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présidentielle 2007 en France

26 septembre 2008

Face à la crise, Nicolas Sarkozy gauchise son discours

source: reuters

Attaque contre le capitalisme financier, rôle de l'Etat, refus d'envisager une politique d'austérité: face à la crise financière internationale, Nicolas Sarkozy a gauchisé son discours.

Dans une intervention de 45 minutes devant environ 4.500 personnes, au Zénith de Toulon, le président de la République s'est efforcé sur un ton gaullien et volontariste de rassurer sans affoler et de convaincre qu'il était aux commandes.

"Si j'ai voulu m'adresser ce soir aux Français, c'est parce que la situation de notre pays l'exige", a-t-il dit en tenant un langage que n'aurait pas renié plus d'un dirigeant de gauche pour répondre aux inquiétudes qu'elle suscite en France.

"Je mesure la responsabilité qui est la mienne dans les circonstances exceptionnelles ou nous nous trouvons."

Il a rompu avec le discours lénifiant sur l'impact de la crise en France tenu par la ministre de l'Economie Christine Lagarde -- présente à Toulon avec le Premier ministre François Fillon et une demi-douzaine d'autres membres du gouvernement.

Au nom de la vérité qu'il a déclaré devoir aux Français, il n'a pas craint de dramatiser : la "crise de confiance sans précédent" qui ébranle l'économie mondiale n'est pas finie et aura des conséquences durables, y compris en France.

"Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage et sur le pouvoir d'achat."

Le chef de l'Etat est allé plus loin que jamais dans sa condamnation des dérives du capitalisme financier.
PAS DE LOI DE LA JUNGLE

Il a ainsi estimé que la crise actuelle mettait fin à une "certaine idée de la mondialisation" et à l'idée "folle" selon laquelle les marchés ont toujours raison.

Cette crise n'est certes pas celle du capitalisme et l'anticapitalisme n'offre "aucune solution", a-t-il pris soin de dire. Mais faire comme si rien ne s'était passé serait une "erreur historique", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Il a de nouveau appelé de ses voeux un "capitalisme régulé" et "refondé" sur une "éthique de l'effort et du travail", car le capitalisme n'est "pas la loi de la jungle".

Il a réaffirmé son souhait d'un sommet des dirigeants des principaux pays concernés par la crise avant la fin de 2008.

"Il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial comme on le fit à Bretton Woods après la seconde guerre mondiale", a-t-il expliqué.

Il a plaidé pour un "nouvel équilibre entre l'Etat et le marché" - "L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini, le laissez-faire c'est fini", a-t-il scandé.

Il a ainsi promis que si les banques françaises étaient mises en difficulté par la spéculation, il n'accepterait pas "qu'un seul déposant perde un seul euro".

"L'Etat est là et l'Etat fera son devoir. C'est un engagement solennel que je prends ce soir : quoiqu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire", a promis le président de la République.
PAS D'AUSTÉRITÉ

L'Etat sera aussi prêt à intervenir pour aider les PME à financer leurs investissements et faire face à leurs difficultés de trésorerie en cas de restriction du crédit, pour soutenir le secteur immobilier et, plus généralement, la croissance.

"Si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterais pas à prendre les mesures nécessaires", a-t-il dit.

La crise invite à accélérer le rythme des réformes, pas à l'arrêter ou à le ralentir, a prévenu le chef de l'Etat, car "il n'existe aucune solution miracle qui permettrait de se dispenser des efforts nécessaires". Il a ainsi confirmé la suppression de 30.600 emplois dans la fonction publique en 2009.

"Mais dans la situation ou se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité parce que l'austérité aggraverait la récession", a-t-il cependant ajouté.

Dans un des passages les plus applaudis de son discours, il a de nouveau dénoncé les modes de rémunération des dirigeants de la finance, notamment le système des "parachutes dorés".

Si les professionnels ne se mettent pas rapidement d'accord sur des pratiques "acceptables", le gouvernement règlera le problème par la loi "avant la fin de l'année", a-t-il dit.

Quant au ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, qui était aussi présent, il a pu entendre Nicolas Sarkozy promettre l'extension du système du bonus-malus visant à encourager la production et l'utilisation de produits "propres" - un système critiqué à Bercy et au sein de l'UMP.

"Cette extension se fera dans la concertation. Elle se fera progressivement mais elle se fera, j'en prends l'engagement", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Posté par pyth à 00:56 - présidence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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