalismes religieux, des nationalismes, des revendications identitaires, sur le terrorisme, les dumpings, les délocalisations, les dérives de la finance globale, les risques écologiques, l'épuisement annoncé des ressources naturelles, les émeutes de la faim.
Une certaine idée de la mondialisation s'achève avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir.
L'idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle.
Pendant plusieurs décennies on a créé les conditions dans lesquelles l'industrie se trouvait soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme. On a caché les risques toujours plus grands qu'on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de plus en plus de risques inconsidérés. On a fait semblant de croire qu'en mutualisant les risques on les faisait disparaître. On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l'épargne au profit du développement économique et d'analyser le risque du crédit. On a financé le spéculateur plutôt que l'entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d'assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d'amortir le choc.
C'était une folie dont le prix se paie aujourd'hui !
Ce système où celui qui est responsable d'un désastre peut partir avec un parachute doré, où un trader peut faire perdre cinq milliards d'Euro à sa banque sans que personne s'en aperçoive, où l'on exige des entreprises des rendements trois ou quatre fois plus élevés que la croissance de l'économie réelle, ce système a creusé les inégalités, il a démoralisé les classes moyennes et alimenté la spéculation sur les marchés de l'immobilier, des matières premières et des produits agricoles.
Mais ce système, il faut le dire parce que c'est la vérité, ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme.
L'économie de marché c'est le marché régulé, le marché mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. Ce n'est pas la loi de la jungle, ce n'est pas des profits exorbitants pour quelques-uns et des sacrifices pour tous les autres. L'économie de marché c'est la concurrence qui réduit les prix, qui élimine les rentes et qui profite à tous les consommateurs.
Le capitalisme ce n'est pas le court terme, c'est la longue durée, l'accumulation du capital, la croissance à long terme.
Le capitalisme ce n'est pas la primauté donnée au spéculateur. C'est la primauté donnée à l'entrepreneur, la récompense du travail, de l'effort, de l'initiative.
Le capitalisme ce n'est pas la dilution de la propriété, l'irresponsabilité généralisée. Le capitalisme c'est la propriété privée, la responsabilité individuelle, l'engagement personnel, c'est une éthique, une morale, des institutions.
Le capitalisme c'est ce qui a permis l'essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles.
La crise financière n'est pas la crise du capitalisme. C'est la crise d'un système qui s'est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme, qui a trahi l'esprit du capitalisme.
Je veux le dire aux Français  : l'anticapitalisme n'offre aucune solution à la crise actuelle. Renouer avec le collectivisme qui a provoqué dans le passé tant de désastres serait une erreur historique.
Mais ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s'il ne s'était rien passé serait aussi une erreur historique.
Nous pouvons sortir plus forts de cette crise. Si nous acceptons de changer nos manières de penser et nos comportements. Si nous faisons l'effort nécessaire pour nous adapter aux réalités nouvelles qui s'imposent à nous. Si nous agissons au lieu de subir.

La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle.
Il faut un nouvel équilibre entre l'Etat et le marché, alors que partout dans le monde les pouvoirs publics sont obligés d'intervenir pour sauver le système bancaire de l'effondrement.

Un nouveau rapport doit s'instaurer entre l'économie et la politique à travers la mise en chantier de nouvelles réglementations.

L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laissez-faire, c'est fini. Le marché qui a toujours raison, c'est fini.
Il faut tirer les leçons de la crise pour qu'elle ne se reproduise pas. Nous venons de passer à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer.

Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité.

Je n'hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d'abus, trop de scandales.

Alors ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien nous réglerons le problème par la loi avant la fin de l'année.

Les dirigeants ne doivent pas avoir le statut de mandataire social et bénéficier en même temps des garanties liées à un contrat de travail. Ils ne doivent pas recevoir d'actions gratuites. Leur rémunération doit être indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise. Ils ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté. Et si les dirigeants sont intéressés au résultat, les autres salariés doivent l'être aussi. S'ils ont des stocks options, les autres salariés doivent en avoir aussi ou à défaut bénéficier d'un système d'intéressement.
Voilà quelques principes simples qui relèvent du bon sens et de la morale élémentaire sur lesquels je ne céderai pas.
Les dirigeants perçoivent des rémunérations élevées parce qu'ils ont de lourdes responsabilités. Mais on ne peut pas vouloir être très bien payé et ne pas vouloir assumer ses responsabilités.
C'est encore plus vrai dans la finance que partout ailleurs. Comment admettre que tant d'opérateurs financiers s'en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis en menant tout le système financier à la faillite ?
Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement. L'impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables. Qui pourrait accepter une telle injustice ?
Il faut ensuite réglementer les banques pour réguler le système. Car les banques sont au cœur du système.
Il faut cesser d'imposer aux banques des règles de prudence qui sont d'abord une incitation à la créativité comptable plutôt qu'à une gestion rigoureuse des risques. Ce qu'il faudra dans l'avenir, c'est contrôler beaucoup mieux la façon dont elles font leur métier, la manière dont elles évaluent et dont elles gèrent leurs risques, l'efficacité de leurs contrôles internes…
Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation.
La crise devrait amener à une restructuration de grande ampleur de tout le secteur bancaire mondial. Compte tenu de ce qui vient de se passer et de l'importance de l'enjeu pour l'avenir de notre économie, il va de soi qu'en France l'Etat y jouera un rôle actif.

Il va falloir s'attaquer au problème de la complexité des produits d'épargne et de l'opacité des transactions de façon à ce que chacun soit en mesure d'évaluer réellement les risques qu'il prend.

Mais il faudra bien aussi se poser des questions qui fâchent comme celle des paradis fiscaux, celle des conditions dans lesquelles s'effectuent les ventes à découvert qui permettent de spéculer en vendant des titres que l'on ne possède pas ou celle de la cotation en continu qui permet d'acheter et de vendre à tout moment des actifs et dont on sait le rôle qu'elle joue dans les emballements du marché et les bulles spéculatives.

Il va falloir s'interroger sur l'obligation de comptabiliser les actifs aux prix du marché qui se révèlent si déstabilisant en cas de crise.

Enfin, il va falloir se décider à contrôler les agences de notation qui ont été défaillantes, et faire en sorte que plus aucune institution financière, et plus aucun fonds ne soit en mesure d'échapper au contrôle d'une autorité de régulation.

Mais la remise en ordre du système financier ne serait pas complète si en même temps on ne cherchait pas à mettre un terme au désordre des monnaies.
La monnaie est au cœur de la crise financière comme elle est au cœur des distorsions qui affectent les échanges mondiaux. Et si l'on n'y prend pas garde le dumping monétaire finira par engendrer des guerres commerciales extrêmement violentes et ouvrira ainsi la voie au pire des protectionnismes. Car le producteur français peut faire tous les gains de productivité qu'il veut, il peut à la rigueur concurrencer les bas salaires des ouvriers chinois, mais il ne peut pas compenser la sous-évaluation de la monnaie chinoise. Notre industrie aéronautique peut être aussi performante que possible, elle ne peut pas lutter contre l'avantage de compétitivité que la sous-évaluation du dollar donne aux constructeurs américains.

Je redis donc, à quel point il me paraît nécessaire que les chefs d'Etat et de gouvernement des principaux pays concernés se réunissent avant la fin de l'année pour tirer les leçons de la crise financière et coordonner leurs efforts pour rétablir la confiance. J'ai fait cette proposition en plein accord avec la chancelière allemande, Madame Merkel, avec qui je m'en suis entretenu et qui partage les mêmes préoccupations à propos de la crise financière et sur les leçons qu'il va falloir en tirer.
Je suis convaincu que le mal est profond et qu'il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton-Woods après la Seconde Guerre Mondiale, afin de créer les outils d'une régulation mondiale que la globalisation et la mondialisation des échanges rendent désormais nécessaires. On ne peut pas continuer de gérer l'économie du XXIème siècle avec les instruments de l'économie du XXème. On ne peut pas davantage penser le monde de demain avec les idées d'hier.
Quand les banques centrales font tous les jours toute la trésorerie des banques et quand le contribuable américain s'apprête à dépenser mille milliards de dollars pour éviter la faillite généralisée, il me semble que la question de la légitimité des pouvoirs publics à intervenir dans le fonctionnement du système financier ne se pose plus !
Oui, il arrive que l'autorégulation soit insuffisante. Oui, il arrive que le marché se trompe. Oui, il arrive que la concurrence soit inefficace ou déloyale. Alors il faut bien que l'Etat intervienne, qu'il impose des règles, qu'il investisse, qu'il prenne des participations, pourvu qu'il sache se retirer quand son intervention n'est plus nécessaire.
Rien ne serait pire qu'un Etat prisonnier de dogmes, enfermé dans une doctrine qui aurait la rigidité d'une religion. Imaginons où en serait le monde si le gouvernement américain était resté sans rien faire face à la crise financière sous prétexte de respecter je ne sais quelle orthodoxie en matière de concurrence, de budget ou de monnaie ?
En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d'agir s'impose à tous, j'appelle l'Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l'urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. Elle doit se donner les moyens d'agir quand la situation l'exige et non se condamner à subir. Si l'Europe veut préserver ses intérêts. Si elle veut avoir son mot à dire dans la réorganisation de l'économie mondiale. Si elle veut se donner les moyens de sortir renforcée et non pas affaiblie de la crise actuelle, elle doit engager une réflexion collective sur sa doctrine de la concurrence qui n'est, à mes yeux, qu'un moyen et non une fin en soi, sur sa capacité à mobiliser des ressources pour préparer l'avenir, sur les instruments de sa politique économique, sur les objectifs assignés à la politique monétaire. Je sais que c'est difficile parce que l'Europe c'est 27 pays, mais quand le monde change, l'Europe doit changer aussi. Elle doit être capable de bousculer ses propres dogmes. Elle ne peut pas se trouver condamnée à être la variable d'ajustement de toutes les autres politiques dans le monde parce qu'elle ne se serait pas donnée les moyens d'agir. Si ce qui s'est passé aux Etats-Unis s'était passé en Europe, avec quelle rapidité, avec quelle force, avec quelle détermination l'Europe aurait-elle fait face à la crise ? Pour tous les Européens il est entendu que la meilleure réponse à la crise devrait être européenne. En tant que Président de l'Union, je proposerai des initiatives en ce sens dès le prochain conseil européen.
S'agissant de notre pays, je le dis aux Français qui craignent pour leurs économies déposées dans les banques et les établissements financiers  : les banques françaises paraissent en mesure de surmonter les difficultés actuelles, mais si elles devaient êtres mises en difficulté par la spéculation, je n'accepterais pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements. Les épargnants qui ont eu confiance dans les banques, dans les compagnies d'assurance, dans les institutions financières de notre pays ne verront pas leur confiance trahie. Ils ne payeront pas pour les erreurs des dirigeants et l'imprudence des actionnaires.
C'est un engagement solennel que je prends ce soir  : quoi qu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français.

Je le dis avec la même détermination  : si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d'assurer leur trésorerie, l'Etat interviendrait pour que ces financements puissent être assurés. Il le ferait par des cautions, par des garanties, par des apports en capital ou par une modification de la réglementation bancaire, mais il le ferait pour éviter que par un engrenage fatal l'économie privée de financements s'enfonce durablement dans la récession.

