blog non officiel de Nicolas Sarkozy

présidentielle 2007 en France

22 mars 2008

Nicolas Sarkozy au gouvernement : "ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur"

source: AFP et AP

Nicolas Sarkozy a fixé mercredi 19 mars, pendant le conseil des ministres, la feuille de route du gouvernement remanié, après la défaite de la droite aux municipales."Au plan national, ces élections ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile", a déclaré le chef de l'Etat devant les 38 membres du gouvernement, dont les six nouveaux secrétaires d'Etat nommés mardi soir. "La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement (...). Depuis 1958, aucun gouvernement n'a autant agi, autant réformé. Il faut continuer. C'est la seule façon de tenir nos engagements, c'est la seule façon de répondre aux difficultés du moment. Dans la tempête économique mondiale, il faut fermement tenir le cap", a-t-il poursuivi dans une allocution rendue publique par l'Elysée.

Plus les événements se précipitent, plus les choses deviennent compliquées, plus les obstacles se multiplient, plus il faut de calme, de sang froid, de détermination", a-t-il insisté, promettant qu'"il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur" – alors que la gauche estime que le gouvernement sera contraint à cette austérité.

"RENFORCER LA COMPÉTITIVITÉ"

Estimant qu'un travail "immense" reste à accomplir, le chef de l'Etat a fixé quatre priorités : "remettre le travail au cœur des politiques publiques", "renforcer la compétitivité de notre économie", "continuer à gérer avec sérieux les finances du pays" "Notre objectif reste l'équilibre des comptes à l'horizon 2012", a-t-il rappelé –, et "concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites, de prise en charge de la dépendance et de santé". Les autres chantiers sont l'éducation (réforme de l'école primaire, du lycée, rénovation des campus universitaires, réforme de la recherche), la sécurité (loi de programmation militaire, loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure), l'immigration (mise en œuvre de la politique des quotas, suppression de la double compétence juridictionnelle), et "la réforme de notre Constitution".

Après avoir énuméré les réformes déjà appliquées, dont le paquet fiscal, qui selon lui, n'a pas "diminué les marges de manœuvre" du gouvernement, mais les a au contraire "accrues", le président a rappelé celles en cours, notamment la réforme du droit du travail, le plan banlieue, la fusion Unedic-ANPE et la réforme de l'Etat. Il a évoqué en outre la prochaine présidence française de l'Union européenne, à partir du 1er juillet, en expliquant que pour "en faire un succès", il fallait "remettre de la politique en Europe". "C'est ce succès qui donnera véritablement un sens au traité simplifié", a-t-il ajouté.

"Nicolas Sarkozy a demandé aux ministres, quel que soit leur champ de compétences, de concourir à la réussite des réformes dans "un esprit de responsabilité partagé". "Etre membre d'un gouvernement, c'est mettre pour un temps de côté ses ambitions personnelles, son bien-être, ses aspirations, pour se consacrer entièrement au service des Français", a-t-il conclu.

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14 mai 2007

Nicolas Sarkozy aurait proposé à Bernard Kouchner d'entrer au gouvernement

source: le monde avec AFP

Sa17Décidément, le futur locataire du ministère des affaires étrangères fait couler beaucoup d'encre. Dimanche 12 mai, des sources concordantes ont indiqué que Nicolas Sarkozy aurait proposé ce ministère à Bernard Kouchner, ex-haut représentant de l'ONU pour le Kosovo et ancien ministre de la santé socialiste.

Selon ces sources, "M. Kouchner a été contacté, il est prêt à entrer dans la gouvernement". Bernard Kouchner, qui avait appelé avant le premier tour de la présidentielle à une alliance entre le PS et les centristes rassemblés autour de François Bayrou, est le fondateur de l'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières.

Un autre socialiste, Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères du premier ministre socialiste Lionel Jospin (1997-2002), s'est également vu proposer cette fonction par le nouveau président de droite. Samedi, le conseiller de M. Sarkozy Claude Guéant, probable futur secrétaire général de la présidence française, avait indiqué que M. Védrine réservait sa réponse. Mais, "on pourrait réfléchir à un autre poste pour lui", avait-il ajouté, assurant que le ministère de la justice avait également été évoqué pour cet ancien collaborateur de François Mitterrand.

Nicolas Sarkozy a signalé sa volonté de faire entrer des personnalités centristes et issues de la gauche dans le gouvernement dont la composition devrait être annoncée dans la foulée de la nomination du premier ministre jeudi 17 mai.

