22 mars 2008
Nicolas Sarkozy au gouvernement : "ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur"
source: AFP et AP
Nicolas Sarkozy a fixé mercredi 19 mars, pendant le conseil des ministres, la feuille de route du gouvernement remanié, après la défaite de la droite aux municipales."Au plan national, ces élections ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile", a déclaré le chef de l'Etat devant les 38 membres du gouvernement, dont les six nouveaux secrétaires d'Etat nommés mardi soir. "La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement (...). Depuis 1958, aucun gouvernement n'a autant agi, autant réformé. Il faut continuer. C'est la seule façon de tenir nos engagements, c'est la seule façon de répondre aux difficultés du moment. Dans la tempête économique mondiale, il faut fermement tenir le cap", a-t-il poursuivi dans une allocution rendue publique par l'Elysée.
Plus les événements se précipitent, plus les choses deviennent compliquées, plus les obstacles se multiplient, plus il faut de calme, de sang froid, de détermination", a-t-il insisté, promettant qu'"il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur" – alors que la gauche estime que le gouvernement sera contraint à cette austérité.
"RENFORCER LA COMPÉTITIVITÉ"
Estimant qu'un travail "immense" reste à accomplir, le chef de l'Etat a fixé quatre priorités : "remettre le travail au cœur des politiques publiques", "renforcer la compétitivité de notre économie", "continuer à gérer avec sérieux les finances du pays" – "Notre objectif reste l'équilibre des comptes à l'horizon 2012", a-t-il rappelé –, et "concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites, de prise en charge de la dépendance et de santé". Les autres chantiers sont l'éducation (réforme de l'école primaire, du lycée, rénovation des campus universitaires, réforme de la recherche), la sécurité (loi de programmation militaire, loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure), l'immigration (mise en œuvre de la politique des quotas, suppression de la double compétence juridictionnelle), et "la réforme de notre Constitution".
Après avoir énuméré les réformes déjà appliquées, dont le paquet fiscal, qui selon lui, n'a pas "diminué les marges de manœuvre" du gouvernement, mais les a au contraire "accrues", le président a rappelé celles en cours, notamment la réforme du droit du travail, le plan banlieue, la fusion Unedic-ANPE et la réforme de l'Etat. Il a évoqué en outre la prochaine présidence française de l'Union européenne, à partir du 1er juillet, en expliquant que pour "en faire un succès", il fallait "remettre de la politique en Europe". "C'est ce succès qui donnera véritablement un sens au traité simplifié", a-t-il ajouté.
"Nicolas Sarkozy a demandé aux ministres, quel que soit leur champ de compétences, de concourir à la réussite des réformes dans "un esprit de responsabilité partagé". "Etre membre d'un gouvernement, c'est mettre pour un temps de côté ses ambitions personnelles, son bien-être, ses aspirations, pour se consacrer entièrement au service des Français", a-t-il conclu.
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