Bien que les ménages français soient en moyenne beaucoup moins endettés que dans la plupart des autres pays développés, l'accès au logement et à la propriété risquent d'être rendus plus difficile du fait de la contraction du crédit, de la hausse des taux d'intérêt et de la diminution d'une offre déjà insuffisante pour répondre aux besoins. La loi de mobilisation pour le logement sera adoptée en urgence. J'y ajouterai des mesures fortes pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien et pour que des terrains appartenant au secteur public soient libérés pour y construire de nouveaux logements, ce qui contribuera à la baisse des prix qui avaient atteint des niveaux excessifs.
Face au ralentissement de l'activité se pose naturellement la question de la relance de notre économie. Cette relance nous l'avons engagée bien avant tous les autres avec les mesures prises il y a un an sur les heures supplémentaires, les intérêts d'emprunt immobilier, les droits de succession, le crédit d'impôt recherche, auxquels se sont ajoutées d'autres mesures importantes comme le déblocage de la participation. Ce soutien apporté à l'activité nous a permis de mieux résister à la crise.

Mais si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterais pas à prendre les mesures nécessaires pour la soutenir. Aujourd'hui il faut du sang froid. Se garder de réactions précipitées mais en même temps être prêt à la réactivité.

La crise actuelle est une crise structurelle. Les changements qu'elle annonce sont profonds. A cette crise structurelle doit répondre une politique structurelle. Le monde change. Nous devons changer avec lui. Nous devons même autant que faire se peut, anticiper le changement. La crise appelle à accélérer le rythme des réformes non à le ralentir.
Je veux dire aux Français qu'il n'existe aucune solution miracle qui permettrait à notre pays de se dispenser des efforts nécessaires pour surmonter la crise.
Il faut bien sûr d'abord penser aux plus vulnérables dont la vie devient trop dure et qui souffrent. C'est dans les moments de crise que la solidarité avec ceux qui sont en difficulté doit être la plus forte. C'est la raison pour laquelle, j'ai pris la décision de créer le RSA, d'augmenter le minimum vieillesse, les pensions de réversion les plus modestes et pour les titulaires de minima sociaux, dont le pouvoir d'achat n'est pas garanti contrairement aux allocations familiales et aux retraites, d'accorder une prime exceptionnelle pour compenser le retard sur l'évolution réelle des prix.
Quand on veut dire la vérité aux Français, il faut la leur dire jusqu'au bout et la vérité c'est que l'Etat ne peut pas indéfiniment financer ses dépenses courantes et ses dépenses de solidarité par l'emprunt. Il faut bien un jour payer ses dettes.

L'argent de l'Etat c'est l'argent des Français. Ils ont travaillé trop dur pour le gagner pour que l'on ait le droit de le gaspiller.
Pour retrouver des marges de manœuvre pour préparer l'avenir, les dépenses de fonctionnement de l'Etat doivent diminuer. L'année prochaine c'est un total sans précédent de 30 600 emplois qui seront supprimés dans la fonction publique. La révision générale des politiques publiques continuera à produire ses effets. La réforme de l'hôpital permettra d'améliorer l'accès aux soins et leur qualité tout en supprimant des dépenses inutiles. Les agents hospitaliers seront intéressés à l'équilibre de leur budget et partout les fonctionnaires seront associés aux gains de productivité dans la fonction publique. C'est une véritable révolution culturelle qui se met ainsi en place et qui va modifier en profondeur les comportements.
Après la remise à plat de la carte judiciaire et les restructurations militaires, il faut aller plus loin dans la réorganisation de nos administrations et de nos services publics. Nous allons engager la deuxième étape de la réforme de l'Etat dès l'année prochaine.
Le grand chantier de la réforme de nos administrations locales sera ouvert dès le mois de janvier. Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales dont le nombre et l'enchevêtrement des compétences est une source d'inefficacité et de dépenses supplémentaires. La compétitivité de notre économie est capitale. Elle ne peut supporter un poids excessif de dépenses publiques.
Mais dans la situation où se trouve l'économie je ne conduirai pas une politique d'austérité qui aggraverait la récession. Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français. Mon objectif est de rendre du pouvoir d'achat aux Français non de leur en prendre.
Je n'accepterai pas d'augmenter les charges qui pèsent sur les entreprises parce que ce serait affaiblir leur compétitivité quand, au contraire, il faudrait la renforcer. Faire payer les entreprises sous prétexte que ce serait indolore, ce serait commettre une lourde erreur économique du type de celle qui fut faite au milieu des années 70 lors du premier choc pétrolier, avec les résultats désastreux que l'on sait.
La France ne s'en sortira pas en investissant moins mais en investissant plus. C'est la raison pour laquelle désormais de nouveaux investissements seront exonérés de la taxe professionnelle qui les pénalise. Une grande concertation sera organisée avec les collectivités locales pour que soient trouvée une ressource de remplacement qui ait moins d'effets nocifs sur l'économie. Mais cette réforme indispensable ne sera pas différée.

La France s'en sortira non en travaillant moins mais en travaillant plus. Tout doit être fait pour encourager le travail que depuis des décennies on s'efforce par tous les moyens de décourager.
Avec la réforme des 35 heures, avec la détaxation des heures supplémentaires, le maintien des exonérations de charges sur les bas salaires, l'instauration du RSA, la relance à venir de la participation et de l'intéressement, c'est toujours le même but qui est poursuivi  : faire en sorte que le travail coûte moins cher à l'entreprise, que le travail paye, que le travail soit libéré.
La crise doit nous inciter à aller plus loin et plus vite dans les réformes qui contribuent à réhabiliter la valeur travail au moment même où le modèle d'une finance spéculative s'effondre.
La loi à venir sur la participation et l'intéressement s'inscrit exactement dans cette perspective de rééquilibrage entre le capital et le travail. Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail créent la richesse, redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs sans alourdir les charges fixes de l'entreprise et ainsi remettre le capitalisme à l'endroit, voilà à côté du RSA l'autre révolution qu'il nous faut entreprendre.
Est-il besoin d'ajouter que dans la situation actuelle de l'économie mondiale, tout ce qui pourrait contribuer à alourdir le coût du travail serait suicidaire ?
Réduire les exonérations de charges sur les salaires ce ne serait pas reprendre un cadeau fait aux entreprises, ce serait contribuer à détruire de l'emploi au moment même où le ralentissement de la croissance fait repartir le chômage à la hausse et où la concurrence des pays à bas salaire ne cesse de s'intensifier.
Financer le RSA en taxant le travail aurait eu le même effet.

J'assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail. C'est une décision juste et raisonnable. Elle ne remet pas en cause l'objectif de baisse globale des prélèvements, puisque les diminutions d'impôts et de charges décidées depuis 15 mois l'emportent de plus de 10 milliards sur les hausses.

Et au fur et à mesure qu'un nombre croissant de ceux qui jusqu'à présent étaient piégés par l'assistance sera incité à reprendre un travail, la taxe sur les revenus de l'épargne sera diminuée.
L'autre figure du capitalisme qu'il faut réhabiliter c'est celle de l'entrepreneur. Au capitalisme financier il faut opposer le capitalisme des entrepreneurs. A côté de la valeur travail, il faut remettre l'esprit d'entreprise au cœur du système de valeur de l'économie. C'est toute la philosophie de la loi de modernisation de l'économie et ce sera l'autre priorité de la politique économique dans l'avenir.
Si nous manquons d'entrepreneurs capables d'inventer l'économie de demain, ce n'est pas parce que les Français seraient plus dépourvus que les autres d'esprit d'entreprise mais parce que tout a été fait pour empêcher les Français d'entreprendre comme tout a été fait pour les empêcher de travailler.
Opposer l'effort du travailleur à l'argent facile de la spéculation, opposer l'engagement de l'entrepreneur qui risque tout dans son entreprise à l'anonymat des marchés financiers, opposer un capitalisme de production à un capitalisme de court terme, accorder une priorité à l'industrie au moment où l'étau de la finance se desserre, voilà tout le sens de la politique économique que je veux conduire.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que nous passons d'un monde d'abondance à un monde de rareté. C'est-à-dire d'un monde où l'on utilisait les ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables à un monde où l'épuisement à venir des ressources naturelles sera une préoccupation de tous les jours.
Dans le monde de la rareté, il va falloir payer plus cher le pétrole, le gaz, les matières premières.
Les Français devront produire autrement, consommer différemment. Ils devront apprendre à faire constamment des efforts pour économiser les ressources rares qui ne peuvent plus être gaspillées.
La pollution et le réchauffement climatique menacent l'avenir de la planète. Chacun va devoir faire des efforts, changer de comportement pour polluer moins.
Si l'on ne veut pas que des catastrophes écologiques débouchent sur des déplacements massifs de populations et des catastrophes humaines et politiques, si l'on veut éviter la violence qu'engendrerait fatalement le manque d'eau et de terres cultivables, alors il faut que chacun assume les conséquences de ses choix, il faut que chacun supporte les coûts de ses décisions et paye le juste prix de ce qu'il consomme.
Dans le monde de demain le principe pollueur-payeur devra s'appliquer partout si nous ne voulons pas léguer aux générations futures un monde invivable.
S'il faut moins taxer l'investissement, moins taxer le travail, moins pénaliser l'effort et la réussite, moins taxer les produits propres, il faut en revanche davantage taxer la pollution.
Utiliser la fiscalité pour relever le défi écologique, c'est indispensable si l'on veut inciter à un changement profond des comportements. Si dans la situation actuelle où tant de Français se trouvent confrontés à une baisse de leur pouvoir d'achat, il est exclu de renchérir les produits de grande consommation, je veux dire à quel point je crois que le système du bonus-malus est un bon système. L'expérience sur l'automobile a été particulièrement concluante avec 500 000 bonus distribués en 8 mois, déplaçant massivement la demande vers des véhicules plus écologiques. Ce système extrêmement incitatif du bonus-malus qui permet de gagner des années dans le changement des modes de consommation sera étendu à d'autres produits. Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement. Mais elle se fera. J'en prends l'engagement. Comme je prends l'engagement solennel que toutes les conclusions du Grenelle de l'environnement seront mises en œuvre parce qu'elles permettront à notre pays de prendre de l'avance dans la mutation inéluctable qu'imposera dans les années qui viennent à tous les pays du monde la prise de conscience du risque écologique et de l'épuisement du pétrole et des ressources non renouvelables.
Je crois à la croissance durable.
Ce que nous avons décidé de faire est très ambitieux. L'effort qui va être engagé en matière de fiscalité incitative, de règles nouvelles et d'investissement est gigantesque. C'est une véritable transformation de notre modèle économique et social et de notre cadre de vie qui va s'accomplir dans les années qui viennent.
La mise en œuvre du Grenelle de l'environnement c'est la multiplication par 4 de nos capacités de transports en commun en sites propres, la construction de 2000 kilomètres de lignes à grande vitesse supplémentaires, les autoroutes ferroviaires, les autoroutes maritimes, un milliard d'euros dans la recherche en matière de développement durable à l'horizon 2012, la rénovation de tout le parc des logements sociaux et des bâtiments publics pour les adapter aux exigences d'économie d'énergie.
Toutes ces dépenses nouvelles seront gagées sur les futures économies d'énergie et elles exerceront sur notre activité un formidable effet d'entraînement. Il ne s'agira pas cette fois-ci de sacrifier l'avenir au présent, mais au contraire de mettre notre pays dans la meilleure situation possible pour affronter l'avenir.