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13 mai 2007

Sarkozy peaufine la formation du gouvernement, tâche rendue difficile par la parité

source: AFP

A trois jours de son entrée officielle en fonction, Nicolas Sarkozy peaufine la formation de son gouvernement, composé de quinze ministres, en plus du premier d'entre eux, mais butte sur "la difficile" tâche de la parité absolue qu'il promis de réaliser.

"Nicolas Sarkozy a quelques problèmes pour former son gouvernement", "il veut faire la parité absolue, comme il l'a promis, et ce n'est pas facile", ont expliqué dimanche à l'AFP des sources proches de l'UMP et du gouvernement.

Outre son Premier ministre, qui selon toute vraisemblance, sera François Fillon, son conseiller politique à l'UMP, le président élu doit sélectionner huit hommes et sept femmes, ou l'inverse, pour son "quinze de France".

Côté hommes, troupes et ambitions ne font pas défaut: Alain Juppé, Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand, Patrick Devedjian, Brice Hortefeux, Philippe Douste-Blazy, Michel Barnier (ces deux derniers se disputant la Défense), Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres...Sans compter les UDF, voire les personnalités classées à gauche puisque le président veut ajouter à la parité "l'ouverture".

Il y a beaucoup d'appelés mais il y aura peu d'élus. D'autant que Nicolas Sarkozy a été clair: "la fidélité, c'est pour les sentiments, l'efficacité, pour le gouvernement".

Exit Hortefeux et Devedjian ? Le premier pourrait être secrétaire général de l'UMP. A moins que le président ne mette son plus vieil ami à l'Intérieur, comme ce dernier en a toujours rêvé. Le second prendrait la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine et verrait la Justice lui échapper. Fonction déjà convoitée, en vain, en 2002 par cet avocat aguerri.

Parmi les élus probables: le maire de Bordeaux devrait prendre, avec rang de ministre d'Etat et numéro deux du gouvernement, la tête d'un grand ministère de l'Environnement, développement durable, transports, énergie, à quoi pourrait s'agréger le logement.

L'actuel ministre de la Cohésion sociale Borloo passerait à Bercy, en charge de la stratégie économique (plus entreprises et emploi). Quand à Bertrand, ancien porte-parole du candidat Sarkozy, il prendrait l'autre grosse moitié de Bercy, chargé des comptes (on parle de lui aussi pour l'Intérieur).

Xavier Darcos est cité pour l'Education-culture (puisque le périmètre des ministères serait revu).

Côté femmes, c'est plus compliqué. Non que les candidates d'expérience fassent défaut: Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Christine Lagarde, Christine Boutin, peut-être Anne Lauvergeon, l'ancienne "sherpa" de Mitterrand...

Mais Mme Alliot-Marie veut un ministère régalien, si possible les Affaires étrangères. Tout à sa promesse de former un "gouvernement d'ouverture", le nouveau président envisage de confier le quai d'Orsay à...un socialiste, soit Bernard Kouchner, soit Hubert Védrine.

D'autres femmes, sans expérience ministérielle, sont néanmoins très pointues dans leur domaine: Rachida Dati, conseillère du ministre Sarkozy et magistrate de formation, Valérie Pécresse, députée, spécialiste de la famille, Nathalie Kosciusko-Morizet, grande connaisseuse du développement durable.

"L'ouverture" promise envers le centre ne pose en revanche aucun problème à M. Sarkozy. Il lui suffit de piocher parmi les députés UDF ralliés à sa candidature avant le second tour.

C'est ainsi qu'ont été évoqués les noms d'Hervé Morin, chef de file des députés UDF, pour la justice et de Maurice Leroy pour l'Agriculture.

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08 janvier 2007

Dominique de Villepin ne participera pas au vote interne lors du congrès de l'UMP

Source: le monde
Dominique de Villepin a annoncé, dimanche 7 janvier sur Canal+, qu'il ne participerait pas au vote interne à l'UMP pour le congrès du 14 janvier qui devrait introniser Nicolas Sarkozy comme candidat officiel, le président Jacques Chirac n'ayant pas encore annoncé s'il se représenterait ou pas.