Nous allons développer massivement les programmes de recherche dans les nouvelles sources d'énergie, les technologies propres, les nouveaux systèmes de transport comme la voiture électrique. Le remplacement de nos centrales nucléaires par les centrales de la nouvelle génération sera accéléré. Tout sera mis en œuvre pour que le programme des infrastructures de transport collectif soit effectivement engagé le plus rapidement possible. Je veux que soit mis à l'étude un grand plan de rénovation des infrastructures des transports collectifs dans les grandes villes où la situation est devenue souvent critique. L'Etat est prêt à y jouer son rôle à côté des collectivités locales, en prenant sa part dans le financement.
Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que pour entrer dans l'économie de la connaissance qui sera l'économie du XXIème siècle. Nous ne pouvons plus attendre pour investir dans la formation, dans la recherche, dans l'innovation. Nous ne pouvons plus attendre pour accomplir la révolution numérique.

C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que notre système de formation professionnelle soit entièrement repensé. Cette réforme de la formation professionnelle qui fait l'objet d'une négociation entre les partenaires sociaux, je veux qu'elle soit ambitieuse et surtout qu'elle soit rapidement mise en œuvre. Le diagnostic est connu de tous. Je veux que des décisions soient prises avant la fin de l'année.

C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que nos universités soient autonomes et qu'une partie du capital d'EDF a été vendue pour financer la rénovation de nos campus. C'est également la raison pour laquelle nous allons donner aux universités la propriété intellectuelle de leurs découvertes et leur donner les moyens de les valoriser.
C'est la raison pour laquelle le crédit d'impôt recherche a été porté à 30%, notre appareil de recherche va être réformé et une stratégie nationale de recherche va être définie.
Les priorités budgétaires traduisent cet engagement vis-à-vis de l'enseignement et de la recherche  : plus un milliard par an pour l'enseignement et plus de 800 millions par an pour la recherche.

Tous ces défis sont immenses. Mais notre pays peut les relever. J'ai confiance dans les Français. J'ai confiance dans les atouts de la France. J'ai la certitude que nos réformes en porteront leurs fruits. J'ai la certitude que par notre travail, nous saurons faire notre place dans le monde du XXIème siècle. J'ai confiance dans notre capacité à refonder le capitalisme.

Jamais depuis 1958 autant de changements n'ont été accomplis en si peu de temps. Quand la situation économique mondiale redeviendra meilleure nous en verrons tous les fruits sur l'équilibre de nos finances, sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat et sur le bien-être de chacun.

Je suis déterminé à poursuivre la modernisation de notre économie et de notre société quelles que soient les difficultés parce que nous n'avons plus le choix parce que nous ne pouvons pas attendre.

Alors que les vieilles idées et les vieilles structures sont balayées, nous devons être imaginatifs et audacieux.

Nous avons le choix de subir ce changement ou d'en prendre la tête. Mon choix est fait.

Françaises, Français, au milieu des difficultés nous devons précéder la marche du monde et non la suivre.
Vive la République ! Vive la France !

Posté par pyth à 01:04 - présidence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Face à la crise, Nicolas Sarkozy gauchise son discours

source: reuters

Attaque contre le capitalisme financier, rôle de l'Etat, refus d'envisager une politique d'austérité: face à la crise financière internationale, Nicolas Sarkozy a gauchisé son discours.

Dans une intervention de 45 minutes devant environ 4.500 personnes, au Zénith de Toulon, le président de la République s'est efforcé sur un ton gaullien et volontariste de rassurer sans affoler et de convaincre qu'il était aux commandes.

"Si j'ai voulu m'adresser ce soir aux Français, c'est parce que la situation de notre pays l'exige", a-t-il dit en tenant un langage que n'aurait pas renié plus d'un dirigeant de gauche pour répondre aux inquiétudes qu'elle suscite en France.

"Je mesure la responsabilité qui est la mienne dans les circonstances exceptionnelles ou nous nous trouvons."

Il a rompu avec le discours lénifiant sur l'impact de la crise en France tenu par la ministre de l'Economie Christine Lagarde -- présente à Toulon avec le Premier ministre François Fillon et une demi-douzaine d'autres membres du gouvernement.

Au nom de la vérité qu'il a déclaré devoir aux Français, il n'a pas craint de dramatiser : la "crise de confiance sans précédent" qui ébranle l'économie mondiale n'est pas finie et aura des conséquences durables, y compris en France.

"Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage et sur le pouvoir d'achat."

Le chef de l'Etat est allé plus loin que jamais dans sa condamnation des dérives du capitalisme financier.
PAS DE LOI DE LA JUNGLE

Il a ainsi estimé que la crise actuelle mettait fin à une "certaine idée de la mondialisation" et à l'idée "folle" selon laquelle les marchés ont toujours raison.

Cette crise n'est certes pas celle du capitalisme et l'anticapitalisme n'offre "aucune solution", a-t-il pris soin de dire. Mais faire comme si rien ne s'était passé serait une "erreur historique", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Il a de nouveau appelé de ses voeux un "capitalisme régulé" et "refondé" sur une "éthique de l'effort et du travail", car le capitalisme n'est "pas la loi de la jungle".

Il a réaffirmé son souhait d'un sommet des dirigeants des principaux pays concernés par la crise avant la fin de 2008.

"Il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial comme on le fit à Bretton Woods après la seconde guerre mondiale", a-t-il expliqué.

Il a plaidé pour un "nouvel équilibre entre l'Etat et le marché" - "L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini, le laissez-faire c'est fini", a-t-il scandé.

Il a ainsi promis que si les banques françaises étaient mises en difficulté par la spéculation, il n'accepterait pas "qu'un seul déposant perde un seul euro".

"L'Etat est là et l'Etat fera son devoir. C'est un engagement solennel que je prends ce soir : quoiqu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire", a promis le président de la République.
PAS D'AUSTÉRITÉ

L'Etat sera aussi prêt à intervenir pour aider les PME à financer leurs investissements et faire face à leurs difficultés de trésorerie en cas de restriction du crédit, pour soutenir le secteur immobilier et, plus généralement, la croissance.

"Si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterais pas à prendre les mesures nécessaires", a-t-il dit.

La crise invite à accélérer le rythme des réformes, pas à l'arrêter ou à le ralentir, a prévenu le chef de l'Etat, car "il n'existe aucune solution miracle qui permettrait de se dispenser des efforts nécessaires". Il a ainsi confirmé la suppression de 30.600 emplois dans la fonction publique en 2009.

"Mais dans la situation ou se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité parce que l'austérité aggraverait la récession", a-t-il cependant ajouté.

Dans un des passages les plus applaudis de son discours, il a de nouveau dénoncé les modes de rémunération des dirigeants de la finance, notamment le système des "parachutes dorés".

Si les professionnels ne se mettent pas rapidement d'accord sur des pratiques "acceptables", le gouvernement règlera le problème par la loi "avant la fin de l'année", a-t-il dit.

Quant au ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, qui était aussi présent, il a pu entendre Nicolas Sarkozy promettre l'extension du système du bonus-malus visant à encourager la production et l'utilisation de produits "propres" - un système critiqué à Bercy et au sein de l'UMP.

"Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement mais elle se fera, j'en prends l'engagement", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Posté par pyth à 00:56 - présidence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2008

Discours de Sarkozy en Israël

source: le monde

sblogMonsieur le Président de l'Etat d'Israël, Madame la Présidente de la Knesset, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Chef de l'Opposition, Madame la Présidente de la Cour Suprême, Mesdames et Messieurs les membres de la Knesset,

Il y a entre Israël et la France une amitié profonde qui a résisté depuis 60 ans à toutes les turbulences de l'Histoire.

Cette amitié, elle n'est pas due seulement à la vitalité de la communauté juive de France et à vitalité de la communauté francophone d'Israël qui forment comme un pont entre nos deux pays.

Elle est due aussi à quelque chose de plus profond, à la manière dont le judaïsme a influencé, nourri, enrichi la culture française, à l'inspiration que les Pères fondateurs d'Israël ont puisée dans les valeurs de l'universalisme français.

Elle est due aux liens étroits économiques, scientifiques, techniques, intellectuels, mais aussi tout simplement humains que nos deux peuples ont naturellement tissés ensemble.

Cette amitié, je suis venu la renouveler solennellement au nom du peuple français et je me réjouis de voir avec quelle chaleur, avec quel élan fraternel le peuple israélien y répond.

C'est popur moi une très grande émotion de prendre la parole aujourd'hui, ici, à Jérusalem, ville trois fois sainte, sainte pour les juifs, sainte pour les chrétiens, sainte pour les musulmans. J

Je mesure le très grand honneur que vous faites au Président de la République française de pouvoir s'adresser à votre Assemblée qui est le symbole d'une des plus authentiques démocraties du monde.

A travers vous, je m'adresse à tous les Israéliens dont les ancêtres pendant des siècles ont espéré qu'un jour il y aurait à nouveau une nation juive qui serait comme toutes les autres nations, libre enfin de choisir son destin, de décider par elle-même.

Je m'adresse au peuple d'Israël qui a choisi la démocratie et la liberté, et qui ne les doit à personne d'autre qu'à lui-même, à son courage, à son énergie, à son intelligence.

Je m'adresse aussi, au-delà, à tout le peuple juif, peuple si longtemps sans terre, sans institutions politiques, mais partageant la même attitude morale, la même conception de la vie, la même tradition, la même foi, la même espérance. Et que ni la violence, ni la haine n'ont pu faire renoncer aux valeurs universelles que les prophètes d'Israël ont enseignées à tous les hommes.

Aucun exil, aucune épreuve n'avait pu arracher de son cœur le souvenir de la Terre promise. Et après 19 siècles, chacun au sein de ce peuple dispersé sur toute la terre se disait encore : "je suis Juif, parce que, né d'Israël, et l'ayant perdu, je l'ai senti revivre en moi, plus vivant que moi-même".

Au nom du peuple français, je veux dire mon amitié et mon respect à ce grand peuple d'Israël qui a accompli la promesse que tous les Juifs depuis la dispersion se transmettaient de génération en génération de revenir en "ce lieu où naquit le peuple juif, où se forma son caractère spirituel, religieux et national".

Il y a 60 ans des femmes et des hommes dont le caractère s'était forgé au travers des pires épreuves de la vie, proclamèrent "la fondation de l'Etat juif dans le pays d'Israël". Herzl avait dit : "si vous le voulez ce ne sera pas une légende". Ils le voulurent et la résurrection d'Israël cessa d'être une légende pour devenir une réalité.

Je veux dire mon admiration pour ces femmes et pour ces hommes d'exception qui voulaient un Etat où seraient assurées "une complète égalité des droits sociaux et politiques pour tous les citoyens, sans distinction de croyance, de race, ou de sexe", "la pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture", "la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux Saints et des sanctuaires de toutes les religions".

Je veux dire mon respect pour l'idéal qui les animait. Le rêve qu'ils poursuivaient était grand, nourri par des siècles d'attente et par l'horreur qu'on lisait encore dans le regard halluciné des rescapés des camps d'extermination.

Croyants ou non croyants, chacun d'entre eux ce jour là ne put sans doute s'empêcher de se remémorer la parole biblique que tous les Juifs au monde n'avaient jamais cessé d'apprendre à leurs enfants : "Et l'Eternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d'Israël".

Mais l'Etat d'Israël ce n'est pas seulement l'accomplissement d'une promesse qui a toujours été au cœur de l'identité juive. Ce n'est pas seulement un retour aux sources, l'expression d'une nostalgie, la tentation de ressusciter un passé révolu. C'est un Etat moderne, tourné vers l'avenir. C'est un Etat à la fois national et tourné vers l'universel.

Car c'est un Etat qui n'appartient pas seulement à ses citoyens, mais aussi à tous ceux qui dans le monde se reconnaissent comme les héritiers du judaïsme.

Au milieu du malheur, ils n'ont jamais cessé d'espérer en un monde meilleur. Pour eux, il fut d'abord la preuve que cette espérance n'était pas vaine.

"Je ne revendique jamais mon origine juive que dans un cas

, disait le grand historien français Marc Bloch : en face d'un antisémite".

A ceux qui doutaient de son patriotisme, ce grand savant qui mourra assassiné par la Gestapo après avoir été torturé répondait simplement, comme auraient pu le faire tant d'autres : "Mon arrière-grand-père fut soldat en 1793 ; mon père en 1870 servit dans Strasbourg assiégé, j'ai été élevé dans le culte de ces traditions patriotiques dont les israélites de l'exode alsacien furent toujours les plus fervents mainteneurs ; et la France dont certains conspireraient volontiers à m'expulser aujourd'hui et peut-être - qui sait ? - y réussiront, demeurera quoiqu'il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur."

Ils sont encore des millions de Juifs aujourd'hui dans le monde qui éprouvent comme Marc Bloch, un attachement charnel à la patrie dont ils ont appris la langue, la culture, respiré l'air depuis leur enfance. Mais leur cœur ne peut pas rester insensible au destin d'Israël.

Parce que le destin de chaque Juif est lié au destin de tous les Juifs.

Parce que le fait qu'il y ait un Etat juif dans le monde dont la réussite soit aussi éclatante est pour chacun d'eux une source de dignité et de fierté.

Parce que chacun éprouve au fond de lui le sentiment que l'Etat d'Israël est le moyen par lequel le peuple juif peut de nouveau devenir acteur de sa propre histoire au lieu de la subir.

Parce qu'en Israël le judaïsme ne se définit pas par rapport à l'antisémitisme.

Parce que pour chacun c'est le foyer où il sait qu'il pourrait se réfugier si par malheur un jour il n'avait plus nulle part où aller.

Parce que pour tous il est le seul endroit au monde où il est sûr que l'on n'obligera jamais les Juifs à porter une étoile jaune, où l'on n'interdira pas aux Juifs de prendre l'autobus, de fréquenter les cinémas et les théâtres, d'occuper certains emplois, qu'on ne les obligera pas à habiter des quartiers pour les Juifs, à n'aller que dans des restaurants, des magasins, des écoles pour les Juifs.

L'Etat d'Israël est une réponse à l'interrogation angoissée que la petite Anne Franck a noté dans son journal : "j'ai espéré que ce pays deviendrait ma patrie, à moi l'apatride ; je l'espère encore".

C'est une réponse à la prière de Rutka, la petite juive polonaise : "je voudrais attacher des ailes à mes épaules pour m'élever très haut (…) m'envoler vers un endroit où il n'y aurait pas de ghetto".

L'Etat d'Israël appartient aussi à tous les hommes.

Parce que les valeurs qui le fondent sont universelles. Ces valeurs sont des valeurs de justice et de droit.

L'Etat d'Israël est une réponse à l'injustice que le peuple juif a subie si longtemps. Et cette injustice est un défi lancé à la conscience universelle.

Il n'y a aucun autre Etat dans le monde qui se soit construit sur autant de douleurs et sur autant d'espérance.

Il n'y a aucun autre Etat dans le monde dont l'existence même fut dès le départ à ce point liée à l'affirmation d'un idéal de justice et d'une volonté de vivre en paix.

Il n'y a aucun autre Etat dans le monde qui lors de sa naissance suscita autant d'espoir de la part de tous ceux qui n'avaient jamais cessé d'opposer les forces de l'esprit à la barbarie.

On ne peut pas penser à Israël sans penser à l'histoire du peuple juif. On ne peut pas penser à Israël sans se souvenir des pogroms, des wagons plombés, des chambres à gaz.

On ne peut pas penser à Israël sans penser au Capitaine Dreyfus devant ses juges, aux femmes qui mourraient du typhus dans les camps de la mort, à tous les enfants martyrs de Yad Vashem.

Mais l'histoire du peuple juif n'est pas seulement celle de ses malheurs. Il ne s'est pas contenté de subir. Il a constamment opposé à tous ceux qui voulaient l'anéantir, la force de son caractère, la puissance de sa pensée, la profondeur de sa culture, la vitalité de sa foi.

Il n'a pas laissé au monde que le souvenir de sa souffrance, il lui a donné aussi un trésor d'humanité et de savoir.

Où en serait la sagesse du monde sans les prophètes d'Israël ?

Où en seraient la philosophie, la physique, la littérature, l'économie, sans les penseurs, les savants, les artistes, les entrepreneurs juifs du monde entier qui ont œuvré à toutes les époques au sein de toutes les nations, de toutes les cultures, de toutes les civilisations ?

Où en serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein ?

Israël est un pays où chacun vient greffer sur le tronc commun sa propre langue, sa propre culture, sa propre sensibilité, sa propre histoire, où chacun vient donner le meilleur de lui-même pour le bien de tous.

En 60 ans ce que vous avez accompli est prodigieux. C'est dans la diversité, la vitalité, l'ouverture de la pensée, la force de création propre au judaïsme, que se trouve le secret de votre réussite d'Israël.

Le judaïsme c'est l'esprit prophétique qui ouvre l'avenir, qui appelle le progrès, qui réclame la justice.

Au milieu des difficultés de tous ordres, les fondateurs de l'Etat d'Israël se sont battus avec toute la force de leur cœur et de leurs bras pour qu'il survive. Le peuple français s'est rangé dès votre naissance à vos côtés, comme il sera toujours aux côtés de l'Etat d'Israël quand son existence sera menacée.

On en peut pas accepter que quiconque dise "il faut rayer de la carte Israël".

Aujourd'hui, et de plus en plus, cette menace a pris la forme du terrorisme. Aucun peuple ne peut vivre sous la menace du terrorisme. Le terrorisme ne s'explique pas. Le terrorisme ne se justifie pas. Le terrorisme se combat !

La France est pleinement engagée dans la lutte contre le terrorisme aux côtés de ses alliés et de ses amis. Elle sait que ce qui est en jeu, ce sont nos valeurs, notre civilisation.

Oui, la France est l'amie d'Israël et elle sera toujours à ses côtés lorsque sa sécurité et son existence seront menacées. Je ne transigerai jamais avec cela.

Et ceux qui appellent de manière scandaleuse à la destruction d'Israël trouveront toujours la France face à eux pour leur barrer la route.

Pour que les choses soient claires et qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, je veux dire que le programme nucléaire de l'Iran appelle une réaction d'une extrême fermeté de toute la communauté internationale. Israël n'est pas seul !

La France est déterminée à poursuivre avec ses partenaires une politique alliant des sanctions de plus en plus dures à l'ouverture, si Téhéran faisait le choix de respecter ses obligations internationales. Mais je le dis avec force : un Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable pour la France !

La France ne transigera jamais avec la sécurité d'Israël. Mais on doit la vérité à ses amis. La vérité c'est que la sécurité d'Israël ne sera véritablement assurée que lorsqu'à ses côtés, on verra enfin un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable.

La France est l'amie du peuple palestinien. Elle veut lui dire aussi la vérité. Et la vérité c'est que nul ne peut espérer rétablir les droits du peuple palestinien en niant ceux du peuple israélien et en appelant à la destruction d'Israël.

La vérité, c'est qu'il faut que ce conflit sans fin s'arrête, que cette violence cesse, que cette haine qui dresse les peuples les uns contre les autres s'éteigne.

Il le faut, parce que les seuls gagnants de cet affrontement sont le fanatisme, le fondamentalisme, le racisme et l'antisémitisme.

Il le faut parce qu'il y a eu trop de souffrances, trop de douleurs. Parce que Juifs et Musulmans, Israéliens et Palestiniens, tous partagent la même souffrance et la même douleur pour vos enfants.

Nous savons tous qu'il ne peut y avoir d'issue que dans la compréhension et dans le respect de l'autre. Nous savons tous que l'avenir, votre avenir et celui de vos voisins, ne peut se construire que sur le pardon et non sur la vengeance.

Je suis le représentant d'un pays qui a dû pardonner à ses voisins, qui a dû se réconcilier avec ses voisins.

Comme tous les peuples, le peuple israélien a le droit de vivre en sécurité dans des frontières reconnues et garanties. Comme tous les peuples, le peuple palestinien a le droit d'avoir un Etat et d'y exercer sa souveraineté.

Comme tous les peuples, le peuple israëlien et le peuple palestinien vivront en paix le jour où chacun aura le sentiment que justice lui est rendue et où leurs rapports seront fondés sur le droit et non plus sur la force.

Sans doute, cela demande-t-il de grands efforts à accomplir de part et d'autre. Car il ne peut y avoir de paix sous la menace du terrorisme. Il ne peut y avoir de reconnaissance mutuelle quand des roquettes tombent tous les jours sur des victimes innocentes.

Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt total et immédiat de la colonisation. Une proposition existe, soutenue par de nombreux membres de votre Knesset, pour l'adoption d'une loi qui inciterait au départ les colons de Cisjordanie, moyennant compensation et relogement en Israël. Oui, il faut créer le mouvement !

Il ne peut y avoir de paix si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. Mais pas de paix non plus si les Palestiniens sont empêchés de circuler, et tout simplement de vivre sur leur territoire.

Il ne peut y avoir de paix sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens dans le respect de l'identité d'Israël. Il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats et la garantie de la liberté d'accès aux Lieux Saints pour toutes les religions.

Vous êtes condamnés à vivre côte et côte.

Beaucoup de ces efforts, je le sais, seront difficiles et douloureux, moins douloureux malgré tout que le sang versé dans un affrontement sans fin.

Depuis 60 ans, des hommes et des femmes de bonne volonté comme votre Président, ont essayé de trouver le chemin de la paix et certains, comme Itzhak Rabin, l'ont payé de leur vie. Chacune de leurs initiatives, chacun de leurs gestes a permis de progresser.

La paix est faite avec l'Egypte, avec la Jordanie. Israël s'est retirée du Sinaï, du Liban et de Gaza. Il n'y a pas de geste inutile en faveur de la paix, et peut-être sommes-nous tout près du but puisque désormais, de nouveau, tout le monde se parle.

Et puisque la violence semble être suspendue, depuis quelques jours, à Gaza, je veux exprimer l'espoir de la libération, le plus vite possible du soldat Gilad Shalit, retenu en otage depuis près de deux ans, comme tous les prisonniers.

Je vous demande de nous faire confiance car nous voulons vous aider.

La France que tant de souvenirs lient à cette région du monde, la France qui aime et qui respecte tous les peuples du Moyen-Orient, la France veut apporter sa contribution à la paix. Elle est prête à organiser sur son sol tous les pourparlers qui pourraient y conduire, qu'il s'agisse de la négociation israélo-palestinienne, du dialogue syro-israélien ou des discussions qui devront reprendre, un jour prochain je l'espère, entre Israël et le Liban.