"Je serai présent pour le déjeuner" au congrès UMP au palais des Sports à Paris, car "c'est un moment de rassemblement pour notre famille politique", a-t-il déclaré. "Mais je ne participerai pas au vote car il ne vous a pas échappé que le président de la République ne s'étant pas prononcé, comme chef du gouvernement, je ne suis pas en mesure de participer à ce vote", a-t-il indiqué, en souhaitant "plein de bonnes choses" au chef de l'Etat et "d'abord la santé".

M. Chirac a indiqué qu'il se prononcerait sur une éventuelle candidature au cours du "premier trimestre". Interrogé une nouvelle fois sur ses propres intentions quant à la présidentielle, M. de Villepin n'a pas directement répondu, répétant qu'il était "à [sa] place et à [sa] tâche de premier ministre". "Je veux y être fidèle", a-t-il souligné, en estimant qu'il avait "beaucoup de travail au service des Français".


"COALITION DES VOLONTÉS"

Le premier ministre a également demandé que l'UMP réalise en vue de la présidentielle une "coalition des volontés" associant toutes les personnalités du parti. "Si on veut aligner une famille politique réunie derrière un candidat sous forme de petits pois ou de sardines dans une boîte, vous ne gagnez pas comme ça", a-t-il estimé, sans nommer Nicolas Sarkozy.

"Une élection", a-t-il poursuivi, "ce n'est pas de la simple arithmétique. Aujourd'hui, il n'y a pas de candidat en France qui puisse, sur son nom, l'emporter (...) Personne ne passe pour l'instant" la barre des 50 % des voix.

Les quelque 300 000 militants de l'UMP sont invités depuis mardi à choisir leur candidat. Le ministre de l'intérieur et président du parti Nicolas Sarkozy est seul en lice et la seule inconnue réside désormais dans le taux de participation et le nombre de bulletins blancs.

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14 juillet 2006

M. Sarkozy épargne le 14 juillet du président et publie lundi son livre de l'été

Source: le monde

sarC'est une bonne manière faite à Jacques Chirac. En choisissant de reporter la parution de son livre intitulé Témoignage (Robert-Laffont-XO éditions) au 17 juillet, Nicolas Sarkozy manifeste à l'égard de l'intervention du chef de l'Etat une inhabituelle neutralité. En juillet 2004, alors qu'il était ministre de l'économie, il avait choisi Le Monde daté du 12 juillet pour annoncer son intention de briguer la présidence de l'UMP, malgré l'oukase présidentiel.


"Je décide, il exécute", avait riposté Jacques Chirac pour remettre son ministre à sa place. Le 14 juillet 2005, lors d'une "garden party" parallèle, place Beauvau, il avait lancéà l'attention de M. Chirac : "Je n'ai pas l'intention de remonter tranquillement des serrures à Versailles pendant que la révolte gronde." Bref, deux torpillages en règle. Aujourd'hui, le futur candidat de l'UMP à la présidentielle de 2007 se veut serein, et se dit sans ennemis : "J'essaye d'être le plus apaisé possible. Pourquoi irai-je chercher la bagarre ?, confie-t-il, en ajoutant : "Je parle souvent avec M. Chirac. Il n'y a plus de tension entre nous."

Avec 288 pages, 130 000 exemplaires de premier tirage, le livre de M. Sarkozy est aussi un pari éditorial : faire d'un livre politique un best-seller estival. "On peut tout vendre l'été, assure Bernard Fixot, le patron de la maison d'édition, il suffit qu'il y ait une forte envie d'acheter. Nicolas dit ce qu'il veut faire et ce qu'il est. Les gens ne peuvent être qu'intéressés par la politique et ce qui va arriver à la France en 2007."

"TRANCHES DE VIE"

Encore faut-il y mettre du mystère. Commencé d'être rédigé il y a quatre mois, écrit à la main, le contenu de ce livre est resté longtemps secret pour les collaborateurs de M. Sarkozy. Nul, jurent-ils en choeur, n'a participé à sa rédaction. En boucle, ils répètent le message : "C'est un livre personnel." Mais encore ? Un conseiller s'explique. "Il y a forcément des aspects programmatiques, mais il raconte aussi des tranches de vie. Il a été écrit à l'aube d'une période importante pour lui. C'est encore une manière de rupture avec les livres politiques classiques." Une question de plus et les bouches se ferment : "Nicolas ne veut pas qu'on en parle". Le suspens sera bref : le président de l'UMP expliquera sa démarche dimanche soir, lors du journal de TF1. Pour mémoire, ses précédents essais Libre (Laffont, 2003) et Les religions, la République et l'espérance (Cerf, 2004) s'étaient respectivement vendus à 60 000 et 70 000 exemplaires.