Sur ces trois volets du processus de paix, la France est prête à apporter sa garantie, prête à mobiliser sa diplomatie, ses ressources, ses soldats comme elle le fait déjà, avec d'autres partenaires européens, au Sud Liban. C'est dans cet esprit qu'elle exercera à partir du 1er juillet la Présidence de l'Union européenne, qu'elle travaillera au rehaussement des relations entre l'Union et Israël et participera au Quartet.

Je ne suis pas venu ici vous donner des leçons. C'est aux dirigeants du peuple d'Israël et à ceux du peuple palestinien qu'il appartient de faire la paix. Mais vous, les partenaires de la paix, vous devez savoir que vous pouvez compter sur l'Europe pour vous aider à aller vers un accord final, puis pour le mettre en œuvre.

Sécurité pour les deux Etats, compensation et relogement des réfugiés, appui à la construction d'un Etat de droit en Palestine, soutien économique et financier général à la paix et aux projets de développement, comme nous avions déjà commencé à le faire lors de la Conférence de Paris : à tous ces titres, l'Europe peut apporter une contribution décisive, vous aider, si vous le souhaitez, à faire ensemble preuve d'audace, de courage et d'imagination.

C'est dans cet esprit, aussi, que la France fera tout ce qui est dans son pouvoir pour faire aboutir le projet d'Union pour la Méditerranée qu'elle a proposé à tous les peuples de l'Europe et de la Méditerranée. L'enjeu est capital puisqu'il s'agit d'offrir un destin partagé à tous ces peuples.

Le 13 juillet prochain, le Sommet de Paris pour la Méditerranée donnera peut-être l'espoir que ce qui nous sépare finira par devenir un jour moins fort que ce qui nous rassemble

Israël, comme l'Autorité palestinienne, comme le Liban, comme la Syrie y trouveront leur place aux côtés de l'Egypte, de la Jordanie et de tous les pays du Maghreb arabe. Alors, peut-être, pourrons-nous espérer qu'un jour les enfants de la Méditerranée cesseront de se haïr et de vouloir dès la naissance venger les malheurs de leurs pères.

C'est dans cet esprit aussi que la France soutiendra de toutes ses forces les grands projets de développement économique régional chers au Président Shimon Péres. Oui, nous avons besoin de la "Vallée de la Paix" !

Au Moyen-Orient se mélangent et s'affrontent depuis des millénaires des peuples qui ont donné à l'humanité tout entière ce qu'il y a de plus élevé dans la pensée, de plus beau dans la religion, de plus important dans le savoir. Tous dans leurs prières parlent d'amour, de justice et de paix. Tous aiment la vie. Tous sont les enfants d'Abraham. Tous ont la Bible en partage.

Ayant bu à la même source, ayant partagé si souvent la même histoire, ils ont tout pour se comprendre et s'entendre.

Et cette terre pour laquelle ils se battent avec tant de désespoir, cette terre qui les a vus naître, cette terre où reposent leurs morts, cette terre dans laquelle s'inscrit le souvenir de leurs souffrances et de leurs joies qui se ressemblent tant, cette terre dont on pressent, en regardant ce qui a été accompli ici, en Israël, ce qu'elle pourrait donner à force d'intelligence, de travail et de courage, cette terre qui pourrait devenir un paradis pour tous et grâce à laquelle la misère pourrait être vaincue si elle n'était si souvent ruinée par la guerre, cette terre qui pourrait être si féconde si tous la travaillaient ensemble au lieu de verser sur elle le sang des innocents, cette terre devrait unir les peuples au lieu de les opposer.

En allant au fond d'eux-mêmes, en s'interrogeant sur leur histoire, leurs croyances, leurs valeurs, en regardant ce monument qui va être construit à Jérusalem par deux artistes français, ce livre de la paix pour les peuples du Livre, dans la ville du Livre, un jour prochain, j'en suis sûr, les femmes et les hommes de cette terre magnifique trouveront plus de raisons de se parler pour faire la paix que de se haïr pour continuer à s'affronter.

Juifs, chrétiens ou musulmans, ils se rappelleront la parole du Prophète Isaïe : "Je ferai de Jérusalem mon allégresse. Et de mon peuple ma joie. On n'y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. Ils bâtiront des maisons et les habiteront. Ils planteront des vignes et en mangeront les fruits. Ils ne travailleront plus en vain et ils n'auront plus des enfants pour les voir périr."

Je veux vous le dire du fond du cœur : quand on est fort on doit tendre la main. Quand on a fait le chemin que vous avez fait depuis 60 ans, on doit être les triomphateurs de la paix, on doit montrer le chemin.

La France ne vous abandonnera pas sur ce chemin.

Vive l'amitié franco-israélienne qui est une profonde et sincère amitié ! Vive la paix pour Israël et pour la Palestine qui est une nécessité pour la paix du monde !

Posté par pyth à 14:13 - présidence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2008

Nicolas Sarkozy s'est attaché à justifier le "cap" suivi, tout en reconnaissant des "erreurs"

source: le monde

SNicolas Sarkozy s'est livré à un long exercice d'explication et de justification, jeudi 24 avril, lors d'un entretien télévisé organisé presque un an après son élection à la présidence de la République. En proie aux difficultés et à la baisse de sa popularité, il a reconnu, face des journalistes qui portaient volontiers la contradiction, des "erreurs", des "couacs ", et insisté sur les "difficultés" de sa tâche. Il a cherché à montrer la cohérence de ses réformes, mis en avant de premiers résultats qu'il juge concluants, en rappelant les objectifs qu'il continue de se fixer. C'est au nom de ceux-ci, de ses "responsabilités" et d'une conjoncture internationale dégradée qu'il a affiché de la fermeté sur de nombreux dossiers : les retraites, la suppression des postes d'enseignants, l'immigration. La seule véritable annonce est celle d'une généralisation, l'an prochain, du revenu de solidarité active, mais avec un budget moitié moindre que celui demandé par son inventeur, le haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch.
Près de 28 % des Français pensent que les réformes vont dans le bon sens, a rappelé Patrick Poivre d'Arvor (TF1). "Sans doute, on n'a pas assez expliqué, sans doute j'ai fait des erreurs. Je ne suis pas une personne à nier les choses. Est-ce qu'on peut bouger ce pays sans que ça provoque des mouvements ? Je m'imaginais bien que je ne passerai pas cinq ans à commenter des sondages excellents", a déclaré Nicolas Sarkozy. La vie des Français ne s'est "pas assez" améliorée en un an, a-t-il reconnu. Toutefois, si le "choc de confiance" promis n'a pas été au rendez-vous, c'est que "la France a eu à faire face à un quadruple choc", a-t-il expliqué : renchérissement du pétrole, crise des "subprimes", flambée de l'euro et des matières premières. "Le contexte international est difficile, raison de plus pour accélérer", selon lui. Il n'entend pas "hiérarchiser les réformes", rappelle qu'il en a lancé "cinquante-cinq", "parce que tout se tient", de l'école à l'emploi. "Le cap, il est assez simple : engager les changements nécessaire pour que la France puisse compter dans les grandes puissances du monde", a-t-il dit.

Rythme et lisibilité des réformes.

Sollicité à nouveau en fin d'émission sur la politique intérieure, il a admis l'"erreur" de ne pas avoir sanctionné les "couacs" de ses ministres, promettant que"cela ne se reproduira pas". Il a également admis "une part de responsabilité" dans l'exposition de sa vie privée.

POLITIQUE ÉCONOMIQUE

Pouvoir d'achat.

Le chef de l'Etat a expliqué que "les prix ont augmenté avec l'euro, parce qu'il n'y a pas assez de concurrence", mais aussi souligné qu'ils ont davantage augmenté dans les grandes surfaces françaises que dans la quasi-totalité des pays européens. "Franchement, les 35 heures, ça a coûté 20 milliards d'euros, le problème de la France, c'est qu'on ne travaille pas assez", a-t-il estimé, avant de rappeler, à plusieurs reprises, sa volonté de "réhabiliter la valeur travail". Il a cité ses actions pour le pouvoir d'achat (détaxation des heures supplémentaires, indexation des loyers sur les prix -"C'est 600 millions d'euros rendus aux locataires", revalorisation de l'allocation adulte handicapé et des petites retraites) et entend désormais "obtenir soit la baisse des prix, soit en tout cas la maîtrise de l'augmentation" des prix, en modifiant les lois Raffarin et Galland, "même si je dois convaincre ma propre majorité parlementaire". Un projet de loi sera présenté en juin pour "permettre la négociabilité entre les fournisseurs et les grandes surfaces". Deuxième "levier" :"Le premier ministre déposera dans quinze jours un texte sur l'intéressement", afin qu'une entreprise qui redistribue une partie de ses gains paie moins d'impôts sur les bénéfices. Enfin, alors que "depuis les 35 heures, il n'y plus de négociations salariales dans les entreprises", un projet de loi présenté d'ici l'été permettra, dans les branches où il n'y pas de négociations salariales, de remettre en cause les allégements de charges.

"Ce qui m'atteint le plus, c'est les Français qui disent que j'agis pour les plus riches",

a-t-il expliqué. Et de déplorer"une erreur de communication totale" sur le paquet fiscal, cause de la mauvaise compréhension de la réforme, selon lui.

Revenu de solidarité active.

Nicolas Sarkozy a annoncé la généralisation en 2009 de ce dispositif visant à compléter les ressources des travailleurs pauvres et des bénéficiaires de minima sociaux, "une très bonne idée". Mais il n'entend en "maîtriser les coûts", à savoir y consacrer 1 à 1,5 milliards d'euros (notamment grâce à un redéploiement de la prime pour l'emploi) , soit moitié moins que demandé par Martin Hirsch. "Tant qu'on est en dessous de 1,1 ou 1,2 Smic on doit pouvoir cumuler" revenu du travail et allocation, a précisé le chef de l'Etat.

Chômage.

Le président a rendu hommage aux syndicats "qui ont eu une attitude responsable lors des conflits sociaux, même s'ils n'étaient pas d'accord, ce qui est leur rôle". Il a indiqué qu'un chômeur sera "obligé d'accepter un emploi représentant 95 % de son salaire au bout de trois mois de chômage". "Choqué" du sort des seniors, il souhaite que ceux qui veulent continuer à travailler au-delà de 65 ans puissent le faire.

QUESTIONS DE SOCIÉTÉ


Carte famille nombreuse

. Sur ce sujet, "nous avons commis une erreur" et "je l'ai corrigée immédiatement", a-t-il indiqué.

Immigration

. Interrogé sur le mouvement des travailleurs sans-papiers, le chef de l'Etat a fustigé "l'hypocrisie" observée depuis le début de cette crise. Il a écarté toute "régularisation globale" qui conduirait "à la catastrophe", créant "un appel d'air qui profiterait aux trafiquants". "On ne devient pas Français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", a-t-il estimé en suggérant aux patrons de recruter des immigrés en situation régulière, dont "22 %" sont au chômage. Selon lui, "on a besoin d'étrangers, on a besoin de quotas pour une immigration économique plutôt que familiale".

Vote des étrangers en situation régulière aux élections locales.

"Je suis pour, à titre intellectuel, mais je sais que je n'aurais pas la majorité pour le faire passer", a expliqué le président, dans un étonnant aveu d'impuissance.

Education

. Sur fond de grèves et de manifestations contre les suppressions de poste dans l'enseignement, Nicolas Sarkozy s'est voulu ferme :"Je ne demanderai pas à Xavier Darcos de créer emplois d'enseignants alors que le nombre d'élèves va diminuer", a indiqué le chef de l'Etat, préconisant comme son ministre "la qualité" plutôt que "la quantité".

Retraites

. C'est "lumineux", selon le chef de l'Etat :"La loi de 2003 dit 'à l'horizon de 2012 il faudra cotiser 41 ans, sauf s'il y a un fait nouveau'", or il n'y en pas, a-t-il estimé. Les syndicats sont contre le passage à 41 ans, "mais c'est mon travail de chef de l'Etat de prendre les décisions que personne d'autre ne veut prendre", a-t-il commenté.

OGM

. "Je suis favorable à la recherche sur les OGM dont on a besoin, mais s'agissant de la culture OGM en plein champ, mon devoir est de prendre des précautions, c'est la raison pour laquelle j'ai obtenu la clause de sauvegarde sur l'OGM Monsanto", a indiqué le président. "Le texte (de loi sur la culture des OGM) présenté par le premier ministre est équilibré. Je ne trahirai ni l'esprit ni la lettre du Grenelle", a-t-il promis, alors que les organisations écologiques estiment que le projet de loi sur les OGM est en retrait par rapport aux conclusions du Grenelle de l'environnement.

QUESTIONS INTERNATIONALES

Chine

. "J'ai été choqué par ce qui s'est passé au Tibet, et je l'ai dit au président chinois", a déclaré le président. "Contrairement à ce qu'on dit, ce n'est pas une affaire de contrats, mais la Chine a un droit de veto au Conseil de sécurité", a-t-il dit pour expliquer la difficulté d'agir dans ce dossier. Mais "la France essaie de renouer les conditions du dialogue entre le dalaï-lama et la Chine", "de trouver une solution, avec le moins de blessure dans l'amour propre" , et il espère que "l'Europe se manifeste d'une seule et même voix."

Entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

"J'ai toujours été opposé à l'entrée de la Turquie en Europe", a rappelé Nicolas Sarkozy. S'il n'est pas favorable à l'automaticité d'un référendum pour toute nouvelle adhésion, il a précisé que concernant la Turquie, lui-même consulterait les Français par référendum, car ce n'est "pas la même chose de faire entrer la Croatie, qui a 3 millions d'habitants, et la Turquie, qui en compte 100 millions."

Afghanistan. Le chef de l'Etat a dit refuser de discuter avec les talibans"moyenâgeux", car "nous n'aurions pas grand chose à nous dire". Il a justifié l'envoi de renforts parce qu'

"à côté de l'Afghanistan, il y a le Pakistan qui a la bombe atomique et si on laisse tomber l'Afghanistan, le Pakistan tombera comme un chateau de cartes".

Proche-Orient

. Nicolas Sarkozy a estimé qu'"en tant que chef de l'Etat", il ne doit parler ni au mouvement islamiste palestinien Hamas ni au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, car ils entendent "rayer Israël de la carte".

Posté par pyth à 01:12 - présidence - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 mars 2008

La semaine où Nicolas Sarkozy a voulu redevenir président de la République

Source: Le monde

sarFaire président", l'expression est de lui. Au soir de la défaite de l'UMP au second tour des municipales, le 16 mars, il a pris connaissance d'un sondage CSA selon lequel 58 % des Français estiment qu'il doit "s'efforcer d'adopter un style plus présidentiel". Récit d'une semaine où Nicolas Sarkozy a essayé d'atteindre cet objectif.

Hommage aux Invalides, réorganisation à l'Elysée. Lazare Ponticelli, le "dernier poilu", ne voulait pas de cet hommage solennel dans la cour des Invalides, traversé par le vent glacial d'un début de printemps pourri. Mais M. Sarkozy a compris que s'offrait là l'occasion de devenir le père de la nation que les Français voudraient le voir incarner. Manteau bleu marine, seul face au cercueil enveloppé d'un drapeau tricolore de ce héros qui ne voulait pas l'être, le président rejoue les dramaturgies fondatrices de la Ve République. Dans son discours, il lance : "On ne construit pas l'avenir en oubliant son passé mais en l'assumant et en le surmontant."

Retour aux origines. A l'Elysée, une autre pièce se joue, un classique des lendemains de défaite. Quelqu'un doit payer pour les erreurs des dix premiers mois du quinquennat. David Martinon, porte-parole limogé, fait ses cartons. L'organigramme de la présidence est modifié. Un pôle politique se monte, confié à l'ex-journaliste Catherine Pégard. Pierre Charon, un des plus anciens conseillers de M. Sarkozy, écarté par Cécilia après la victoire du 6 mai 2007, est convié désormais à la réunion de cabinet du matin. Pour lui, un retour en grâce, pour le chef de l'Etat, un retour aux origines du sarkozysme.

"C'est quand même mieux que l'autre." A nouveau le vent. Et la neige ! Et le brouillard ! Ce 18 mars, sur le plateau des Glières (Haute-Savoie) où sont morts 105 maquisards en mars 1944, le chef de l'Etat manque de glisser dans ses chaussures de ville. Solennel et solitaire, il se dirige vers le mémorial. François Mitterrand n'aurait pas fait mieux.

"C'est sa roche de Solutré", avait confié Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée. Originellement, une garde rapprochée composée de Brice Hortefeux, Nicolas Bazire et Pierre Charon aurait dû être de cette cordée haut-savoyarde. "Trop clanique", a jugé M. Sarkozy qui ne souhaite pas aller trop loin dans la comparaison. "Honnêtement, c'est mieux que l'autre...", lâche-t-il dans une allusion un rien perfide à son prédécesseur.

"Calme et sang-froid". Il a fallu rajouter des chaises, ce mercredi 19, pour ce conseil des ministres post-défaite. Ils sont désormais 39, y compris le président, autour de la table du salon Murat. Sur les six nouveaux ministres nommés la veille, trois hyper sarkozystes font leur entrée : Nadine Morano (cuvée 2002) Yves Jégo (cuvée 1999) et Alain Joyandet (cuvée 1995).

Mme Morano porte au creux du bras trois dossiers marqués "famille". Désormais, elle a deux portables : le signe de son importance. "Plus les obstacles se multiplient, plus il faut de calme et de sang- froid", a expliqué le chef de l'Etat. On croirait du Chirac. Les anciens ministres respirent : ils ont retrouvé un président.

Prendre de la hauteur, c'est le pardon des offenses. Dans une tribune publiée par Le Monde, Carla Sarkozy annonce que son mari a décidé de retirer sa plainte contre le journaliste du Nouvel Observateur, Airy Routier, qui a dévoilé un supposé SMS du chef de l'Etat à son ex-épouse, Cécilia.

Règlements de comptes à Nanterre. Il se voudrait dans l'éther du pouvoir, et voilà que l'infiniment petit de la politique le rattrape. Au conseil général des Hauts-de-Seine, ce jeudi, l'ancien fief du chef de l'Etat, Patrick Devedjian et Isabelle Balkany, sa rivale, s'étrillent. Dimanche, déjà, M. Sarkozy les a réunis dans son bureau pour qu'ils fassent la paix. Peine perdue. Les héritiers se déchirent. Mme Balkany traite M. Devedjian de "Mao Tsé-toung" et menace de siéger avec les non- inscrits. Pas question de "polluer" l'opération "présidentialisation" par des noms d'oiseau. Un coup de téléphone discret mais ferme de Claude Guéant, et tout rentre dans le rang. Un jeune conseiller général fait son entrée : Jean Sarkozy, 21 ans. De temps en temps, il jette un regard sur le portrait de son père.

A Cherbourg, en chef des armées. Pour finir sa semaine en beauté, M. Sarkozy se rend à Cherbourg où il prononce, vendredi, son premier discours sur la défense. Lors d'une présentation du Terrible, dernier-né des sous-marins nucléaires français, il dit son attachement à la dissuasion, "assurance-vie de la nation". Il tonne : "Tous ceux qui menaceraient de s'en prendre à nos intérêts vitaux s'exposeraient à une riposte nucléaire sévère, entraînant des dommages inacceptables pour eux, hors de proportions de leurs objectifs." Cette fois, c'est du de Gaulle.

Posté par pyth à 17:11 - présidence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2008

INTERVIEW EXCLUSIVE de Nicalas Sarkozy

saINTERVIEW EXCLUSIVE - Le président de la République tiendra compte de «la signification politique» des municipales, mais exclut un remaniement «en profondeur» avant la présidence française de l'UE.

LE FIGARO. Nous sommes à trois jours du premier tour des élections municipales, qu'en attendez-vous ?
Nicolas SARKOZY. Les Français vont choisir ceux qui gèrent leur ville et il est bien qu'ils le fassent en pensant d'abord à cette mission. Mais je sais que ce scrutin aura aussi une signification politique que j'entendrai et dont je tiendrai compte. À ce titre, je souhaite que ceux qui veulent que le changement continue, se mobilisent et fassent le choix du candidat qui porte cette stratégie du changement. Je suis élu pour cinq ans. Chaque année, il y aura des élections. Mon devoir est d'envisager les choses dans la durée, avec du recul, du sang-froid. Je n'ai pas l'intention de rythmer mon quinquennat en fonction des scrutins locaux, régionaux ou européens qui nous attendent. J'ai un cap, je tiendrai ce cap.

Le cap, c'est réhabiliter le travail pour donner à chacun la chance de vivre de son activité, assurer l'autorité de l'État pour protéger les plus faibles, bâtir une justice qui protège les victimes, reconstruire des universités fortes qui soient les meilleures au monde, revenir à une école primaire où l'on enseigne à lire, écrire et compter pour mettre un terme à l'échec scolaire. Ma mission est de faire en sorte que toutes les réformes qui n'ont pas été engagées en France depuis tant d'années soient conduites à leur terme ; mon rendez-vous est clair : c'est la fin du quinquennat, et les résultats concrets que les Français en attendent à juste titre. En tout état de cause, pour moi, comme pour tous les Français, le changement est une ardente obligation.

Entendez-vous réformer au même rythme, quel que soit le résultat des élections ?
Je dis à tous ceux qui m'ont fait confiance que je mènerai cette politique du changement avec la même force, la même envie, le même volontarisme tout au long des quatre prochaines années.

Allez-vous poursuivre l'ouverture ?
Le devoir d'un président de la République est de rassembler, de refuser toute forme de sectarisme. La France a grand besoin de tolérance. J'ai souhaité associer tous les talents à notre action au service de la France. Nous avons clairement gagné les élections présidentielle et législatives. J'ai cependant voulu travailler aussi avec ceux qui n'avaient pas voté pour moi. Je ne le regrette pas. Je dois rassembler.

Ne croyez-vous pas que vos électeurs désirent aussi une ouverture à droite et pas seulement à gauche ?
L'ouverture est d'abord un état d'esprit. Cependant, quand nous proposons des quotas pour l'immigration avec une obligation de résultats quant aux reconduites à la frontière, n'est-ce pas une politique voulue par les Français ? La rétention de sûreté, cette nouveauté dans l'univers juridique français, ou la condamnation des multirécidivistes à des peines planchers il y a déjà près de 4 000 décisions rendues ne sont-elles pas des politiques qui rompent avec tant d'années de laxisme ? Quand nous nous réconcilions avec les Américains, n'est-ce pas un changement bienvenu et peut-on penser une minute que le contrat qu'a gagné magnifiquement EADS pour les avions ravitailleurs aurait été signé dans le climat de tension qu'on a connu entre les Américains et les Français ? Quand la France porte l'idée du traité simplifié et contribue à sortir l'Europe de la crise, n'est-ce pas une politique qui satisfait les plus européens et donc le centre ? Nous faisons après l'élection ce que nous avions promis avant. C'est une question de respect, de crédibilité et même de morale.