Reste pour ceux qui n'ont pas de télévision et que la lecture rebutent une dernière occasion de ne pas passer l'été sans M. Sarkozy.

Son double de cire a fait son apparition, mercredi 12 juillet, au Musée Grévin, à Paris. "Vous vous rendez compte du cauchemar, a t-il ironiquement commenté. Il y avait un Nicolas Sarkozy, il y en aura deux. Je sais qu'il y a certains à qui cela ne va pas faire plaisir !"

Philippe Ridet

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23 juin 2006

Sarkozy abat sa dernière carte et propose la nationalisation du groupe de M. Mestrallet

Source: le monde
Lundi 19 juin, 18 heures : autour du premier ministre, Dominique de Villepin, les ministres de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, de l'économie, Thierry Breton, et des relations avec le Parlement, Henri Cuq, ainsi que les deux présidents des groupes UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et du Sénat, Josselin de Rohan. Objectif : arrêter une position commune sur le dossier GDF-Suez.


"Pas question, a prévenu M. de Rohan, d'engager mes troupes dans un combat qui n'aurait pas l'aval de l'ensemble de la majorité." En clair, le président de l'UMP, M. Sarkozy, détient la clé d'un accord politique. Si celui-ci refuse de s'engager, le projet de fusion n'a aucune chance de voir le jour. "Mais alors, ajoute le sénateur du Morbihan, ceux qui, par prudence ou parce qu'ils sont timorés, auront refusé cette solution prendront la responsabilité de la mort de GDF."

UN ENGAGEMENT BAFOUÉ

M. Accoyer appuie ce point de vue : "Le problème n'est pas du côté du groupe, affirme le député de Haute-Savoie, mais du côté du gouvernement. Si les points de vue se rapprochent, on peut envisager une solution."

Jusqu'au bout, M. Sarkozy fait de la résistance. Un de ses proches confesse qu'"il a une obsession : éviter que le ou la candidate socialiste lui reproche pendant la campagne d'avoir bafoué l'engagement pris lorsqu'il était à Bercy de ne pas descendre la participation de l'Etat dans EDF et GDF sous les 70 %".

Le président de l'UMP propose même, à la stupéfaction des présents, de parvenir à la fusion par la nationalisation de Suez : "Il faut trouver 55 milliards d'euros. On peut demander à la Caisse des dépôts ou à Areva de monter dans le capital", aurait-il affirmé en substance, selon plusieurs participants à la réunion.

M. Breton, lui, a vite compris que son projet de scinder le texte en deux pour pouvoir commencer la discussion avant l'été dans chacune des deux Chambres du Parlement n'avait aucune chance de recevoir l'assentiment de M. Sarkozy.

Le premier ministre, pour sa part, ne veut pas prendre le risque d'un débat parlementaire qui s'enlise et au cours duquel il serait mis en difficulté par sa majorité, l'obligeant à engager sa responsabilité en recourant à l'article 49.3 de la Constitution. Mieux vaut, dans ces conditions, renvoyer la discussion à la rentrée, s'est-il convaincu.

Face aux craintes persistantes de M. Sarkozy, en dépit du consensus qui se dégage pour l'examen du texte à l'automne, le premier ministre choisit de le mettre au pied du mur. Il appelle directement Jacques Chirac pour obtenir son accord sur la convocation d'une session extraordinaire, en septembre. L'engagement du président clôt le débat.

Pour les présidents des groupes parlementaires, "tout le monde, dans la majorité et au gouvernement, doit se sentir lié par cet accord". Thierry Breton a assuré, mardi sur France 2, que la "fusion complète" entre GDF et Suez serait faite en décembre.

Christophe Jakubyszyn et Patrick Roger

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08 mai 2006

Jacques Chirac mesure que Nicolas Sarkozy est la seule chance de la droite en 2007"

Source: le monde

Patrick Devedjian, député UMP des Hauts-de-Seine et conseiller de Nicolas Sarkozy

Dominique de Villepin peut-il trouver les moyens d'un rebond politique ?

Très honnêtement, la situation me paraît critique, tant en raison d'une impopularité croissante que des développements à venir du feuilleton judiciaire Clearstream. Mais je ne sous-estime pas sa détermination.

Nicolas Sarkozy serait-il devenu le seul sauveur de la droite ?

Il représente et de loin son meilleur espoir. Il est le seul qui porte la perspective d'un profond changement que les Français attendent, en même temps qu'au-delà des clivages il est celui qui est le plus en phase avec leurs aspirations.

Doit-il, si la proposition lui en est faite, accepter Matignon ?

Le problème ne se pose pas ainsi. Le président de la République a dit qu'il voulait faire de 2006 "une année utile". Pour qu'elle le soit, il faut qu'elle donne lieu au changement qu'incarne Nicolas Sarkozy. Autrement dit, si le président de l'UMP devait accepter la charge de premier ministre, ce ne pourrait être que pour mener la politique qu'il croit indispensable à l'intérêt de la France. Il devra avoir une forte liberté d'action et de moyens.

Sous-entendez-vous que les premiers ministres de M. Chirac depuis 2002 ne l'avaient pas ?

Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin ont mis en oeuvre le projet de Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy devra, lui, mettre en oeuvre son propre projet, en anticipant d'une certaine manière la rupture qu'il propose pour 2007 s'il est élu président de la République.

N'est-ce pas un piège pour lui ?

C'est à tout le moins une difficulté. Les exemples d'Edouard Balladur et de Lionel Jospin doivent le faire réfléchir. Mais quand on s'engage en politique c'est pour servir son pays sans attendre, surtout lorsqu'il connaît d'aussi grandes difficultés que le nôtre. L'intérêt personnel passe après, car il est vrai qu'être premier ministre empêcherait Nicolas Sarkozy de démissionner du gouvernement pour engager sa campagne présidentielle.

Aurait-il le temps d'agir ?

Il aurait au moins le temps d'unifier la majorité et de la dynamiser en rendant visible son projet par l'exemple. Mais il aurait aussi le risque de l'enlisement quotidien dans des questions subalternes au regard des défis du pays.

Croyez-vous vraiment que le chef de l'Etat puisse lui laisser carte blanche ?

Cela n'a pas l'air de se présenter comme ça, mais on ne sait jamais. Il est sûr que la nomination du président de l'UMP à Matignon serait pour lui (Jacques Chirac) l'acceptation de voir mettre en oeuvre un autre projet que le sien. Ce serait aussi se rallier d'ores et déjà à la candidature présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Comment décririez-vous les relations actuelles entre MM. Chirac et Sarkozy ?

Elles sont faites, de part et d'autre, de plus de subtilités qu'on ne l'imagine. Il me semble que le président n'a renoncé à rien, mais qu'il mesure que Nicolas Sarkozy est désormais la seule chance de la droite en 2007.

Qui profite, en termes électoraux, des difficultés du gouvernement ?

Visiblement, si l'on en croit les sondages, l'extrême droite et la gauche. Mais cette dernière fait preuve de beaucoup de cynisme en tentant d'amalgamer la victime Sarkozy avec ceux qui ont voulu lui nuire. En revanche, je ne crois pas à une réédition du 21 avril 2002 qui laisserait face à face au second tour le candidat du Parti socialiste et celui de l'extrême droite.

Nicolas Sarkozy fait d'ores et déjà - et malgré nos difficultés du moment - au moins jeu égal avec Ségolène Royal. De plus, l'UMP est plus unie que ne l'est le PS, en termes d'offre de candidatures. Il y a chez nous, et malgré les apparences, moins de rivalités de personnes. A l'UMP, nous avons la force d'un projet contre l'illusion d'une image.

Que vous disent les militants de l'UMP ?

Ils nous disent leur incompréhension face à l'affaire Clearstream, leur sympathie à l'égard de Nicolas Sarkozy dont ils admirent le courage et la modération face aux mauvais coups de tous bords. Ils souhaitent aussi que nous nous mettions au plus vite en ordre de bataille pour l'élection présidentielle.

Propos recueillis par Philippe Ridet

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07 mai 2006

Sarkozy à Matignon : l'hypothèse est de l'intox pour M. Estrosi

Christian Estrosi, le très sarkozyste ministre délégué à l'aménagement du territoire, a qualifié dimanche 7 mai sur France Inter d'"intox" les rumeurs sur une prochaine nomination du ministre de l'intérieur au poste de chef de gouvernement.

"C'est de l'intox, tout cela fait partie des rumeurs parisiennes", a déclaré le ministre, interrogé sur ces bruits alimentés par les développements de l'affaire Clearstream et le long rendez-vous de Nicolas Sarkozy vendredi avec Jacques Chirac. "Il y a un climat de grande confiance entre le président de la République et Nicolas Sarkozy", a assuré le ministre. "Il est réel, ils se voient toutes les semaines".


"Ce climat s'est réaffirmé à de nombreuses reprises, chaque fois que notre pays a traversé des difficultés", a poursuivi le proche du président de l'UMP. "Ce fut le cas lors de la crise des banlieues, lorsqu'il a fallu trouver une issue à la crise du CPE et c'est le cas aujourd'hui".

LE "MONDE" ÉVOQUE CETTE POSSIBILITÉ

Cette rumeur a été évoquée par le Monde dans son édition de samedi (datée dimanche-lundi). Selon le quotidien, qui cite "un chiraquien", le chef de l'Etat a demandé vendredi au ministre de l'intérieur de "réfléchir" à la possibilité de remplacer Dominique de Villepin, affaibli par l'affaire Clearstream, à la tête du gouvernement.

L'entourage du chef de l'Etat a démenti samedi ces informations, affirmant que le président gardait sa confiance "pleine et entière" au premier ministre, et qu'un remaniement était hors de question.

De son côté, Nadine Morano, députée UMP proche de Nicolas Sarkozy, estime dans un entretien dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France que si Jacques Chirac propose Matignon au ministre de l'intérieur, celui-ci ne devrait pas se dérober à ses responsabilités. "Nicolas Sarkozy a une dimension d'homme d'Etat, mais aussi une vraie conscience de ses devoirs. Si Jacques Chirac fait appel à lui, je crois profondément à sa capacité à assumer cette responsabilité dans ces moments particulièrement difficiles", explique-t-elle, en soulignant que son opinion "n'engage qu'[elle]".

Avec AFP et Reuters

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30 avril 2006

Derrière l'affaire Clearstream, la guerre pour le pouvoir entre Villepin et Sarkozy

Le jeudi 27 avril, ils sont cinq autour de la table. Dominique de Villepin est venu avec son directeur de cabinet, Pierre Mongin, et son conseiller, Bruno Lemaire. Nicolas Sarkozy, avec son ami politique le plus fidèle, le ministre Brice Hortefeux. C'est l'un de ces étranges déjeuners entre gens qui se fréquentent, se mesurent et parfois se haïssent. Mais "l'atmosphère, assure sans sourciller M. Hortefeux, était détendue et chaleureuse". Depuis une semaine, la compétition acharnée qui oppose Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy a pris un tour violent avec les développements de l'affaire Clearstream. Alors, "détendue et chaleureuse"...


En tout cas, Clearstream est au menu. Depuis qu'il a appris, à l'été 2004, qu'un "corbeau" l'avait placé sur une liste de personnalités supposées détenir des comptes occultes à l'étranger, envoyée aux juges, Nicolas Sarkozy cherche tout haut "trois choses" : 1) Est-ce un coup monté ? 2) D'où vient-il ? 3) Est-ce une manipulation politique ? Depuis, il a quasiment répondu à ces questions en accusant Dominique de Villepin d'avoir, au minimum, cherché à exploiter l'affaire pour le déstabiliser, lui, le candidat à la présidentielle que la Chiraquie voudrait éviter. Lors du déjeuner, les cinq hommes ne parlent que de "ça". M. de Villepin jure qu'il n'est pour rien dans l'histoire, que l'enquête sur les listings du corbeau a d'abord été menée par Michèle Alliot-Marie. La veille, justement, avant le conseil des ministres, M. Sarkozy s'est durement expliqué avec la ministre de la défense. Sarkozy met en garde Villepin : mieux vaut faire toute la lumière entre nous et espérer que l'affaire s'arrête effectivement au ministère de la défense, comme l'assure le premier ministre.

"Atmosphère détendue et chaleureuse"... Depuis des mois, il est clair pour toute la droite que la bataille entre les deux hommes se déroulera jusqu'au dernier sang. Clearstream en est la démonstration la plus spectaculaire, mais elle n'est pas le seul motif. Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin se battent pour la conquête de la présidence de la République en 2007, mais aussi la vengeance d'un passé qui, depuis l'affrontement fratricide Chirac-Balladur, douze ans plus tôt, les a déjà opposés dans leurs rôles de stratèges respectifs des deux candidats.

Depuis 2002, et plus encore depuis que Dominique de Villepin croit pouvoir être le dauphin de Jacques Chirac, les deux hommes cherchent à s'éliminer. "Villepin aime Sarkozy faible, Sarkozy ne peut supporter un Villepin fort", résume un ministre. Déjà, lors de la guerre Chirac-Balladur, ils se sont aiguisé les dents l'un contre l'autre. Villepin, alors directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères Alain Juppé, observait Sarkozy de son bureau du Quai d'Orsay, bien décidé à faire mordre la poussière à celui qu'il appelait "le roquet". M. Sarkozy, lui, a sans doute longtemps sous-estimé les ambitions et la dangerosité politique de M. de Villepin. Mais les deux hommes ont ensuite choisi de mettre leur mouchoir sur cette bataille. Et c'est Villepin qui a réintroduit Sarkozy dans le cercle élyséen en 1999.

La lune de miel aura été de courte durée. Dès la réélection de Chirac en 2002, M. de Villepin conçoit l'ambition d'être bientôt premier ministre et, sans doute, de tenter sa chance à l'Elysée. En attendant, il obtient de M. Chirac de remplacer Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, en 2004, et déclenche la vraie guerre. Leur bataille porte sur tout : les arbitrages budgétaires, les choix politiques, la stratégie "vendue" régulièrement au président de la République. Au lendemain des élections régionales de 2004, alors que Dominique de Villepin fait mine de plaider pour une éventuelle nomination de Nicolas Sarkozy à Matignon, celui-ci grince devant ses conseillers : "C'est pour mieux me griller."

"ÇA Y EST ! ON LE TIENT !"

Quand l'affaire Clearstream commence, avec la publication d'un article dans Le Point, en juillet 2004, Sarkozy, qui n'a rompu avec aucun de ses réseaux dans la police et le renseignement, soupçonne Villepin de le faire surveiller. M. de Villepin, lui, exulte devant le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin : "Ça y est ! On le tient !", dit-il de Sarkozy. Le 15 octobre 2004, les deux rivaux ont une explication sur Clearstream dans le bureau de Villepin, place Beauvau, en présence du directeur de la DST, Pierre Bousquet de Florian. Dominique de Villepin en sort en pensant "avoir dissipé tout malentendu". Sarkozy, lui, reste convaincu que des choses restent cachées, et que le directeur de cabinet de Villepin, Pierre Mongin, l'a fait écouter sur sa vie privée.

Un an plus tard, lorsque Nicolas Sarkozy revient au ministère de l'intérieur, en juin 2005, il explique : "Je serai mieux protégé au ministère de l'intérieur que par les permanents de l'UMP." Quelques semaines plus tard, lorsque sa femme Cécilia le quitte, on lui rapporte chaque jour que Villepin se réjouit devant ses interlocuteurs de ses malheurs conjugaux. Pendant l'été 2005, Sarkozy, qui ne pense plus qu'à Clearstream, dira - selon Franz-Olivier Giesbert dans La Tentation du président (Grasset) : "Un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher !" La nomination de Villepin à Matignon va encore exacerber la bataille. Ni la crise dans les banlieues ni les manifestations contre le CPE ne peuvent détourner les deux hommes de leur compétition. Nicolas Sarkozy a prévenu ses proches : "Entre lui et moi, ce sera une lutte jusqu'à ce que mort s'ensuive."

Raphaëlle Bacqué et Philippe Ridet

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11 avril 2006

La crise du CPE a modifié les équilibres à droite

s10 Les trois mois de crise autour du contrat première embauche (CPE) ne laissent pas la droite indemne.

Sarkozy renforcé, la droite affaiblie. Deux fois repoussé, l'entretien accordé par Nicolas Sarkozy au Figaro a paru, mardi 11 avril. Pour s'assurer d'être entendu, le ministre de l'intérieur l'a doublé d'une interview, le même jour, au micro d'Europe 1. Hormis cette omniprésence médiatique, le président de l'UMP, qui durant un mois a bataillé en faveur du retrait du CPE, a le triomphe modeste. Dominique de Villepin, son principal rival, se voit même invité "à continuer à travailler". Il ajoute : "Ce n'est pas moi qui dirais qu'une crise condamne quelqu'un définitivement."

 

Mais le probable candidat de l'UMP à la présidentielle de 2007 sait qu'il a désormais pris l'ascendant sur son rival. Raison de plus pour le conserver. Fort, le premier ministre était un risque ; faible, il sera, croit-il, un allié. "Il ne servirait à rien d'ajouter une crise politique à une crise sociale", a-t-il dit, en voulant rassurer.

Toutefois, le président de l'UMP est désormais confronté à une difficulté majeure. Même s'il met en avant son "sens des responsabilités" ou son "pragmatisme", il doit essuyer les critiques que ceux qui l'accusent d'avoir cédé à la rue. 58 % des sympathisants UMP restaient encore opposés au retrait du texte selon un sondage LCI, Le Figaro, RTL réalisé les 7 et 8 avril. "Je n'ai pas renoncé à la rupture", clame le ministre de l'intérieur devenu l'homme du "compromis".

Ses probables adversaires du premier tour à droite ont vu la faille, et tentent de le mettre en difficulté. Si Jean-Marie Le Pen défend le CPE, c'est pour mieux souligner la "capitulation" de M. Sarkozy. Quant à Philippe de Villiers, il dénonce "le parti unique de la reculade, l'UMP-CGT". Le président de l'UMP a donc prévu de remettre en scène son projet de rupture en conviant, le 13 mai, tous les cadres et élus du mouvement sur "la méthode, le rythme et le sens de la réforme".

Dominique de Villepin défait, mais toujours là. Il a perdu une bataille mais refuse de croire qu'il a perdu la guerre. Défait, fatigué, à terre le 10 avril au matin lors de sa déclaration d'abandon du CPE, il est apparu requinqué et remobilisé le soir sur TF1. Certes, le chef du gouvernement n'ignore rien de son statut de vaincu. "C'est effectivement une épreuve, c'est un temps extrêmement difficile", a-t-il reconnu lundi soir.

Il sait aussi que cette bataille perdue lui a aliéné une très large partie de sa majorité, des députés et même de ses ministres. Rares sont les députés qui, à un an du scrutin présidentiel, sont prêts à parier sur sa victoire au sein d'une primaire à droite. Et la mise en scène par le ministre de l'emploi Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy de leur départ de l'Elysée, lundi matin, pour regagner à pied, ensemble, le bureau du ministre de l'intérieur, résume l'état d'esprit général, à droite.

Qu'importe ! La bataille de 2007 n'est pas la sienne, martèle-t-il : "J'ai toujours indiqué que je n'avais pas d'ambition présidentielle, toujours indiqué que ma seule mission, c'était celle que m'avait confiée le président de la République", à savoir "servir comme chef du gouvernement pour apporter des réponses concrètes à nos compatriotes". Mais cette mission de chef du gouvernement apparaît plus difficile à mener. M. de Villepin se réjouit pourtant de "la perspective de pouvoir continuer à se battre, continuer d'apporter des réponses, continuer d'en tirer des leçons et peut-être d'en tirer plus d'expérience". Car il n'a pas renoncé à distiller, touche par touche, davantage de flexibilité. "Je ne baisserai pas les bras", promet-il : "En réduisant les peurs, en montrant que nous sommes tous pragmatiques, tous désireux d'apporter des solutions, que nous n'avons pas d'autre but que d'aider nos compatriotes. (...) Je crois que nous créerons la confiance qui permettra petit à petit d'avancer."

Jacques Chirac en repli. A l'Elysée, l'ambiance n'est pas au beau fixe. La "carbonisation" du premier ministre, même si elle n'est pas éternelle, est incontestable. Le président a grillé une cartouche, sans faire mouche. Dominique de Villepin s'était révélé un bon choix pendant les premiers mois, effectuant même une percée remarquable dans l'opinion. Son échec sur le CPE est "un drame pour les technos mais pas une énorme surprise pour les politiques", nuance un familier de l'Elysée. Le président, tout en soutenant Dominique de Villepin - il est intervenu dix fois en tout en deux mois sur le CPE - a laissé son autonomie au premier ministre. "C'était l'épreuve du feu pour Villepin, Chirac a vu comment il se comportait, il agit toujours ainsi", confie un ami du président. "Si Villepin n'avait pas eu d'ambition présidentielle, et la volonté de récupérer dans ce but l'électorat de droite, il s'en serait mieux sorti", analyse un chiraquien du premier cercle. Mais la sortie de crise a été aussi ratée par le chef de l'Etat, notamment lors de son intervention télévisée du 31 mars. La question est de savoir dans quelle proportion le président, affaibli, pâtit de l'échec de son premier ministre, qu'il n'a pu ni su éviter.

Béatrice Gurrey, Christophe Jakubyszyn et Philippe Ridet

Posté par pyth à 23:38 - gouvernement - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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