Comment expliquez-vous votre baisse dans les sondages ?
Pendant six ans, j'ai connu des sondages à leur zénith. Et mes adversaires expliquaient que cela ne signifiait rien. Aujourd'hui, après deux mois de baisse, les mêmes expliquent que la situation est très grave. Bien sûr, les bons sondages facilitent les réformes, et les mauvais les compliquent, mais cela ne change pas mon cap. Je travaille à la modernisation de la France sans me laisser distraire par les péripéties, même si je me dois d'être attentif à tout, y compris à l'humeur du moment.

Que répondez-vous à ceux qui attribuent votre baisse dans les sondages à votre nouveau style ?
On porte toujours sa propre part de responsabilité. J'aime l'engagement, j'aime prendre mes responsabilités, je suis quelqu'un qui ne triche pas, alors cela peut surprendre, voire déranger parfois. Pour autant, le rôle du chef de l'État, c'est de garder une certaine distance par rapport au quotidien. Il n'a pas le droit de céder à l'agitation.

Avez-vous commis des erreurs qui expliqueraient cette baisse dans les sondages ?
Qui serais-je si je ne reconnaissais pas mes erreurs ? On en commet, j'en ai commis. Je ne m'exonère de rien, mais je ne crois pas utile de commenter en permanence l'écume des choses ! Ce qui intéresse les Français est de savoir si le pouvoir d'achat va augmenter, si la sécurité va s'améliorer, si le chômage va baisser. Ce qui compte, c'est que, désormais, un demi-million d'entreprises proposent à leurs salariés des heures supplémentaires défiscalisées. Nous étions un pays dans lequel on décourageait les gens de travailler. Nous sommes devenus un pays dans lequel on est de nouveau récompensé lorsqu'on travaille davantage.

Je veux développer massivement l'intéressement et la participation pour que plus de salariés soient associés au partage des bénéfices. J'avais promis aux Français que ceux qui ont tiré sur la police à Villiers-le-Bel seraient arrêtés, ils le sont. J'avais promis aux Français que les multirécidivistes seraient plus fortement condamnés, ils le sont. J'irai jusqu'au bout. Je veux que les criminels dangereux qui ont été condamnés avant l'adoption de la loi créant la rétention de sûreté, ne puissent pas être rendus à la liberté s'ils sont toujours dangereux.

Vous avez saisi le président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel sur cette loi. Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de vouloir contourner les Sages ?
Le Conseil constitutionnel dit ce qui est conforme à la Constitution ou pas. Il a validé la mesure de rétention, c'est capital. Mon devoir est de veiller à ce que des femmes, des petites filles, des petits garçons ne tombent pas dans les mains d'un violeur ou d'un pédophile qui a déjà été condamné et qu'on va libérer. C'est mon devoir de président de la République de protéger les plus vulnérables. Le principe de précaution ne s'applique pas seulement à l'environnement. Par ailleurs, qu'il me soit permis de poser la question : pourquoi serait-il impossible de faire en France ce que font les autres pays européens ? Cela fait trop longtemps que l'on oublie les victimes. J'avais promis de les mettre au cœur de mon action ; c'est ce que je fais.

La popularité du premier ministre est-elle une cause de tension entre vous ?
Non. Je rappelle à ceux qui spéculent sur ce sujet qu'on ne change pas un premier ministre en fonction des sondages. Le président de la République doit choisir le meilleur pour mettre en œuvre sa politique. C'est le choix que j'ai fait avec François Fillon.

Y aura-t-il un remaniement après les municipales ?
Je voudrais mettre un terme à cette maladie française qui consiste à changer de ministres tous les six mois. Cela donne le tournis et une grande impression de légèreté. Alors que les Anglais ont gardé Gordon Brown dix ans au ministère des Finances, nous avons connu huit ministres à Bercy pendant la même période ! Durant mon quinquennat, il y aura d'autres rendez-vous et d'autres occasions pour marquer un changement politique. Le lendemain de la présidence française de l'Union européenne sera certainement un rendez-vous important. J'ajoute qu'il me paraît peu indiqué de renouveler en profondeur le gouvernement avant la présidence française de l'Union. Les ministres doivent avoir la pleine maîtrise de leurs dossiers.

Vos conseillers et le premier d'entre eux, Claude Guéant, vont-ils continuer à s'exprimer publiquement ?
Qu'il y ait eu quelques erreurs, c'est certain. Je note qu'elles n'ont pas été commises par Claude Guéant. Il a toute ma confiance et mon amitié.

Êtes-vous satisfait de l'UMP ? Voulez-vous lui insuffler un nouveau dynamisme ?
L'UMP est devenue la première formation politique de France. Elle doit s'adapter à un nouveau contexte, ce n'est pas facile. Je souhaite qu'elle reste une force de débat, qu'elle promeuve de nouveaux talents. Après Rama Yade ou Rachida Dati, une nouvelle génération doit émerger. J'ai besoin du dévouement et de l'amitié de ces centaines de milliers de militants qui ont tout fait pour que la pensée unique ne triomphe pas et que le changement qu'ils ont voulu soit mis en œuvre.

Les parlementaires UMP se plaignent de ne pas être suffisamment consultés…
Il faut que nous les associions davantage. Ils sont un soutien indispensable pour mettre en œuvre la politique voulue par les Français. Ils sont la force du changement.

Le rapport Attali a contrarié les élus, comptez-vous le mettre en œuvre intégralement ?
Je sais qu'il a pu choquer certains, qu'il y a eu des maladresses de communication. Mais je compte retenir nombre de ses suggestions. Concernant les taxis, nous devons créer, notamment à Paris, des licences nouvelles afin que nous ne soyons pas la seule capitale au monde où l'on ne puisse trouver facilement un taxi. Cela dit, il est hors de question de spolier ceux qui sont en activité.

Avez-vous l'intention d'aménager la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État ?
Non. Il peut y avoir telle ou telle modification technique sur le statut fiscal de telle ou telle association. J'ai dit ce que j'avais à dire sur le sujet : je suis de ceux qui pensent que la question spirituelle est essentielle, mais je dois veiller à ne ranimer aucune nouvelle guerre dont la France n'a vraiment pas besoin.

Votre projet sur la Shoah est-il abandonné ?
Non. Xavier Darcos a mis en place une commission qui rendra ses conclusions dans deux mois. Ma conviction, au moment où les survivants vont disparaître, est que l'antisémitisme et le racisme ont été sous-estimés en France pendant longtemps et qu'il est très important de transmettre cette mémoire.

Êtes-vous satisfait de la réforme de la carte judiciaire ?
Depuis cinquante ans, rien n'avait été décidé. Rachida Dati l'a fait. La justice de proximité, ce n'est pas un tribunal à quelques kilomètres de chez soi. C'est obtenir rapidement une décision de la justice, étayée par des motifs clairs et compréhensibles par tous. Je considère que le Garde des Sceaux est l'un des ministres les plus courageux. Elle a conduit la réforme de la carte judiciaire là où nombre de ses prédécesseurs avaient renoncé. Elle a mis en place les peines planchers quand tous les spécialistes disaient que c'était impossible.

Quand la réforme des institutions va-t-elle voir le jour ?
Le Parlement sera saisi après les municipales. Cette réforme renforcera le rôle et les prérogatives du Parlement. Cela passe notamment par une meilleure maîtrise de son ordre du jour. Le pouvoir de nomination du président de la République sera encadré afin qu'il n'y ait aucune nomination de connivence ou de complaisance. Les nominations devront être précédées d'auditions garantissant le choix des meilleurs. Je veux aussi que le Parlement puisse se prononcer sur l'engagement des troupes françaises à l'extérieur ou sur la politique étrangère de la France. Je souhaite, enfin, proposer une réforme du Conseil économique et social pour qu'il s'ouvre aux ONG et aux associations de jeunes qui, de façon incompréhensible, en sont aujourd'hui totalement absentes.

Souhaitez-vous toujours que le président puisse s'exprimer devant le Parlement ?
Il me paraît curieux que le Parlement français puisse inviter tous les chefs d'État à s'exprimer devant lui, sauf le président de la République française. Et que ce dernier puisse s'exprimer devant tous les Parlements, sauf le sien.

Votre fils, Jean Sarkozy, est candidat aux cantonales à Neuilly. Ne craignez-vous pas les accusations de népotisme ?
Le népotisme, c'est la nomination, pas l'élection. Mon fils souhaite simplement pouvoir tenter sa chance comme les autres. Je respecte sa liberté, je trouve qu'il mène sa campagne avec beaucoup de courage. C'est un jeune homme qui ne plie pas dans la tempête. Il a du tempérament. Si son bonheur est de faire de la politique j'en suis heureux. Je suis fier de lui.

Peut-on être président de la République et être heureux ?
Il se trouve que je le suis.

Pendant la campagne, vous aviez dit qu'être président de la République, c'était renoncer au bonheur…
Eh bien, il a dû se passer quelque chose de nouveau…

La stratégie qui consiste à augmenter sans fin le smic n'est pas la bonne. Le smic n'est perçu que par 17 % des salariés. Si vous augmentez le smic, vous laissez de côté 83 % des salariés.» Crédits photo : Le Figaro

Le chef de l'État veut encourager les hausses de salaires mais admet que celles-ci «ne se décrètent pas».

LE FIGARO. Le climat économique international s'est beaucoup détérioré depuis votre élection. Cela vous amène-t-il à changer de stratégie ?
Nicolas SARKOZY. Cela rend un peu plus difficile ma tâche mais cela ne la change pas. Je n'ai jamais pensé que les problèmes de l'économie française venaient d'abord de l'extérieur. Ils viennent d'abord de nous-mêmes. Ce n'est pas la faute des subprime s'il faut alléger le carcan des 35 heures. Ce n'est pas la faute des déficits américains si les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques sont trop élevés en France. Ce n'est pas la faute de la crise du système bancaire si notre droit du travail dissuade les chefs d'entreprise de recruter. Ce n'est pas la faute des Chinois si notre marché du travail ne fonctionne pas bien. C'est pour cela que nous avons réalisé la fusion ANPE-Unedic pour offrir aux demandeurs d'emploi un guichet unique et mieux les accompagner dans leurs recherches. C'est pour cela que j'ai souhaité et encouragé la négociation entre partenaires sociaux qui a abouti en janvier à un accord historique sur le fonctionnement du marché du travail. C'est pour cela que je souhaite aussi que le refus de deux offres d'emploi acceptables conduise à la réduction des allocations voire à leur suppression. Le contexte international doit même nous encourager à accélérer les réformes. Si demain il y avait 10 % de croissance aux États-Unis, il faudrait malgré tout aménager notre droit du travail et notre fiscalité.

Préparez-vous, comme l'affirme la gauche, un plan de rigueur pour le lendemain des municipales ?
Non. Je ne crois pas aux plans de rigueur. Ils ne mènent à rien. C'est la réforme qui amènera les économies et ce sont les économies et la croissance qui amèneront la réduction des déficits.

Vous avez annoncé que les allégements de charges se feraient sous certaines conditions. Qu'entendez-vous par là ?
Les 35 heures ont nui considérablement aux évolutions salariales dans notre pays. C'est la raison pour laquelle les allégements de charges seront conditionnés à de réelles discussions dans les branches et dans les entreprises. Toutes les entreprises ne peuvent pas accorder des hausses de salaire. Mais quand je vois certains groupes aligner des milliards d'euros de bénéfices, je m'en réjouis mais je me dis qu'il est juste que leurs salariés en reçoivent une partie.

Vous aviez promis d'être le président du pouvoir d'achat. Quelles solutions proposez-vous en 2008 pour répondre aux attentes des Français ?
Les hausses de salaires ne se décrètent pas. La stratégie qui consiste à augmenter sans fin le smic n'est pas la bonne. Le smic n'est perçu que par 17 % des salariés. Si vous augmentez le smic, vous laissez de côté 83 % des salariés. En revanche, je crois en l'intéressement. Un texte de loi proposera en juin des incitations fiscales pour encourager les entreprises à généraliser ce système, notamment celles de moins de 50 salariés. À cela s'ajoutent les heures supplémentaires exonérées de charges et d'impôts sur le revenu. Les salariés de 37 % des entreprises françaises ont vu leur fiche de paie augmenter à ce titre. C'est considérable. Et depuis quelques jours les rachats de RTT sont possibles. De même, les réserves de participation peuvent être libérées. En matière de niveau de vie, jamais aucun gouvernement n'a fait autant. L'élévation du niveau de vie des Français, de tous les Français, est un objectif central de ma politique.

Favoriser la concurrence entre les grandes surfaces, n'est-ce pas une autre piste ?
C'est effectivement le bon choix. Il faut renforcer la concurrence entre les grandes surfaces et il faut renforcer la concurrence dans les négociations entre les producteurs et les distributeurs. J'ajoute que ce faisant, il faudra préserver aussi les agriculteurs et les petits producteurs. Ce qui se passe en matière de prix n'est pas normal, c'est même parfois choquant. Des augmentations de tarifs ont été exagérées et d'autres anticipées. Quand je vois que le prix du jambon a parfois grimpé de 40 % alors que le prix payé aux producteurs de porcs diminue, je dis que quelque chose ne va pas. Il est vrai que l'appréciation de l'euro n'a rien facilité, pas plus que le renchérissement des matières premières, mais ce ne sont pas des raisons suffisantes.

Laurence Parisot a lancé une opération mains propres contre l'UIMM. La soutenez-vous ?
C'est une affaire interne du Medef. De surcroît, il y a une procédure judiciaire qui suit son cours. Cela dit, je comprends la position de Laurence Parisot. Elle souhaite que les chefs d'entreprise donnent une bonne image. La France en a besoin.

Ce ne serait pas plus simple qu'il y ait une seule organisation ?
Vous posez le problème de la représentativité des organisations professionnelles. Les partenaires sociaux sont en train d'en discuter entre eux à la demande du gouvernement. S'ils n'aboutissent pas fin mars à un accord, le gouvernement traitera lui-même la question, naturellement en concertation avec les intéressés. Il est bien évident qu'on ne peut pas laisser inchangés des critères et des règles qui datent de l'après-guerre. Nous changerons cela aussi dans l'an-née 2008.

Seriez-vous hostile par principe à la prise de contrôle de la Société générale par une banque étrangère ?
Je ne suis pas protectionniste. Mais il n'est pas possible que les pouvoirs publics ne soient pas vigilants quand un grand acteur bancaire français est menacé. J'ai lu qu'un ancien ministre des Finances disait qu'il se méfiait de l'ingérence de l'État : il a raison, mais je n'ai toujours pas digéré la disparition de Pechiney. Sans que le ministre des Finances de l'époque ne lève un petit doigt, Pechiney est devenu Alcan. Et Alcan n'existe plus. Je préfère la stratégie volontariste qui nous a permis de sauver Alstom, de créer Suez Gaz de France ou de fusionner Sanofi Aventis.

Maintiendrez-vous cette année le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ?
Oui, nous le ferons. En trente ans, pas un seul gouvernement n'a remis en cause plus de 10 000 postes de fonctionnaires. Nous n'a-vons pas remplacé 22 000 départs ! Si nous avions voulu tenir l'engagement du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, nous aurions dû supprimer 36 000 postes dès 2007. Or je n'ai pris mes fonctions qu'en mai. Cela aurait été trop brutal. Chacun doit comprendre qu'il n'y a pas d'alternative en France à la réduction des dépenses publiques.

Va-t-on passer à 41 ans de cotisation, cette année ?
La loi Fillon votée en 2003 prévoit qu'on passe à 41 ans sauf décision contraire fondée sur des éléments nouveaux. Nous verrons s'il y a des éléments nouveaux. Nous en discuterons avec les partenaires sociaux.

   

Posté par pyth à 01:33 - présidence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 janvier 2008

Sarkozy seul au "monument de l'amour"

source: lci

Sans Carla Bruni, le chef de l'Etat a visité samedi le Taj Mahal, dans le cadre de sa visite d'Etat entamée vendredi en Inde. Ce "temple de l'amour" a été construit sur commande de l'empereur Shah Jahan à la mémoire de son épouse, Mumtaz Mahal, morte en couches en 1631.

Le Taj Mahal a été fermé aux touristes pendant plusieurs heures samedi, pour permettre à Nicolas Sarkozy de visiter le célèbre mausolée près de  la ville d'Agra, mais sans sa compagne Carla Bruni. L'absence de l'amie du chef de l'Etat a été confirmée auprès de la  présidence française et de responsables indiens, après plusieurs jours de rumeurs jamais commentées officiellement ni par Paris, ni par New Delhi.

Cette visite touristique au Taj Mahal n'était pas un voyage "privé" mais fait  partie de la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy entamée vendredi en Inde, où il a  resserré les liens franco-indiens dans le nucléaire civil et le secteur de la  défense. Le Taj Mahal est visité chaque année par trois millions de touristes. Ce  "temple de l'amour" a été construit sur commande de l'empereur Shah Jahan à la  mémoire de son épouse, Mumtaz Mahal, morte en couches en 1631.

Le monument avait été proclamé en juillet dernier comme l'une des sept  nouvelles "Merveilles du Monde", à l'issue d'un concours controversé où 100  millions de personnes avaient voté par internet et par téléphone. Avant d'aller au Taj Mahal, Nicolas Sarkozy avait assisté dans la matinée à New  Delhi à la parade militaire de l'anniversaire de la proclamation de la  République indienne le 26 janvier 1950, dont il était l'invité d'honneur.

Posté par pyth à 15:33 - présidence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 janvier 2008

Sarkozy : des voeux convaincants pour une majorité de Français

source: lci

sa55% de Français ont trouvé le président convaincant le 31 décembre contre 43 % qui sont d'un avis contraire, selon un sondage publié samedi par Le Figaro.

Nicolas Sarkozy vous a-t-il convaincu lors de ses vœux le 31 décembre? "Oui" ont répondu 55% de Français selon un sondage OpinionWay publié samedi par Le Figaro. 43% sont d'un avis contraire.

Cependant, 50% des sondés estiment que la prestation de Nicolas Sarkozy était peu ou pas différente de celle de ses prédécesseurs tandis que 45% l'ont trouvée assez ou très différente. De plus, 67% des personnes interrogées ont jugé que la façon de présenter les voeux de Nicolas Sarkozy était meilleure que celle de ses prédécesseurs. 28% des sondés pensaient qu'elle n'était ni meilleure ni moins bonne et 5% l'ont trouvé moins bonne.
   
Sondage a été réalisé le 2 janvier 2008 auprès d'un échantillon représentatif de 1.196 individus interrogés en ligne, selon la méthode des quotas.

Posté par pyth à 01:05 - présidence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 décembre 2007

Otages : un commandant des FARC invite Nicolas Sarkozy à se poser en médiateur

source: AFP et Reuters

ibUn commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a affirmé, samedi 1er décembre, que le président français Nicolas Sarkozy pouvait jouer un rôle "très important" en tant que médiateur pour obtenir un échange entre les 45 otages actuellement aux mains de la guérilla marxiste et les 500 guérilleros emprisonnés en Colombie.

"Le président Sarkozy peut jouer un rôle très important pour que le processus d'échange d'otages reprenne son cours initial, qui produisait de bons résultats avec Hugo Chavez", a déclaré Ivan Marquez, commandant des FARC, dans une interview accordée à l'Agence bolivarienne de presse, un organe de presse proche de la guérilla.
L'homme, qui se présente comme membre du secrétariat des FARC, a indiqué que "les preuves de vie des otages" découvertes vendredi par l'armée colombienne "avaient comme destinataire le président Hugo Chavez et que le gouvernement colombien le savait", estimant que le président colombien Alvaro Uribe avait "anéanti l'espoir" de tout échange humanitaire. "La bêtise de Bogota oblige à prendre des mesures drastiques car les FARC ne peuvent courir et assumer gratuitement le risque que d'autres émissaires soient détenus", a-t-il poursuivi, soulignant que les familles des autres otages n'auraient aucune preuve de vie avant la fin de l'année. 
"REDOUBLER D'EFFORTS"

Cette annonce intervient alors que, pour la première fois depuis août 2003, des preuves de vie de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, une lettre adressée à sa mère et une vidéo, ont été rendues publiques. M. Sarkozy, qui s'est entretenu avec Alvaro Uribe, samedi, lui a fait part de son "soulagement" mais aussi de son "inquiétude" quant à "la précarité évidente de l'état de santé de notre compatriote et son désespoir", selon l'Elysée.
"Il a souligné auprès de son homologue colombien qu'il y avait urgence à agir, qu'il entendait lui-même redoubler d'efforts pour que soit mis fin au calvaire des otages, et qu'il comptait sur l'aide du gouvernement colombien pour parvenir rapidement à un échange humanitaire", ajoute la présidence française.
Dans les extraits de la lettre écrite par Ingrid Betancourt, diffusés par son comité de soutien, l'ancienne candidate à la présidence de la Colombie montre notamment son attachement à la France, en écrivant :"Mon coeur appartient aussi à la France. Quand la nuit est à son plus sombre, la France est un phare."
"INGRID BETANCOURT CONCERNE AUTANT LA COLOMBIE QUE LA FRANCE"

Selon le Haut Commissaire pour la paix en Colombie, Luis Carlos Restrepo, cité par le quotidien colombien El Tiempo, la Colombie considère la France "comme un allié naturel dans la recherche de la libération des otages. Le problème d'Ingrid Betancourt concerne autant la Colombie que la France". "Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement français, à chercher les meilleures solutions, mais toujours avec une discrétion totale et l'utilisation de canaux internes", a-t-il en outre précisé.
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, qui jouait le rôle de médiateur entre les FARC et le gouvernement colombien depuis le mois de septembre, a été écarté par Alvaro Uribe le 23 novembre. Si la guérilla s'était félicité de la présence de M. Chavez dans le processus, le gouvernement colombien a estimé qu'il n'a pas permis le rapprochement des positions souhaité. Les FARC exigent toujours d'obtenir une zone démilitarisée avant toute négociation, une option que le gouvernement rejette.

Posté par pyth à 22:49 - présidence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »